‹ Œuvres de Descartes (volume 2)Chapitre 257 sur 293 · CHAPITRE XIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIII

cevoir que l’inclination qu’elles ont à s’éloigner de ce centre doit faire avancer celles qui sont entre les lignes AF, DG, toutes ensemble ,- vers l’espace E lorsqu’il est vide ; ainsi que vous voyez en la neuvième figure, rapportée à la dixième', que la pesanteur des petites boules 4o, 3o , etc. , les doit faire descendre toutes ensemble vers l’espace qu’occupe celle qui est marquée 5o, sitôt que celle-ci en peut sortir.

Et l’on peut ici clairement apercevoir comment celles de ces boules qui sont marquées d’un même chiffre se rangent en un espace plus étroit que n’est celui d’où elles sortent , à savoir en s’approchant l’une de l’autre. On peut aussi apercevoir que les deux boules marquées 4o doivent descendre un peu plus vite, et s’approcher à proportion uh peu plus l’une de l’autre que les trois marquées 5o , et ces tro^#, que les quatre marquées 20 , et ainsi des autres. •

Ensuite de quoi vous me direz peut-être que, comme il paroît en la dixième figure que les deux boules 4o, l\o, après être tant soit peu descendues viennent à s’entre-toucher (ce qui estcausequ’elles s’arrêtent sans pouvoir descendre plus bas), tout de même les parties du second élément qui doivent s’avancer vers E s’arrêteront avant que d’avoir achevé de remplir tout l’espace que nous y avons supposé.

' Voyez planche II, figures y, 10.

LE MONDE

Mais je réponds à cela qu’elles ne peuvent si peu s’avancer vers là que ce ne soit assez pour prouver parfaitement ce- que j’ai, dit; c’est à savoir que tout l’espace qui y est étant déjà plein de quelque corps, quel qu’il puisse être, elles pressent continuellement ce corps, et font effort contre lui comme pour le chasser hors de sa place.

Puis outre cela je réponds que leurs autres mouvements qui continuent .en elles pendant quelles s’avancent ainsi vers E, ne leur permettant pas de demeurer un seul moment arrangées eq, même sorte, les empêchent de s’entre-toucher , ou bien font qu’après s’être touchées elles se séparent incontinent derechef, et ainsi ne laissent pas pour cela de S’avancer sans interruption vers l’espace E, jusques à ce qu’il soit tout rempli. De sorte qu’on ne peut conclure de ceci autre chose sinon que la force dont elles tendent vers E est peut -^re comme tremblante , et se redouble et se relâche à diverses petites secousses , selon qu’elles changent de situation, ce qui semble être une propriété fort convenable à la lumière.

Or, si vous avez entendu tout ceci suffisamment, en supposant les espaces E et S , et tous les petits angles qui sont entre les parties du ciel, comme vides , vous l’entendrez encore mieux en les supposant être remplis de la matière du premier élément; car les parties de ce premier élément qui se

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