CHAPITRE X. a8j
résistance; et il en aura beaucoup moins, si sa
superficie est étendue beaucoup plus de deux fois.
Or-vous savez que les parties du ciel sont à peu près toutes rondes, et ainsi qu’elles ont celle de toutes les figures qui comprend le plus de matière sous une moindre superficie; et qu’aü contraire les planètef étant composées de petitèfs parties qui ont des figures fort irrégulières et étendues , ont beaucoup de superficie à raison de la quantité de leur matière, en sorte quelles peuvent en avoir plus que la plupart de ces parties du ciel, et toutefois aussi en avoir moins que quelques unes des plus petites , et qui sont les plus proches des centres : car il faut savoir qu’éntre deux boules toutes massives , telles que sont ces parties du ciel, la plus petite .a toujours plus de superficie, à raison de sa quantité , que la plus grosse.
Et l’on peut aisément confirmer , tout; ceci par l’expérience. Car, poussant une grossedboule composée de plusieurs branches d’arbres confusément jointes et entassées l’une sur l’autre, ainsi qu’il faut imaginer que sont les- partiel de la matière dont les planètes sont composées, il est certain qu’elle ne pourra -pas continuer si" loin son mouvement, quand bien même elle séroit poussée par une force •
entièrement proportionnée à sa grosseur, comme feroit une autre boule beaucoup plus petite et composée du jnême bois , mais qui serait toute massive;
284 LE MONDE
il est certain aussi tout au contraire qu’on pourroi t faire une autre boule du même bois, et toute massive, mais' qui seroit si extrêmement petite, qu’elle auro'it beaucoup moins de force à continuer son mouvemenbque la première; enfin, il est certain que cette première petit avoir plus ou moins de force à 'continuer son mouvemenf, selon que les branches qui la composent sont plus, ou moins grosses et pressées. ,
D’où vous voyez comment diverses planètes peuvent être suspendues au dedans du cercle K, à diverses distances du soleil ; et comment ce ne sont pas simplement celles qui paraissent à l’extérieur les plus grosses, mais celles qui en leur intérieur sont lés plus solides et les plus massives , qui en doivent être les plus éloignées.
Il faut remarquer après cela que, comme nous expérimentons que les bateaux qui suivent le cours d’une riviète ne se meuvent jamais si vite que l’eau qui les entraîne, ni même les plus grands d’entre eux si vite que les moindres; ainsi , encore que les planètes suivent le cours de la matière du ciel sans résistance, et se meuvent de même branle avec elle , ce n’est pas à dire pour cela qu’elles se meuvent jamais du tout si vite : et même l’inégalité de leur mouvement doit avoir quelque rapport à celle qui se trouve entre la grosseur de leur masse et la petitesse des parties du ciel qui les-en-