CHAPITRE XV
même soleil que les rayons qui sont entre les lignes SGE, SHF à cause que , passant beaucoup plus aisément depuis S jusques à la superficie GH , que je prends pour une partie du firmament, qu’ils ne peuvent passer au-delà , leur réfraction y doit être fort grande, et fort en dehors : ce.qui en détourne plusieurs d’aller vers la comète EF, vu principalement que cette superficie est courbée en dedans vers le soleil , ainsi que vous savez qu’elle doit se courber lorsqu’yne comète s’en approche. Mais encore quelle fût toute plate , ou même courbée de l’autre côté , la plupart des rayons que le soleil lui enveèroit ne laisseroient pas d’être empêchés par la réfraction, sinon d’aller jusques à elle, au moins de Retourner de là jqsques à la terre. Comme, par exemple, supposant la partie du firmamënt IK être une portion de sphère dont le centre soit au point S , les rayons S I L, S KM, ne s’y doivent point du tout courber en allant vers la comète LM ; mais en revanche ils se doivent beaucoup courber en retournant de là vers la terre , en sorte qu’ils n’y peuvent «parvenir que fort foibles , et en fort petite quantité. Outre que ceci ne pouvant arriver que lorsque la comète est encore assez loin du ciel qui contient le soleil ( car autrement, si elle en étoit proche , elle feroit courber en dedans sa superficie), son éloignement empêche aussi quelle 11’en reçoive tant de rayons que lorsqu’elle est
LE MONDE
prête à y entrer. Et pour les rayons quelle reçoit de 1 étoile fixe qui est au centre du ciel qui la contient, elle ne peut pas les renvoyer-vers la terre , non plus que la lune étant nouvelle n’y renvoie pas ceux du soleil. .
Mais ce qu’il y a de plus remarquable touchant ces comètes , c’est une certaine réfraction de leurs rayons, qui est ordinairement cause qu’il en paroît quelques uns en forme de queue ou de chevelure autour d’elles, ainsi que vous entendrez facilement si vous jetez les yeux sur cette figure ’, où S est le soleil, C une comète, EBGla sphère qui , suivant ce qui a été dit ci-dessus , .est composée des parties du second élément qui sont les plus grosses et les moins agrtées de toutes, DA le cercle qui est décrit par le mouvement annuel de la terre; et que vous pensiez que le rayon qui vient de C vers B passe bien tout droit jusques au point A, mais qu’outre cela il commence au point B à s’élargir et à se diviser en plusieurs autres rayons , qui s’étendent çà et là de tous côtés , en telle sorte que chacun d’eux se trouve d autant plus foible qu’il s’écarte davantage de celui du milieu BA, qui est le principal de tous et le plus fort; puis aussi que le rayon CE commence, étant au point E, à s’élargir, et à se diviser aussi en plusieurs autres , comme Eïf , E Y, ES, mais que le principal et le plus fort de ceux-ci est
1 Voyez plauche III, ligure 17.