ET DE LA LUNE
Il y a tout de même, touchant les planètes, plusieurs .choses à remarquer: dont la première est, qu’encore qu’elles tendent toutes vers les centres des deux qui les contiennent , ce n’est pas à dire pour cela qu’elles puissent jamais parvenir jusques au de-1 dans de ces centres; car, comme j’ai déjà dit ci-devant , c’est le soleil et les autres étoiles fixes qui les occupent. Mais, afin que je vous fasse entendre
LE MONDE
distinctement en quels endroits elles doivent s’arrêter, voyez, par exemple , celle qui est marquée T? ', que je suppose suivre ie cours (Je la matière du ciel qui est vers le cercle R ; et considérez que si cette planète avoit tant soit peu plus de force à continuer son mouvement en ligne droite que n’ont les parties du second élément qui l’environnent , au lieu de suivre toujours ce cercle R, ellé? iroit vers Y, et ainsi elle s’éloigneroit plus quelle n’qst du centre S. Puis, d’autant que les parties du second élément qui l’environneroient vers Y se meuvent plus vite, et même sont un peu plus petites, ou du moins ne sont point plus grosses que celles qui sont vers R , elles lui donneroient encoèe plus de force pour passer outre vers F, èn sorte qu’elle iroit jusques à la circonférence de ce ciel , sans se pouvoir arrêter en aucune plac® qui soit entre deux; puis de là elle passeroit facilemeat dans un ^utreciel: et ainsi, au lieu d’être une planète, elle ’deviendroit une comète.
D’où vous voyez qu’il né se peut arrêter aucun astre en tout ce vaste éspace qui est depuis le cercle R jusques à la circonférence du ciel FGGF, par où les comètes prennent leur cours; et outre cela qu’il faut de nécessité que les planètes n’aient point plus de force à continuer leur mouvement en ligne droite que les parties du second élément qui sont vers Xj
> Voyez planche I, figure a.
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• J CUAHTJti; x. 281
lorsqu’elles se meuvent de même branle avec elles, et que tous les corps qui en ont plu? sont des comètes.
Eensôns donc maintenant que cette planète b a moins de force que les parties du second élément qui l’environnent ; en sorte que celles qui la suivent, et qui sont placées un peu plus bas qu’elle, puissent la détourner, et faire qu’au lieu de suivre le cercle K, elle descende vers la planète marquée où . étant, il se peut faire qu’elle'se trouvera justement aussi forte que les parties du second élément qui pour lors l’environneront: dont la raison est que ces parties du second élément étant plus agitées que celles qui sont vers K, elles l’agiteront aussi davantage, et qu’étant avec cela plus petites, elles ne lui pourront pas tant résister; auquel cas elle demeurera justement balancée au milieu d’elles, et y prendra son cours en même sens qu’elles font autour du soleil , sans s’éloigner de lui plus ou moins une fois que l’autre, qu’autant qu’elles pourront aussi s’en éloigner.
Mais si cette planète étant vers ip a encore moins deforce à continuer son mouvement en ligne droite que la matière du ciel qu’elle y trouvera, elle sera poussée par elle encore plus bas vers la planète marquée a* , et ainsi de’suite, jusques à ce qu’enfin elle se trouve environnée d’une matière qui n’ait ni plus ni moins de force qu’elle.
Et ainsi vous voyez qu’il peut y avoir diverses
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planètes, les unes plus et les autres moins éloignées du soleil, telles que sont ici T>: X 5 ;
dont les .plus basses et moins massives peuvent atteindre jusquçs à sa superficie, mais (font les’1 plus hautes ne passent jamais au-delà du cercle K.; qui , bien que très grand à comparaison dd chaque planète en particulier, est néanmoins si extrêmement petit à comparaison de tout le ciel FGGF, que, comme j’ai déjà dit çi-devant, il peut être considéré ^ comme son centre.
Que si je ne vous ai pas encore assez.fait entendre la cause qui peut faire que les parties du ciel qui sont au-delà du cercle K, étant incomparablement plus pétites que les planètes, ne laissent pas ’ d’ayoir plus de force quelles à continuer leur mouvement en ligne droite, considérez que cette force ne dépend pas seulement de la quantité de la matière qui est en chaque corps, mais aussi de l’étendue de sa superficie. Car encore que, lorsque deux corps se meuvent également vite., il soit vrai de dire que si l’un contient deux fois autant de matière que l’autre, il a aussi deux fois autant d’agitation , ce n’est pas à dire pour cela qu’il ait deux fois autant de force à continuer de se mouvoir en li^ne droite; mais il en aura 'justement-deux fpis autant, si avec cela sa superficie est justement deux fois aussi étendue, à cause qu’il rencontrera toujours deui fois autant d’qptres corps qui lui feront