‹ Œuvres de Descartes (volume 2)Chapitre 4 sur 293 · A M. DESCARTES · texte numérisé non relu

A M. DESCARTES

Monsieur,

Il y a si long-temps que vous m’avez fait attendre votre Traité des passions, que je commence à ne le plus espérer, et à m’imaginer que vous ne me l’aviez promis que pour m’empêcher de publiefc la lettre que je vous avois ci-devant écrite. Car j’ai sujet de croire que vous seriez fâché qu’on vous ôtât l’excuse que vous prenez pour ne point achever votre physique : et mon dessein étoit de vous l’ôter par cette lettre, d’autant que les raisons que j’y avois déduites sont telles , qu’elles ne me semblent pas qu’elles puissent êti'e lues d’aucune personne qui ait tant soit peu l’honneur et la vertu en recommandation qu’elles ne l’incitent à désirer comme moi que vous obteniez du public ce qui est requis pour les expériences que vous dites vous être nécessaires : et j’espérois qu’elle tomberoit aisément entre 1<js mains de quelques uns qui auroient; le pouvoir de rendre ce désir efficace, soit

à cause qu’ils ont de l’accès auprès de ceux qui disposent des biens du public , soit à cause qu’ils en disposent eux-mêmes. Ainsi je me promettois de faire en sorte que vous auriez malgré vous de l’exercice; Car je sais que vous avez tant de cœur, que vous ne voudriez pas manquer de rendre avec usure ce qui vous seroit donné en cette façon , et que cela vous feroit entièrement quitter la négligence dont je ne puis à présent m’abstenir de vous accuser, bien que je sois , etc.

Le a4 juillet 1649.

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