SUR LA SECONDE MEDITATION
taisie tôucliant leurs significations. Si cela est ainsi, comme il peut être , le raisonnement dépendra des noms , les noms de l’imagination , et l’imagination peut-être, et ceci selon mon sentiment, du mouvement des organes corporels , et ainsi^’esprit ne sera rien autre chose qu’un mouvement en certai- ^ nés parties du corps organique.
, RÉPONSE. •
J’ai expliqué, dans la seconde Méditation, la différence qui est entre l’imagination et le pur concept de l’entendement ou de l’esprit , lorsqu’en l’exemple de la cire j’ai fait voir quelles sont les choses que nous imaginons en elle, et quelles sont celles que nous concevons par le seul entendement ; mais j’ai encore expliqué ailleurs comment nous entendons autrement une chose que nous ne l’imaginons , en ce que pour imaginer, par exemple, un pentagone, il est besoin d’une particulière contention d’esprit qui nous rende cette figure, c’est-à-dire ses cinq côtés et l’espace qu’ils renferment , comme présente , de laquelle nous ne nous servons point pour concevoir. Or l’assemblage qui se fait dans le raisonnement n’est pas celui des noms , mais bien celui des choses signifiées par les noms; et je m’étonne que le contraire puisse ve- ’ nir en l’esprit de personne.