‹ Œuvres de Descartes (volume 3)Chapitre 33 sur 62 · III. « Le soleil et une étincellp , etc · texte numérisé non relu

III. « Le soleil et une étincellp , etc

Réponse. Afin que je renversé mieux tout ce qui

est en cet article , je commencerai à y répondre par la fin , où vous dites : Donc le môuvement de la matière subtile , c’est-à-dire lumen quod est in aere, n’est pas la lumière des corps lumineux, c’est-à-dire non est lux quæ est in sole t , grande merveille ! et vous dites un peu plus haut : Il faut de nécessité que la lumière soit devant le mouvement , etc. , à savoir , ' lux ante lumen cujus est causa. Eb qui en doute? Rour ce qui précède, à savoir que la matière subtile n’est pas dure, ni semblable à un bâtbn , c’est le même que ce què j’ai mis en kt page 6 citée ci-

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dessus, ou ensuite , par la comparaison du vin qui est dans une Cuve , montrant que les plus hautes

parties de ce vin pressent, et par conséquent aident à mouvoir celles qui Sortent par le trou qui est au bas au même instant qu’il est ouvert, j’ai expliqué comment la matière la plus prochaine du corps lumineux étant mue peut faire mouvoir la plus éloignée au même instant ; et, en ajoutant quelles grappes qui sont en cette cuvé peuvent cependant être agitées en plusieurs diverses façons parceuxqut les foulent, j’ai satisfait à ce que vous dites des vents un peu devant. Et enfin , pour ce que vous dites au commencement , qu’aucun bon jugement n’admettra jamais qu’une étincelle ait la force de faire mouvoir localement , et, selon moi , en ligne droite (ce qui n’est pas pourtant du tout selon moi, page 8 , ligne 2 ) , toute la matière subtile contenue en un globe d'air de cinquante lieues de demi-diamètre , je prétends île vous le faire admettre à vous-même, si vous prenez, comme moi, cette matière subtile pour une liqueur très fluide. .

Car, sans aller plus loin, encore que la cuve t dont nous venons de parler auroit cent lieues de hauteur, chaque goutte de vin qui seroit au haut n’augmenteroit-elle pas la vitesse de celui qui s’é» couleroit par les trous qui sont au bas? Et , afin que vous ne disiez pas qu’il e3t plus aisé d’augmenter le mouvqpnent d'un corps qui se meut que d’en

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remuer un qui se repose , imaginez un tuyau replié, comme ABC', qui s’étende, si vous voulez, depuis ici jusques au centre de la terre, et de là remonte jusques ici , et qui soit presque plein d’eau des deux côtés, et que pendant que cette eau est aussi calme et aussi peu agitée qu’elle peut être, on verse une goutte d’autre eau dans celui de ses côtés qui est marqué A , car je ne crois pas que vous fassiez difficulté d’accorder que la pesanteur de cette goutte sera suffisante pour faire hausser toute l’eau qui est vers C , et par conséquent aussi pour mouvoir toute celle qui est dans le tuyau ABC, et ensuite vous ne pourrez nier qu’une étincelle de feu ne soit capable de mouvoir la matière subtile qui est contenue en un très grand espace, pourvu que vous remarquiez que l’action du feu est incomparablement plus forte que celle de la pesanteur, et que la matière subtile étant contenue dansdes pores de l’eau, et même aussi en ceux de l’air, doit être incomparablement plus fluide que lui ni elle. Car vous ne voudrez pas rejeter les règles des mécaniques et de la vraie physique , pour alléguer ici que toute la matière a*de soi résistance au mouvement local , qui n’est qu’une maxime fondée sur la préocci ipation de nos sens , et qui vient de ce que n’ayant essayé dès notre enfance à remuer que des corps qui étoient durs et pesants , et y ayant

1 Figure 4î.

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toujours rencontf'é de la difficulté* nous nflus sommes dès lors persuadés que cette difficulté procèdent de la matière , et par conséquent étoit commune à tous les .corps , cela nous ayant été plus aisé à supposer qu’à prendre garde que ce n’étoit rien que la pesanteur des corps que nous tâchions de remuer qui nous empèchoit de les lever, et leur dftreté avec l’inégalité de leurs parties qui nous eftipêchoit de les traîner; et ainsi qu’il ne suit pas de là que le même doive arriver touchant les corps qui n’ont ni dureté ni pesanteur. Or la plupart des opinions , tant du peuple que de la mauvaise philosophie, sont nées de cette sorte; mais quelque apparence qu’elles aient, et quoique plusieurs y applaudissent, les . personnes de bon jugement ne doivent jamais s’y ârrêter. - IY. • Supposant le mouvement, etc. »

Réponse. Je ne vois en tout cet article sinon que lumen non est lux , ou bien que l’action qui nous fait avoir le sentiment de la lumière n’est pas cette qualité réelle que vous appelez du nom de lumière, et que vous supposez être dans les corps lumineux autre que le mouvement qui cause cettè action. Et je l’accorde. T . » ’

Y. « Mais qu’est - ce qne cette matiqre sub- » tile , etc. »

Réponse; Je ne trouve rien ici qu’une équivoque du mot transparent, qui s’attribue en un sens à l’air,

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aifeverr#t et aux aûtreS tels, coups , en tant qu’iU ont des pores', etc., et à la matière,, en tarit qu’élle est daiLs ces pores^ Car, pour ce què^^ttus djt^sqtae, vu le bël ordre qui est dans la nature , qçni inatièredoit avoir quelque sphère au-deSsil^ des autres corps, et ainsi n’ètre point dans leurs pores, il* est aisé de répondre que ce bel ordre, montre qRÿ » ayant des pores dans lés corps terrestres , «ils doivent être rdnaplis^de quelque rpatière piys subtile , comme on voit qu’encore qué l’eau se jflace naturellement au-dessus de la terre , ellp ne laisse pas pour cela de se placer*aussi au-dessous en tous ses pores ; et je nç djs en aucun lieu qôe la matière subtile n’occupe point de sphère plus haute que celle de l’air , car qu contraire je la fais étendre de** puis les gsfres jusqùes à nous. ■»

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