‹ Œuvres de Descartes (volume 5)Chapitre 10 sur 50 · I OO I) ESC A RTKS A VOET · texte numérisé non relu

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synode à toutes les recherches de savants théologiens , tandis qu’il seroit beaucoup plus facile au premier venu de la découvrir en feuilletant votre brochure sur la confrérie. Assurément il est bien

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plus vraisemblable que si vous refusez de soumettre votre cause aux synodes , c’est que vous la jugez si évidemment mauvaise, que vos confrères mêmes ne sauroient admettre vos excuses. Et comme, pour justifier votre dernière publication, vous ne donnez pas d’autres raisons que celles dont j’ai déjà fait mention tout à l’heure, il faut conclure, en se servant de vos expressions mêmes, que vous êtes un disputeur importun, un brouillon qui ne respecte ni le rang des personnes , ni l’ autorité des assemblées ecclésiastiques. Cependant on pourroit encore passer sur toutes ces choses, s’il y avoit dans votre livre un seul mot d’où l’on put inférer que le fait des notables de Bois-le-Duc vous a paru véritablement répréhensible, ou du moins si vous faisiez valoir quelque motif honorable pour justifier ou faire excuser vos écrits précédents. Mais, malgré toute mon attention, je n’ai rien trouvé de semblable dans votre livre. Dans ce gros volume tout entier je n’ai rien vu qui contredit le fait d’une manière directe , si ce n’est à la page h’j'S et suivantes , où je rencontre cet argument unique : Ceux qui conservent et le nom de cette confrérie et la chose même , participent indirectement U l’idolâ-

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trie. Or, tel est le cas des notables. Donc, etc. Mais il n’est pas besoin de rien entendre à votre théologie pour concevoir qu’il faut ici distinguer; car si sous ce mot la chose vous comprenez la plus petite pratique contraire à votre religion, on niera que dans ce sens la chose ait été conservée, comme le prouve clairement l’article 1 i de l’acte de transaction cité par vous-même page 212, articlfe par lequel sont abrogées toutes pratiques de cette espèce. Si par ce mot la chose vous entendez seulement ce que l’on a conservé, comme il ne s’y trouve rien de contraire à votre religion , les réformés n’ont pas à craindre d’y rencontrer l’ombre même de l’idolâtrie. Et il 11e faut pas croire que la confrérie ne sera plus rien si l’on en retranche tout ce qui est contraire à votre religion ; lisez l’art. 5 de la transaction, article cité par vous, p. 210, et dites-moi si la réunion seule des habitants d’une même ville, dans l’intention de détruire toute trace de défiance causée par le mélange de populations différentes , et d’ augmenter au contraire la confiance et l’union, en rendant les relations plus fréquentes ( ce sont les termes mêmes de l’article ), ne constitue pas ce que vous appelez la chose même, c’est-à-dire la nature et l’essence d’une association pieuse et extrêmement utile. Aussi 11e pressez-vous pas beaucoup cette partie de votre argument; mais vous vous .mettez aussitôt à disputer sur le nom ,

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dispute qui remplit un grand nombre de pages et vous conduit jusqu’à la fin du volume. Vous affir- *mez que ce nom est entaché d’idolâtrie ; vous produisez à ce sujet une foule de lieux communs, et tout cela pour arriver à cette conclusion, qu’on ne peut le conserver sans conserver en même temps une ombre d’idolâtrie. Une ombre! voilà donc où aboutit cette dispute si animée! Il est évident que votre seul prétexte pour attaquer cette confrérie c’est qu’elle a pris le nom de la Vierge mère du Sauveur, au lieu d’emprunter, comme vos livres , ceuxdeThersite ou de ïertullus. Je dis prétexte : je ne dirai pas motif ou raison , car vous savez qu’il y a dans ce pays nombre de temples auxquels on donne encore habituellement le nom des saints qu’on leur avoit autrefois imposé; que , dans votre ville même, il y a un collège de chanoines qui porte le nom de Notre-Dame. Vous ne vous croyez pas vous-même entaché d’idolâtrie pour avoir emprunté votre prénom à saint Gisbert, et cela conformément à l’usage de l’Église romaine, dans le baptême, qui renferme un pacte religieux tout-à-fait personnel. Il est donc évident que vous n’aviez pas une seule raison valide pour improttver’la conduite des notables de Bois-le-Duc. Vous avez eu pourtant un motif pour l’improuver : c’est qu’elle avoit été approuvée par d’autres. En effet, il est notoire que votre caractère vous porte à saisir avec joie toutes les occa-

