‹ Œuvres de Descartes (volume 3)Chapitre 46 sur 62 · DE LA POULIE · texte numérisé non relu

DE LA POULIE

Le poids E 1 étant attaché à la poulie D, autour de laquelle est passée la corde ABC , si on suppose que deux hommes soutiennent ou haussent égaleraient chacun l’un des bouts de cette corde, 41 est évident que si ce poids pèse 200 livres, chacun de ces hommes n’emploiera pour le soutenir ou sou-

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lçver cjue la force qu’il lui faut popr soutenir ou soulever 100 livres : car chacun n’en portera que la*moitié. Puis si l’on suppose que A, l’un des bouts de cette ‘corde, soit attaché ferme à quelque clou, et que l’autre .G soit derechef soutenu par un homme, il est évident qpe cet homme en C n’aura besoin non plus que devant , pour soutenir ce poids E, que de la force qu’il faut pour soutenir rboliv. , à cause que'lerclou qui sera vers A y fera le même office que l’homme que nous y supposions auparavant. Enfin, supposant que cet homme qui est vers C tire la corde pour faire hausser le poids E , il est évident que s’il y emploie la force qu’il faut pout lever 100 livres à la hauteur de deux pieds, il fera hausser ce poids E, qui en pèse 200, de la hauteur d’un pied : car la corde ABC étant doublée comme elle.est , on la doit tirer de deux pieds par le bout C pour faire autant hausser ce poids E, que si deux hommes la tiroient,l*un par le bout A, et l’autre parle bout C, chacun de la longueur d’un pied seulement. . »

Et il faut remarquer que c’est cette seule raison et non point la figure ou la grandeur de la poulie qui cause cette force : car, soit que la poulie soit grande ou petite, elle aura toujours le même effet. Et si on en attache encore une autre vers A, par laquelle on passe la corde ABCII , il ne faudra pas moins de force pour tirer H vers K , et ainsi lever

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le poids E, qu’il en faUoit auparavant pour tirer C vers G, à cause que, tirant deux pieds de cette corde , on fera hausser ce poids d’un pied comme devant. Mais si à ces deux poulies on y en ajoute encore une autre vers D à laquelle on attache le poids, et dans laquelle on repasse la corde en mêhiefaçon qu’en la première , on n’auva |>as besoin de plus de force pour lever ce poids de 4 2 po livres que pour en lever un de'5o livres sans poulie , à cause qu’en tirant deux pieds de la corde , on ne le fera hausser que d’un demi-pied. Et ainsi , en multipliant les poulies, on peut lever les plus grands fardeaux avec les plus petites forces, sans qu’il y ait aucune chose à rabattre de ce calcul , sinon la pesanteur de la poulie et la difficulté qu’on pfeut avoir à faire couler la cordç et à la porter ; et outre cela qd’il faut toujours tant soit peu plus de force pour lever un poids que pour le soutenir. Mais ces choseslà ne se comptent point lorsqu’il est question d’examiner le reste par .des raisons mathématiques.

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