‹ Œuvres de Descartes (volume 3)Chapitre 43 sur 62 · LETTRES · texte numérisé non relu

LETTRES

• “ • à la hauteur du crépuscule , es 5 t plus dens^que la

supérieure , tant à cause des esprits ef \ppèurs qui

s’élèvent du globe terrestre et se condepsent en

cette région , qu’à cause que le plus crasse <fe

chagde élément s’efface et subside toujours en bas ;

d’où vient que (jette région cause les réfractions

des astres, et réfléchit la lumière du soleil au èré- » • ■% # , •' pustule ; ^ fe mêine que les chimistes, avec le seul

tartre calciné, et par d’autres voies, cqrporifient

ou rendent sensible 'cet air, et en tarent une liqueur

visible, qu’ils nomment esprit univefc$l. Et peut-

être , est-il arrivé quelque chose de semblable à

celui que vous dites avoir vu do l’air opaque dans

un tuyau. Et vous savez aussi que c’est le propre de

la chaleur de rajcéfier et faire bouillir l’eau : or l’air • •

est encore bien plus susceptible de raréfaction et d’ébullition que n’est l’eau ; c’est pourquoi le soleil par sa chaleur raréfie et fait bouillir l’air , et cette ébullition ou mouvement paroit en la basse région ,de l’air, principalement en été, à cause qu’elle est plus (Lensc ,* ainsi même que l’on peut observer sur lqp charbons qui ne jetteront ni flamme ni fumée. Mais cela ne paroissant qu’en présence de la lumière, j’ai pensé', et peut-êlfe t avec raison , que ce mouvement de l’air en présence de la lumière avoit donné Ueu à vos conceptions de la matière subtile. Quoi qu’il en sqit, je finis mes ^objections, jusques à ce que votïe-Fhysique soit en lu-

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mière , et cependant je veux demeurer à perpétui té.

Relisant la présente réporlse, j’ai vu qu’il étoit besoin d’y Ajouter encore ce qui sifit, afin que vous y prenez garde. *

'XIII. IJu premier ordre.

Vous voulez que vos boules de la page 258 des •

Météores soient des boules de bois ou autre ma-

tière , et non i^es boules de votre matière subtile ? comme tout le monde le croira vous n’y pourvoyez ; et pour fotre raison , vous dites que vous avez vbulu donner à entendre votre conception par*quel||pe chose de plus sensible que ne soqt les boules de la matière subtile , et ainsi soumettre vos râisons au jugement de l’expérience. Mais , en premier lieu , il n’y a homme au monde qui puisse faire l’expérience que vous difes sul des «boules de bois ; secondement , pourquoi faitffv#% la boule 5 mobile en l’air seulement en ligne droite, éf les autres 1 encore en rond, vu^que toutes les boules de la matière subtile sê meuvent en l’air circulairement et* en ligne droite tout ensemble , selon ce que vous dites - eft la page 272 ? en troisième liefi , pourquoi n’avez -vous pas expliqué les propres mouvements*des boules de votre matière subtile, et les effets qu’elles font quand elles viennent à rencontrer quelque superficie plus solide, sans emprunter des boules , lesquelles même vous supposez ne se «pas mouvoid comme la matière sub-

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