sions de contredire l'opinion d'autrui: Et nous voyons dans votre livre, page 4*18, que si l’on en croit certains bruits, vous-taème, il y a quelques années , étant à Bois-le-Duc , vous avez proposé en pleine assemblée de faire entrer les' réformés dans cette confrérie. Je sais que vous vous en défefidéz avec force ; mais puisque d’autres l’affirment , n’estîl pas plus raisonnable de préférer le témoignage de plusieurs, le témoignage de gens qui n’ont pas d’intérêt à mentir , à celui d’un seul homme , de vous qui êtes partie intéressée?

Maïs examinons jusqu’à quel point les moyens de défense qt§e vous alléguez en faveur de vos écrits précédents sont avoués par l’honneur et conformes à la vérité. Le principal reproche que vous fait M. Desmarets c’est d’avoir désigné nommément dans * vos thèses ceux des réformés de Bois-le-Duc qui sont entrés dans la confrérie de Notre-Dame, et de les - avoir livrés au mépris public , comme entachés et accusés d’idolâtrie , comme livrés à. une cupidité sordide et aux plaisirs de la table. Nous avons vu tout à l’heure de nos propres yeux que tout cela se trouvoit bien réellement dans votre ouvrage ; cependant vous soutenez hardiment le contraire, et vous prétendez , page 9, que M. Desmarets , pour tirer cette conclusion^^ce que vous avez fût, a recours à une suite de conséquences forcées et calomnieuses. Vous âjoutçz, page 10 : Ce sont d'atroces

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calomnies \ èt il ne reste plus à M . Desinare ts que d’avouer franchement son mensonge , et d’en faire

amende honorable . Page 1 5 : Quant au reproche qu’il me fait d’avoir accusé nommément tes notables, comme si j’étois payé pour attaquer leur réputation , il suffirait de me taire, et d’en appeler à l’analyse de mes thèses. Où ai-je dit un seul mot de tout cela ( de ce que vous reproche M. Desmarets)? Nulle part.

Dirons-nous donc que notre adversaire a été pris en flagrant mensonge , ou , pour mieux aire , dans une calomnie manifeste , construite déploràblement sur un appareil de conséquences anti-lhcologiques aussi semblables au jésuitisme , à l’ubiquilicisme , et au remonstranlisme , que le lait ressemble au lait , et par suite d’une syncope ou ellipse de jugement et de savoir?

Vous affirmez encore que vos livres ne renferment aucune accusation personnelle , mais que vous décidez toujours d'une manière abstraite et générale que telle chose est illicite. Vous vous exprimez en ces termes: Je réponds f en un mot que cela tdest que calomnie toute pure , et j’en appelle à l’analyse des thèses ; et vous répétez la même chose en mille endroits différents. Mais dites-moi , je vous prie, mon cher monsieur Voet, n’est-ce pas là ou jamais qu’on peut appliquer les mots d’effronté et d’impudent menteur? On se feroit bafouer honteusement si l’on traitait un homme de menteur pour avoir

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avancé un fait faux, mais qu’il croyoit ou qu’il pouvoit croire vrai ; car toute parole fausse n’est pas un mensonge. Tout homme qui parle sans intention de tromper ne peut être accusé que d’erreur ou d’ignorance. Mais quand on traite un homme de menteur, sans pouvoir produire un seul mot de lui qui soit désavoué par sa conscience ou démenti par les faits, et c’est ce qui vous arrive fort

