‹ Œuvres de Descartes (volume 4)Chapitre 47 sur 62 · PROPOSITION (QUATRIÈME · texte numérisé non relu

PROPOSITION (QUATRIÈME

l’esprit et le corps SONT RÉELLEMENT DISTINCTS.

^ U É M ON STR AT I O 2f.

Tout ce que nous concevons clairement peut être fait par Dieu en la maniéré que nous le cou- 'cevons , par le corollaire précédèiit.

Mars nous concevons clairement l’esprit , c’est-àdire une substance qui pense , sans le corps , c’est- •à-dire sans une substance étendue, par la deînande ii ; et d’autre part nous concevons aussi' clairement le corps sans l’esprit , ainsi que chacun accorde facilement :

Donc au moins , par la toute-puissance de Dieu , l’esprit peut être sans le corps, et le corps sans l’esprit.

Maintenant les substances qui peuvent être l’une sans l’autre sont réellement distinctes , par la définition x;

Or est-il que l’esprit ef le corps sont des substances , par les définitions v, vi et‘ vu, qui peuvent être l’une sans l’autre , comme je le viens de prouver:

Donc l’esprit et le corps sont réellement distincts.

Et il faut remarquer que je me suis ici servi de la toute-puissance de Dieu pour en tirer ma preuve; non qu’il soit besoin de quelque puissance extraordinaire pour séparer l’esprit d’avec le corps, mais^ pourceque , n’ayant traité que de Dieu seul dans les * propositions précédentes , je ne la pouvois tirer * d’ailleurs que de lui. Et il importe fort peu par quelle puissance deux choses soient séparées, pour , connoître qu’elles soient réellement distinctes.

46(j OBJECTIONS ET RÉPONSES.

Page 1