‹ Œuvres de Descartes (volume 4)Chapitre 48 sur 62 · TROISIÈMES OBJECTIONS · texte numérisé non relu

TROISIÈMES OBJECTIONS

PMTKS P\R M. HOBBES CONTRE CES Sljt MEDITATIONS.

OftiECTION I"

SlîR LA MÉDITATION PREMIÈRE.

DES CHOSES QUI PKUVeHT ETRE REVOQUEES fi Pf DOUTE.

Il paroît assez, par ce qui a été dit dans cette Méditation, qii’il^n’y a point de marque certaine etévidente par laquelle nous puissions reconnoître et distinguer nos songes d’avec la veille et d’avec une vraie perception des sens; et partant que ces images ou ces fantômes que nous sentons étant éveillés, ne plus ne moins que ceux que nous apercévons .étant endormis , ne sont point des accidentf'Ü^chés à des objets extérieurs, et ûe sont point des preuves suf&santes pour montrer que ces'' objets extérieurs existent véritablement. C’est pourquoi si , sans nous aider d’aucun autre raisonnement , nous suivons seulement le témoignage de nos sens, nous aurons juste sujet de douter si quelque chose existe ou non. Nous reconnoissons

iJBJECTIONS ET RÉPONSES. /|6"-

« • donc la vérité de cette méditation. Mais d’autant que

Platon a parlé de cette 'incertitude des choses sensibles, et plusieurs autres anciens philosophes avant et’ après lui , et qu’il est aisé de remarquer la difficulté qu’il y a de discerner la veille du sommeil, j’eusse voulu que cet excellent auteur de nouvelles spéculations se fût abstenu de publier des choses si vieilles. J

RÉPON-SK.

Les raisons de douter qui sont ici reçues pour vraies par ce philosophe n’ont été proposées par moi que comme vraisemblables : et je fn’en suis servi, non pour les débiter comme nouvelles, mais en partie 'pour préparer les esprits des lecteurs à considérer les choses intellectuelles, et les dis-

tinguer des corporelles, à quoi elles m’ont toujours semblé très nécessaires; en partie pour y ré- = pondre dans les méditations suivantes, et eh partie aussi pour faire voir combien les vérités que je propose ensuite sont fermes et assurées, puisqu’elles ne peuveht être ébranlées par des doutes si généraux et si extraordinaires. Et ce n’a point été pour acquérir de la gloire que je les ai rapportées; mais je pense n’avoir pas été moins obligé de les expliquer, qu’un médecin de décrire la maladie dont il a entrépris d’enseigner la cure.

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