‹ Œuvres de Descartes (volume 2)Chapitre 258 sur 293 · CHAPITRE XIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIII

trouvent en l’espace E 11e peuvent empêcher que celles du second qui sont entre les lignes AF, 1)G, ne s’avancent pour le remplir, tout de même que s’il étoit vide: à cause qu’étant extrêmement subtiles et extrêmement agitées, elles sont toujours aussi prêtes à sortir des lieux où o^les se trouvent , que puisse être aucun autre corps à y entrer. Et, pour cette même raison , celles qui occupent les petits angles qui sont entre les parties du ciel, cèdent leur place sans résistance à celles qui viennent • de cet espace E, et qui vont se rendre vers le point S. Je dis plutôt vers S que vers aucun autre lieu, à cause que les autres corps , qui étant plus unis et plus gros ont plus de force , tendent tous à s’en éloigner.

Même il faut remarquer quelles passent d’E*vers S entre les parties du second élément qui vont d’S vers E , sans s’empêcher aucunement les unes les autres ; ainsi que l’air qui est enfermé dans l’horloge XYZ' monte de Z vers X au travers du sable Y, qui 11e laisse pas pour cela de descendre cependant vers Z.

Enfin, les parties de ce premier élément qui se trouvent en l’espace ABC.D, où elles composent le corps du soleil, y tournant en rond fort promptement autour du point S, tendent à s’en éloigner de tous côtés en ligné droite, suivant ce que

1 Voyez planche II , ligure ir.

3l2 le monde.

je viens d’expliquer ; et par ce moyen toutes cel^s qui sont . en la ligne SD poussent ensemble la partie du second élément qui est au point D, et toutes celles qui sont en 1$ ligne SA poussent celle (jui est au point A, et ainsi des autres; en telle sorte que cela seul sqf(iroit pour faire que toutes celles de ces parties du second élément qui sont entre les ligues AF , DG , s’avançassent vers l’espace E , encore qu’elles n’y eussent aucune inclination d’elles-inèmes.

Au reste, puisqu’elles doivent ainsi s’avancer vers cet espace E lorsqu’il n’est occupé que par la matière du premier élément, il est certain qu’elles tendent» aussi à y aller encore même qu’il soit rempli de quelque autre corps, et par conséquent qu’elles poussent et font effort contre ce corps comme pour le chasser hors de sa place. En sorte que si c’étoit l’œil d’un homme qui fut au point E , il sçroit poussé actuellement tant par le soleil que par toute la matière du ciel qui est entre les lignes AF, DG.

Or il faut savoir que les hommes de ce nouveau monde seront de telle nature que lorsque leurs ^eux seront poussés en cette façon , ils en auront un sentiment tout semblable à celui que nous avons de la lumière , ainsi que je dirai ci-après plus amplement. * . •

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