souvent avec M. Desmarets et avec moi, on n’est

plus qu’un vil calomniateur sur qui retombe toiff la honte. Si au contraire on démontre clairement qu’un homme a dit non seulement une fausseté, mais ce qu’il savoit parfaitement être une fausseté, on doit dire, pour parler avec franchise et liberté, comme.il convient à un honnête homme , que c’est un menteur; et si on l’a pris souvent sur le fait, un insigne menteur, et même, comme le mensonge est ce qu’il y a de plus honteux, de plus avilissant aux yeux d’un honnête homme, quiconque s’est rendu coupable de mensonges grossiers et réitérés doit être regardé comme le plus débouté de tous les hommes. Or, non seulement il est faux que vous n’ayez rien dit contre les notables de Bois-le-Duc, comme vous le prétendez dans cet ouvrage, mais il est clair comme le jour que vous saviez parfaitement combien cela étoit faux ; car vous n’avez pu oublier les expressions qu’on lit dans vos thèses : 1VJ. Desmarets vous les a suffi -

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samment remis èn‘ mémoire, quelquefois même vous les répétez dafls votre livre. Il y a plus, page 5o6 , vous les mettez ridiculement dans la bouche des catholiques , et par- conséquent , lorsque vous niez ensuite qdevous les ayez écrites, il faut avouer absolument que vous êtes un menteur, et comme il vous arrive Souvent de mentir de la même mamere, un insigne menteur, et enfin un impudent menteur, puisqu’il est impossible de mentir pjus qflidemment; car vous en appelez à vos thèses, qürsont imprimées , que beaucoup de personnes ont entre les mains, et qui prouvent jusqu’à 1 évidence que feus êtes un menteur. Mais vous faites encore mieux : non content d’en appeler à la lecture de vos thèses, quand vous savez à n’en pas douter qu’elles prononcent contre vous, vous avez l’insolence de traiter M. Desmarets comme un calomniateur pris sur le fait, lui qui n’a dit sur votre compte rien qyj ne fût évidemment vrai , et vous lui appliquez faussement des épithètesjqu’on voqs appliqueroit avec plus de justice. Cet inconcevable excès d’audace n’est-il pas une preuve sans répliqué que yous êtes endurci dans le mensonge et |a calomnie? Vous avouez, page 9 , et ëncoré pages 54fe$^i èt-]ajlleurs, que vous avez nommé Bois- If53uc? mais^vous dites, page 340 , que ce nom ne se t relive ni dans le titre ni dans l' expression et la détermination du problème , mais seulement dans la ré-

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ponse à l’ avant-dernière exception , pareequit s’est rencontré là sous votre plume sans que vous l’ayez cherché... Ce nom s’est-il donc glissé malgré vous dans vos thèses? Mais que diriez-vous, s’il arrivoit qu’ignorant cette circonstance, quelqu’un s’imagina^ que vous aveg à dessein réservé' pour la fin le nom de là ville, afin qu’après avoir éveillé la curiosité du lecteur, le désir qu’il a de savoir qui vous désignez lui fît mieux remarquer le nom de Boisle-Duc quand vous venez enfin à le citer, et reconnoître individuellement chaque personnage? Peutêtre seroit-ce un crirfte de penser que vous,' la franchise même, vous , l’ami de la vraie religion, de la piété, de la paix de l’Eglise, vous ayez voulu employer cet art perfide des" calomniateurs ? Un autre des principaux reproches de M. Desma-

rets^ c’est que selon les loiâ de la charité et le

précepte exprès de Notre Seigneur (Manh. , xvm, 1 5 , 16), un avertissement particulier doit précéder la cehsure publique, surtout à l’égard de personnes recommandables rpii auroient volontiers prêté l’oreille à des avis donnés en particulier. A cela vous répondez, page 19, que vous ne connaissiez en aucune manière&ift. qui avoient besoin de ces avis ; et c’est encore un mensongeévident, comme ou peut s’en convaincre en lisant , page 4,1 3 de ïa lettre du ministré, l’avertissement suivant : Qu'il s’agissoit de membres recommandables de votre église , apporte-

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nant presque tous à l’ordre sénatorial. C’étoit les désigner assez clairement pour que vous pussiez leur écrire si vous en aviez eu l’intention, attendre d’eux assez de déférence à vos conseils , puisque c’étoient

des membres recommandables de votre église , et en-

fin ne pas vous arroger le droit de les condamner puisqu’ils appartenoient à l’prdre des sénateurs. Mais sans doute vous ne voulez pas vous laisser enchaîner par ces règles de charité que dans le même passage, pages 19 et 20 , vous nommez des règles doucereuses. Fous n’osiez t dites-vous encore, prendre celte libefté envers des citoyens d’une république étrangère. Quoi! vous n’osez les avertir en ami et à l’oreille! mais vous avez bien osé lesjaj^aquer publiquement. Qui pourra vous écouter sans rire? Ainsi vous n’avez aucune excuse à (Jo nne fj à moins d’abjurer tout sentiment de pudeur et de charité, car toutes vos .réponses sont absolument de la même force.

