‹ Œuvres de Descartes (volume 2)Chapitre 17 sur 293 · PREMIERE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIERE PARTIE

et fait qu’il coule sans cesse très vite en toutes les artères et les veines, au moyen de quoi il porte la chaleur qu’il acquiert dans le cœur à toutes les autres parties du corps % et il leur sert de nourriture. . ,

article x.

Comment les esprits animaux sont produits dans le cerveau.

Mais ce qu’il y a ici de plus considérable, c’est que toutes les plus vives et les plus subtiles parties du sang que la chaleur a raréfiées dans le cœur , entrent sans cesse en grande quantité dans les cavités du cerveau. Et la raison qui fait qu’eiles V vont plutôt qu’en aucun autre lieu , est que tout le sang qui sort du cœur par la grande artère prend son cours en ligne droite vers ce lieu-là , et que n’y pouvant pas tout entrer, à cause qu’il n’y a que despassages fort étroits, celles de ses parties qui sont les plus agitées et les plus subtiles y passent seules, pendant que le reste se répand en tous les autres endroits du corps. Or ces parties du sang très subtiles composent les esprits animaux ; et elles n’ont besoin à cet effet de recevoir aucun autre changement dans le cerveau , sinon qu’elles y sont séparées des autres parties du sang moins subtiles; car ce que je nomme ici des esprits, ne sont que des corps, et ils n’ont point d’autre propriété, sinon que ce sont des corps

très petits, et qui se meuvent très vite, ainsi que les parties de la flamme qui sort d’un flambeau ; en sorte qu’ils ne s’arrêtent en aucun lieu; et qu’à mesure qu’il en entre quelques uns dans les cavités du cerveau, il en sort aussi quelques autres par les pores qui sont en sa substance, lesquels pores les conduisent dans les nerfs, et de là dans les muscles, au moyen de quoi ils meuvent le corps en toutes les diverses façons qu’il peut être mû.

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