CHAPITRE VU
changements en ses parties, lesquels ne pouvant, ce me semble, être proprement attribués à l’action de Dieu, parcequ’elle ne change point , je les attribue à la nature; et les règles suivant lesquelles se font ces changements , je les nomme les lois de la nature.
Pour mieux entendre ceci, souvenez-vous qu’entre les qualités de la matière nous avons supposé que ses parties avoient eu divers mouvements dès le commencement qu’elles ont été créées , et outre cela quelles s’entre-touchoient toutes de tous côtés, sans qu’il y eût aucun vide entre deux; d’où il suit de nécessité que dès lors , en commençant à se mouvoir, elles ont commencé aussi à changer et diversifier leurs mouvements par la rencontre l’une de l’autre ; et ainsi que si Dieu les conserve par après en la même façon qu’il les a créées , il ne " les conserve pas au même état, c’est-à-dire que Dieu agissant toujours de même, et par conséquent produisant toujours le même effet en substance , il se trouve comme par accident plusieurs diversités en cet effet. Eç il est facile à croire que Dieu, qui, comme chacun doit savoir, est immuable , agit toujours de même fâçon. Mais, sans m’engager plus avant dans ces considérations métaphysiques , je mettrai ici deux ou trois des principales règles suivant lesquelles il faut penser que Dieu fait agir la nattire de ce nouveau monde*, et