A LA REINE DE SUÈDE
' - (Lettre 3g du tome I.)
Madame,
S’il arrivoit qu’une lettre me fut envoyée du
:iel , et que je la visse descendre deé nues, je ne îerois pas davantage surpris, et ne la pourrois recevoir avec plus de respect et de vénération que ; » ■*
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j ai reçu celle qu il a plu à votre majesté de m’écrire. Mais je me reconnois si peu digne des remerciements qu’elle contient , que je ne les puis accepter que comme une faveur et une grâce, dont je demeure tellement redevable, que je ne m’en satrrois jamais dégager. L’honneur que j’avois ci-devant reçu d’ètre interrogé de la part de votre majesté par M. CHanut, touchant le> souverain bien, ne m’avoit que trop payé delà réponse que j’avois faite; et depuis ayant appris par lui que cette réponse avoit été favorablement reçue, cela m’avoit si lort obligé, que je ne pouvois pas espérer ni souhaiter rien de plus pour si peu de chose, particulièrement d’une princesse que Dieu a mise en si haut lieu, qui est environnée de tant d’affaires très importantes, dont elle prend elle-même les soins, et de qui les moindres actions peuvent tant, pour le bien général de toute la terre, que tous ceux qui aiment la vertu se doivent estimer très heureux lorsqu’ils peuvent avoir occasion dq lui rendre quelque service. Et pourceque je fais particulièrement profession d’être de ce nombre, j’ose ici protester à votre majesté quelle. ue me sauroit rien commander de si difficile, que je ne sois toujours prêt de faire tout mon possible pour l’exécuter* et que si j’étois né Suédois ou Finlandois, je ne pourrois ..être avec plus de zèle, ni plus parfaitement que je suis, etc.
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