Mais , bien loin de donner aucune excuse honnête , vous rejetez celle que votis offroit M. Desmarets, en disant que sans doute vous étiez mal informé. Non, vous ne voulez pas reéonnoître que vous puissiez en rien vous tromper. Vous aimez mieux confondre ce qui se rapporte spécialement à la confrérie de Bois-le-Duc, avec cette question générale , Est-il permis d’instituer parmi les réformés des confréries de Notre-Dame ? Et cela ,

non seulement pour montrer que M. jDesmarets diffère avec vous d’opinion sur la thèse même, ce dont il s’étoit défendu par égard pour vous, mais surtout pour profiter, dans l’examen des faits particuliers , de cette liberté d’opinion que l’usage accorde pour les questions générales. Vous trouvez encore à cette marche un autre avantage.

Dans cette même thèse où vous désignez certaines personnes, vous attaquez en même temps tous les vices qui vous semblent pouvoir s’accorder avec ce qu’elles ont fait; ainsi le lecteur est con-» duit à leur attribuer ces vices, et vous, avec cette franchise et cette candeur qui vous caractérisent , vous pourrez dire que vous n’aVez jamais appris ni pensé d’eux rien de semblable ; que vous avez seulement, avec cette liberté qu’autorisent vos usages académiques, suivi dans toutes ses circonstances le développement d’une question générale. Ainsi, par exemple, à latin de vos thèses, vous nommez Bois-le-Duc, et vous dites que dans cette ville il existe une confrérie de Notre-Dame dans laquelle sont entrés des réformés et dans le courant du même discours , vous aviez écrit un peu plus haut : S’il falloit participer à quelque cotisation, s’il ny avoit que des frais à supporter, si cette association namenoit pas à sa suite des repas somptueux , de bons revenus, des occasions fréquentes de participer à quelques profils, ils savent que ce

nom seul de Notre-Dame, sans -parler des règles et des statuts de la confrérie ou du rosaire , eût empêché ies réformés d’entrer dans cette association. Et ailleurs vous les traitez de gens stupides et d’imbéciles. Il n’est aucun lecteur qui n’applique toutes ces imputations aux habitants de Bois-le-Duc ; et cependant vous, homme de bonne foi, vous n’y songiez pas le moins .du monde: mais traitant d’une manière abstraite et indéfinie, avec tous ses antécédents, ses conséquents et ses circonstances, la question générale suivante , Est-il permis aux réformés, etc., vous n’avez pu omettre un cas qui vous sembloit pouvoir se présenter dans une ville ou dans l’autre. S’il a plu à M. Desmarets d’appliquer ce passage à ces notables , c’est sa faute et non pas la vôtre; il agit mal envers eux et envers vous, comme on peut le voir page 1 84 et ailleurs. Encore si vous ajoutiez qu’ils sont à l’abri d’un pareil soupçon , puisque ces mêmes notables étant au nombre de 56 , comme je l’apprends dans votre livre, pagô 2 i 5 ,-et les revenus de cette confrérie se montant à 5,ooo florins environ , comme je le vois page 4 12 * cette somme, quand même ils la partageroient entre eux, ne donneroit pas à chacun d’eux une part assez considérable pour éveiller la cupidité chez des personnes de leur rang; mais elle est en entier distribuée aux pauvres : vous nous l’apprenez, page 229 . Il faut donc, pour les

