CHAPITRE VIII. • 2ÜÇ
faut pour remplir les petits intervalles que les parties du second, qui sont rondes, laissent nécessairement autour d’elles, se doit retirer vers les centres autour desquels elles tournent , à cause quelles occupent tous les autres fieux plus éloignés , et que là il doit composer des corps ronds, parfaitement liquides et subtils, lesquels, tournant sans cesse beaucoup plus vite et en même sçns que les parties du second élément qui les environne, ont la force d’augmenter l’agitation de celles dont ils sont les plus proches, et même de les pousser toutes de tous côtés, en tirant du centre vers la circonférence , ainsi qu’elles se poussent aussi fts unes les autres , et ée par une action qu’il faudra tantôt que j’explique le plus exactement que je pourrai ;tcar je vous avertis ici par avance que c’est cette action que nous prendrons pour la lumière., comme aussi que nous prendrons ces corps ronds composés de la matière du premier élément toute pure, l’un pour le soleil et> les autres pour les étoiles fixes du nouveau monde que je vous décris , et la matière du second élément, qui tourne autour d’eux , pour les cieux. .
Imaginez-vous, par exemple, que les points. S , E, e, A ', sont les centres dont je vous parle, et que toute la matière comprise en l’espace FGGF est un ciel qui tourne autour du soleil marqué S ,
1 Voyez plauche I, figure a.
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et que toute celle de l’espace IIGGH en est un autre qui tourne autour de l'étoile marquée e, et ainsi des * autres; en sorte qu’il y a autant de divers cieux comme il y a d’étoiles, et comme leur nombre est indéfini, celui des cieux l’est de même; et que le firmament n’est autre chose que la superficie sans épaisseur qui sépare tous ces cieux les uns desautres.
Pensez aussi que les parties du second élément qui sont vers F ou vers G sont plus agitées que celles qui sont vers K. ou vers L;en sorte que leur vitesse diminue peu à peu , depuis la circonférence extérieure de chaque ciel jusques à un certain endroit, coAme, par exemple, jusques à la sphère K.K. autour du soleil, et jusques à la sphère LL autour de l’étoile e; puis qu’elle augmente de dà peu à peu jusques aux centres de ces cieux , à cause de l’agitation désastres qui s’y trouvent. En sorte que pendant que les parties du second élément qui sont vers K ont le loisir d’v décrire un cercle entier autour du soleil, celles qui sont vers T, que je suppose en être dix fois plus proches, n’ont pas seulement le loisir d’y en décrire dix , ainsi qu’elles feroient si elles ne.se mouvoient quegalement vite, mais peut-être plus de trente. Et derechef, celles qui sont vers F ou vers G, que je suppose en être deux ou trois mille fois plus éloignées , en peuvent peut-être décrire plus de soixante. T)’où vous pourrez; entendre tantôt que
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les planètes qui sont les plus hautes se doivent mouvoir plus lentement que celles qui sont plus basses ou p^is proches du soleil, et tout ensemble plus lentement que les comètes, qui en sont toutefois plüs éloignées.
Pour la grosseur de chacune <|es parties du second élément, on peut penser qu’elle est égale en toutes celles qui sont depuis la, circonférence exté- fc rièure du ciel FGGF jusqu’au cercle KK , ou même que les plus hautes d’entre ellessont quelque peu ^ plus petites que les plus basses, pourvu qu’on ne suppose point la différence de leur grosseur plus grande à proportion que celle de leur vitesse; mais
# il faut penser, au contraire, que depuis le cercle R jusqu’au soleil, ce sont les plus basses qui sont les plus petites , et même que la différence de leur
* grosseur est plus grande, ou du moins aussi grande à proportion , que celle de leur vitesse : car autrement ces plus basses étant les plus fortes, à cause de feur agitation, elles iraient occuper la place des plus hautes.
Enfin, remarquez que, vu la façon dont j’ai ‘ dit que le soleil et les autres étoiles fixes se formoient, leurs corps peuvent être si petits^ à l'égard des cieux qui les contiennent, que même * tous les cercles RK, LL.„ et semblables, qui marquent jusques où leur agitation fait avancer le cours de la matière du second élément , ne se-
LE MONDE
ront considérables, à comparaison de ces Cieux , que comme des points qui marquent leur centre, ainsi que les nouveaux astronomes ne considèrent prlsque que comme un point toute la sphère de Saturne à comparaison du firmament.