‹ Œuvres de Descartes (volume 2)Chapitre 241 sur 293 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

poussés par le cours de l’eau qui les contient , non pas^vers E et vers G , n^ns vers B, où il faut penser que l’eau est moins forte et moins rapide que vers E , puisqu’elle y prend son cours suivant une ligne qui est moins approchante de la droite.

Et de plus il faut considérer que non seulement ces corps légers, mais aussi que d’autres plus pesants et plus massifs , se peuvent joindre en se rencontrant, et que, tournoyant alors avec l’eau qui les entraîne, ils peuvent, plusieurs ensemble , composer de grosses boules , telles que vous voyez R et L, dont les unes, comme L, vont vers E , et les autres, comme K, vont vers B , selon que chacune est plus ou moins solide, et composée de parties plus ou moins grosses et massives.

A l’exemple de quoi il est aisé de comprendre qu’en quelque endroit que se soient trouvées au commencement les patties de la matière qui ne pouvoient prendre la forme du second élément ni du premier, toutes les plus grosses et plus massives d’entre elles ont dû en peu de temps prendre leur , cours vers la circonférence extérieure' des cieux qui les contenoient , et passer après continuelle- . ment des uns de ces cieux dans les autres, sans s’arrêter jamais beaucoup de temps de suite dans le même ciel : et qu’au contraire toutes les moins massives ont dû être poussées chacune vers le centre du ciel <fui les contenoit, par le cours de la

m6 le monde.

matière de ce ciel; et que, vu les figures que je leur ai attribuées , elles ont dû # en se rencontrant l’une l’autre, se joindre plusieurs ensemble, et composer de grosses boules, qui, tournoyant dans les deux , y ont un mouvement tempéré de tous ceux que pourroient avoir leurs parties étant séparées , en sorte que les unes se vont rendre vers les circonférences de ces deux , et les autres vers leurs centres.

Et sachez que ce sont celles qui se vont ainsi ranger vers le centre de quelque ciel , que nous devons prendre ici pour les planètes , et celles qui passent au travers de divers cieux, que nous devctns prendre pour des comètes.

-Or, premièrement, touchant ces comètes, il faut remarquer qu’il y en doit avoir peu en cq nouveau monde , à comparaison du nombre des cieux ; car, quand bien même il y en âuroit eu beaucoup au commencement , elles auroient dû , par succession de temps , en passant au travers des divers cieux , se heurter et se briser presque toutes les unes les autres, ainsi que j’ai dit que font deux bateaux quand ils se rencontrent, en sorte qu’il n’y pourroit maintenant rester que les plus grosses.

Il faut aussi remarquer que lorsqu’elles passent ainsi d’un ciel dans un autre , elles poussent toujours devant soi quelque peu de la matière de celui d’où elles sortent , et en demeurentquelque temps

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