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autres dépenses, qu’ils participent à des cotisations. Et quant à leurs repas de corps , auxquels je vois , page 98 de votre livre , que président la décence et la sobriété , comme ils y étoient toujours invités précédemment, c’est encore*vous qui nous l’apprenez, ils ne pouvoient désirer d’y être admis. Si vous y ajoutiez, dis- je, ces observations, qui sont parfaitement vraies, et vous 11e pouvez l’ignorer, puisque je les ai puisées. dans votre livre, vous auriez au moins une excuse à donner ; mais au contraire , quand vous nieç. en avoir dit aucun mal , c’est de manière à faire croire que tout ce qu’on , vous reproche d’avoir dit est vrai. Bien plus, vous voulez donner à croire que Dieu vous a révélé toutes ces choses comme à un prophète; c’est ce qui résulte évidemment de ces paroles très remarquables que je trouve page 55o et 53 1 : 11 se peut qu’ ignorant tout ce qui s'est passé dans celte ville , quand j’en suis venu à presser pelle plaie , selon ma coutume et ma méthode ordinaire, à mettre le fait en lumière, à le peindre avec ses véritables couleurs, j’aie paru en bien des endroits raconter une histoire et former une hypothèse : mes amis et tous ceux qui ont avec moi des relations habituelles peuvent attester que cela m’est plus d’une fois arrivé dans mes discours publics. S’ensuit-il qu’il fallût s’en rapporter à des soupçons téméraires, à des conjectures , au point de faire peser sur un innocent de cruelles imputations?

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N’éloit-ce pas plutôt le rôle du défenseur de faire admirer en cette occasion à ces généreux notables les voies merveilleuses de la providence, et de leur faire entendre ces paroles de l’apôtre ( I Cor., i’4, 24 » 2 5) : Il est signalé épar tous et jugé par tous ; et ainsi ce qui est caché au fond de son cœur parotl au grand jour ; et ainsi, tombant la face contre terre, il adorera Dieu, annonçant que Dieu est véritablement en vous? Ainsi c’est l’esprit saint qui vous a dicté jusqu’au nom de là ville où se trouve

avoir eu lieu ce que vous attaquez dans vos thèses;

, ainsi vous prophétisiez , car voici ce que dit l’apôtre saint Paul dans le passage que vous avez cité : Que tous prophétisent , et qu’un infidèle ou un insensé se présente , il est signalé par tous, etc. ; ainsi voilà M. Voet au rang des prophètes. Il est bon de remarquer en passant qu’il vous arrive souvent dans vos discours publics de décrire des faits particuliers, au point qu’on les attribue à tel ou tel, et qu’on prend vos paroles pour un récit. C’est ouvrir un champ bien libre et bien vaste à vos calomnies, et je m'étonnerois bien si l’autorité supérieure ne finit par y mettre ordre.

Mais bien qu’un prédicateur, de qui surtout on a droit d’attendre la vérité, se dégrade par le mensonge; qu’un homme qui fajt profession de piété et de charité chrétienne se couvre de honte quand jl ose,< sous prétexte de censurer le vice, médire

de son prochain et satisfaire des ressentiments secrets, je trouve encore quelque chose de plus révoltant dans votre conduite, c’est qu’après avoir soutenu que vous n’avez pas écrit ce que vous avez réellement écrit, que vous vous êtes borné à signaler certains vices d’une manière générale, quand vous les avez attribués à des personnages connus , vous allez encore plus loin , et vous osez prétendre , page 1 3 , page 54a et ailleurs , que vous avez eu tout droit de désigner par leurs noms et les notables et Bois-le-Duc : il est vrai que vous ne donnez pas une seule. raison pour le prouver, cela vous seroit impossible; vous vous contentez * d'exemples ou peu concluants ou peu honorables, et ‘avec cette manière de raisonner il n’est pas un crime qui ne soit permis. Mais ce qui est le comble du ridicule, c’est que, page 35o, vous vous autorisez de votre propre exemple, comme si, pour avoir mal fait impunément, il vous étoit toujours permis de mal faire. Cependant, vous allez plus loin encore, et, quoiqu’il y ait bien de la différence entre un accusateur et un juge , il ne vous suffit pas de pouvoir nommer ceux qu’il vous plaît d’accuser publiquement, vous prétendez encore publier des décisions, des jugements sur leur compte, et, par une insolence qui passe toutes les bornes, vous voulez que ces jugements suprêmes, émanés de vous seul , aient autant d’autorité que s’ils

