PRINCIPE GÉNÉRAL
qu’il ne faut ni plus ni moins de force pour lever un corps
PESANT A CERTAINE HAUTEUR , QUE POUR EN LEVER UN AUTRE MOINS PESANT A- UNE HAUTEUR DOUTANT PLUS GRANDE QU’lL EST MOINS PESANT, OU POUR EN LEVER UN PLUS PESANT A UNE HAUTEUR d’aUTANT MOINDRE.
Comme, par exemple , que la force qui peut lever un poids de i oo livres à la hauteur de deux pieds, en peut aussi lever un de aoolivresàla hauteur d’un pied, ou un de 5o livres à la hauteur de quatre pieds, et ainsi des autres, si tant est qu’elle leur soit appliquée.
Ce qu’on accordera facilement , si on considère que l’effet doit toujours être proportionné à l’action qui est nécessaire pour le produire, et ainsi que s’il est nécessaire d’employer la force par laquelle on peut lever un poids de joo livres à la hauteur de deux pieds pour en lever un à la hauteur d’un pied seulement , cela témoigne que celui-ci pèse 200 livres: car c’est le même, de lever lop livres à la hauteur d’un pied, et derechef encore îoo livres à la hauteur d’un pied, que d’en-
LETTRES
lever 200 livxes, à la hauteur d’un pied, et le même aussi que d’enlever 100 livres à la hauteur dedeux pieds. Et il suit évidemment de ceci que la pesanteur relative de chaque corps , ou , ce qui est- le même , lâ force qu’il faut employer pour le soutenir et empêcher qu’il ne descende lorsqu’il est en certaine position , se doit mesurer par le commencement du mouvement que devroit faire la puissance qui le soutient , tant pour le hausser que pour le suivre s’il s’abaissoit ; en sorte que la proportion qui est entre la ligne droite que décriroit ce mouvement , et celle qui marqueroit de combien ce corps s’approcheroit cependant du centre de la terre , est la même qui est entre sa pesanteur absolue et la relative ; mais ceci peut mieux être expliqué par le moyen de quelques exemples.