‹ Œuvres de Descartes (volume 2)Chapitre 74 sur 293 · ARTICLE LXXI · texte numérisé non relu

ARTICLE LXXI

Qu’il n’arrive aucun changement dans le cœur ni dans le sang en cette passion.

Et cette passion a cela de particulier, qu’on ne remarque point qu’elle soit accompagnée d’aucun

. ES PASSIONS l)E LAME.

changement qui arrive dans le cœur et dans le sang, ainsi que les autres passions. Dont la raison est que, n’ayant pas le bien ni le mal pour objet, mais seulement la connoissance de la chose qu’on admire, elle Va point de rapport avec le cœur et le sang, desquels dépend tout le bien du corps, mais seulement avec le cerveau, ou sont les organes des sens qui servent à cette connoissance.

ARTICLE iLXXII.

Eu q\ioi consiste la force de l'admiration.

Ce qui h’empéche pas qu’elle n’ait beaucoup de force, à cause de la surprise, c’est-à-dire de l’arri- Ÿement subit et inopiné de l’impression qui change le mouvement des esprits, laquelle surprise est propre et particulière à cette passion : en sorte que lorsqu’elle se rencontre en d’autrés , comme elle a coutume de se rencontrer presque en toutes et de les augmenter , c’est que l’admiration est jointe avec elles. Et la force dépend de deux choses , à savoir de la nouveauté, et de ce que le mouvement quelle cause a dès son commencement toute sa force. Car il est certain qu’un tel mouvement a plus d’effet que ceux qui , étant foibles d’abord , et ne croissant que peu à peu, peuvent aisément être détournés. Il est certain aussi que les objets des sens qui sont nouveaux touchent le cerveau

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