‹ Œuvres de Descartes (volume 2)Chapitre 76 sur 293 · ARTICLE LXXIII · texte numérisé non relu

ARTICLE LXXIII

Ce que c’est que l’étonnement.

Et cette surprise a tant de pouvoir pour faire que les esprits qui sont' dans les cavités du cerveau y prennent leurs cours vers le lieu où est l’impression de l’objet qu’on admire , quelle les y pousse quelquefois tous, et fait qu’ils sont tellement occupés à conserver cette impression, qu’il n «y en a aucuns qui passent de là dans les muscles , ni même qui se détournent en aucune façon des premières traces qu’ils ont suivies dans le cerveau : . ce qui fait que tout le corps demeure immobile 4- " ’ .

comme une statue , et qu’on ne peut apercevoir de l’objet que la première face qui s’est présentée , ni par conséquent en acquérir une plus particulière connoissance. C’est cela qu’on appelle communément être étonné; et l’étonnement est un excès d’admiration qui ne peut jamais être que mauvais.

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