‹ Œuvres de Descartes (volume 2)Chapitre 266 sur 293 · CHAPITRE XV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XV

ceux d’un flambeau, qui consiste en ce que leur force se conserve, ou même s’augmente de plus en plus à mesure qu’ils s’éloignent du soleil , jusques à ce qu’ils soient parvenus à la superficie extérieure de son ciel, à cause que toute la matière de ce ciel tend vers là : au lieu que les rayons d’un flambeau s’affoiblissent en s’éloignant, à raison de la grandeur des superficies sphériques qu’ils illuminent , et même encore quelque peu plus à cause de la résistance de l’air par où ils passent. D’où vient que les objets qui sont proches de ce flambeau en sont notablement plus éclairés que ceux qui en sont loin ; et que les plus basses planètes ne sont pas à même proportion plus éclairées par le soleil que les plus hautes, ni même que les comètgs , qui en sont sans comparaison plus éloi- ’ gnées.

Or l’expérience nous montre que le semblable arrive aussi dans le vrai monde; et toutefois je ne crois pas qu’il soit possible d’en rendre raison , si on suppose que la lumière y soit autre chose dans les objets qu’une action ou disposition telle que je l’ai expliquée. Je dis une action ou disposition: car si vous avez bien prîs garde à ce que j’ai tantôt démontré , que si l’espace où est le soleil étoit tout vide, les parties de son ciel ne laisseroient ^®^as de tendre vers les yeux des regardants en même fcçon que lorsqu’elles sont poussées par sa matière.

LE MONDE

et même avec presqut autant de force, vous pouvez bien juger qu’il n’a quasi pas besoin d’avoir en soi aucune action ni quasi même d’être autre chose qu’un pur espace , pour paroître , tel que nous le voyons; ce que vous eussiez peut-être pris auparavant pour une proposition fort paradoxe. Au reste , le mouvement qu’ont ces planètes autour de leur centre est cause qu’elles étincellent, mais beaucoup moins fort et d’une autre façon que ne font les étoiles fixes ; et parceque la lune est privée de ce mouvement, elle n’étincelle point du tout.

Pour les comètes qui ne sont pas dans le même ciel que le soleil, elles ne peuvent pas , à beaucoup près, envoyer tant de rayons vers la terre que si elles y étoient, non pas même lorsqu’elles sont toutes prêtes à y entrer , et par conséquent elles ne peuvent pas être vues par les hommes, si ce n’est peut-être quelque peu , lorsque leur grandeur est extraordinaire. Dont la raison est que la plupart des rayons que le soleil envoie vers elles sont écartés çà et là, et comme dissipés par la réfraction qu’ils souffrent en la partie du firmament par où ils passent. Car, par exemple, au lieu que la comète CD1 reçoit du soleil, marqué S, tous les rayons qui sont entre les lignes SC , SD, et renvoie vers la terre tous ceux qui sont entre les lignes CT, DT, il fautpenserque la comète FF ne reçoit ilfl#(

1 Voyez, planche III , figure ifi

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