A LA LETTRE PRÉCÉDENTE
Monsieur,
Parmi les injures et les reproches que je trouve en la grande lettre que vous avez pris la peine de m’écrire, j’y remarque tant de choses à mon avantage , que si vous la faisiez imprimer, ainsi que vous déclarez vouloir faire , j’aurois peur qu’on ne s’imaginât qu’il y a plus d’intelligence entre nous qu’il n’y en a , et que je vous ai prié d’y mettre plusieurs choses que la bienséance ne permettoit pas que je fisse moi-mème savoir au public. C’est pourquoi je ne m’arrêterai pas ici à y répondre de point en point : je vous dirai seulement deux raisons qui me semblent vous devoir empêcher de la publier. La première est que je n’ai aucune opinion que le dessein que je juge que vous avez eu en l’écrivant puisse réussir. La seconde , que je ne suis nullement de l’humeur que vous vous imaginez; que je n’ai aucune indignation ni aucun dégoût qui m’ôte le désir de faire tout ce qui sera en mon pouvoir pour rendre service au public, auquel je