étoient rendus par une faculté de théologie, un concile, et peut-être, en suivant rigoureusement les conséquences, par le Saint-Esprit lui-même. En effet, page 5/p, pour prouver qu’il vous étoit permis de nommer Bois-le-Duc , vous citez l’exemple de je ne sais quelle décision de messieurs les docteurs en théologie de Leydt , dans laquelle les ignorants mêmes et les bonnes femmes reconnotlroient qu’on désigne non pas d’une manière indéterminée , mais expressément, les honorables magistrats et tout le sénat de je ne sais quelle ville. Du moins, c’est vous qui le dites; car, pour moi , je ne sais rien ni ne veux rien savoir de toute cette histoire. Ensuite,

page 544» vous vous faites cette objection : mais les professeurs de Leyde ont rendu une décision commune au nom de la faculté de théologie , tandis que vous ne prenez, vous, qu une résolution personnelle et privée. Pour répondre à cette objection , page 345, 1 0 vous citez les noms de quelques particuliers qui, dites-vous, en ont agi de même; a 0 c’est, ditesvous, montrer trop de curiosité pour les affaires d’un état étranger, étrange curiosité sans doute que d’examiner si les conclusions que vous avez prises dans vos thèses, conclusions qui sans doute intéressent foçt la chose publique , et font partie de ses secrets les plus importants, doivent avoir autant d’autorité que si elles étoient données au nom de toute la faculté de théologie de votre province.

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Or, vohci comment vous prouvez au même endroit qu’elles ont autant de valeur : Quits sachent , s’il leur plaît, dites-vous, que les professeurs cle notre faculté sont tous animés d’un même esprit dans leur doctrine, dans leurs études et l’exercice de leurs fonctions , que les réponses et les thèses de chacun d’eux sont regardées comme reoêtues de l’ approbation générale , soit que leur publication ail etc précédée d’un

examen et d’une décision , soit que le défaut de temps ou quelque autre motif ait empêché de suivre cette marche. Excellent argument sans doute , et Lien digne de vous : vous êtes dans votre faculté de théologie trois professeurs, les deux autres ont peut-être de l’aversion pour les querelles, et ils ont grandement raison à mon avis; or, ils savent combien vous êtes amer, mordant, toujours prêt à lancer de gros volumes d’injures contre quiconque vous fait éprouver la moindre contradiction; et, s’ils, l’avoient ignoré jusqu’à ce jour, l’exemple de monsieur Desmarèts leur eût aisément appris que vous n’épargnez pas plus que les autres les théologiens réformés , même quand yous leur devez de la reconnoissance. Car,j’oserois l’affirmer, je n’ai pas vu que monsieur Desmarèts ait flatté personne dans son livre, excepté vous. Cela n’empêche pas qu’en cent passages différents vous ne l’appeliez injurieusement le flatteur de ses notables. Faut-il donc s’étonner s’ils n’osent pas vous résister en face, et

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vous laissent ainsi maître absolu clans votre faculté. Or à vous trois vous composez la faculté de théologie et à ce titre l’église de votre province, si toutefois ce droit est reconnu par les prédicateurs et les autres réformés, ce que j’ignore. Mais quand ils le nieroient , vous le prouveriez aisément par l’Écriture sainte : car il est écrit que lorsque deux ou trois sont réunis au nom du Seigneur , le Seigneur lui -même, ou du moins le Saint-Esprit, est au milieu d’eux. Ainsi , puisque seul vous avez le pouvoir de trois, que ces trois composent toute votre église, et qu’au milieu de l’église habite le Saint-Esprit, vous possédez le Saint-Esprit à vous seul si vos confrères en conviennent; je ne m’y oppose pas , je veux bien même que votre autorité soit plus grande que celle de tous les autres réunis, puisque, comme vous dites, vous n’avez rien à démêler avec les synodes. Il ne m’appartient point de me mêler de ce qui touche à votre religion mais il est dans la sphère de mes droits, peutêtre même de mes devoirs , de ne point taire ici ce qui ne sera pas, je crois, sans utilité pour le maintien de la paix et de la concorde dans ce pays.

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