CHAPITRE X
ABCD en sortiroient les premières, puis celles de Pair et de l’eau les suivraient, et enfin aussi celles de la terre, chacune d’autant plus promptement qu’elle se trouverait moins attachée au reste de sa masse, en même façon qu’une pierre sort hors delà fronde en laquelle elle est agitée, sitôt qu’on lui lâche la corde, et que la poussière que l’on jette sur une pirouette pendant qu’elle tourne s’en écarte tout aussitôt de tous côtés.
Puis considérez que n’y ayant point ainsi aucun espace au-delà du cercle ABCD qui soit vide, ni où les parties du ciel contenues au dedans de ce cercle puissent aller , si ce n’est qu’au même instant il en rentre d’autres en leur place qui leur soient toutes semblables , les parties de la terre ne peuvent aussi s’éloigner plus qu’elles ne sont du centre T, si ce n’est qu’il en descende en leur place de celles du ciel ou d’autres terrestres , tout autant qu’il en faut pour la remplir, ni réciproquement • s’en approcher qu’il n’en monte tout autant d’autres en leur place ; en sorte quelles sont toutes opposées les unes aux autres, chacunes à celles qui doivent entrer en leur place, en cas quelles montent , et de même à celles qui doivent y entrer en cas qu’elles descendent , ainsi que les deux côtés d’une balance le.sont l’un à l’autre : c’est-à-dire que comme l’un des côtéç de la balance ne peut se hausser ni se baisser que l’autre ne fo,sse au même in-
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stant tout le contraire , et que toujours le plus pesant emporte l’autre, ainsi la première pierre R, patexemple, est tellement opposée à la quantité d’air, justement égale à sa grosseur, qui est au-dessus d’elle, et dont elle devroit occuper la place en cas quelle s’éloignât davantage du centre T, qu’il faudroit nécessairement que cet air descendît à mesure quelle monteroit ; et de même aussi elle est tellement opposée à une autre pareille quantité d’air qui est au-dessous d’elle , et dont elle doit occuper la place en cas qu’elle s’approche de ce centre, qu’il est besoin quelle descende lorsque cet air monte. .
Or il est évident que cette pierre contenant en soi beaucoup plus de la matière de la terre , et en récompense en contenant d’autant moins de celle du ciel qu’une quantité d’air d’égale étendue , et même ses parties terrestres étant moins agitées par la matière du ciel que celle de cet air, elle ne doit pas avoir. la force de monter au-dessus de lui , mais bien lui au contraire doit avoir la force de la faire descendre au-dessous ; en sorte qu’il se trouve léger étant comparé avec elle , au lieu qu’étant comparé avec la matière du ciel toute pure , il est pesant. Et ainsi vous voyez que chaque partie des corps terrestres est pressée vers T, non pas indifféremment par toute la matière qui l’environne, mais seulement p#ar une quantité de cette matière