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•( Lettre n6du tome III.) *.' „ ~
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Monsiei;r,’ • '.' ' . ,
Je n’ai pas voulu manquer de vous envoyer les deux livres que je vous uvois promis , savoir , Diogenes Laertius de vilis pliilosophorum, et Gregorius a /S. Vincenlio de quadratura circuli, et sectionum coni. Touchant ce dernier , je désire ' fort de savoir votre sentiment, d’autant que le feu père Mèrsenne, dans un livre qu’il a naguère rois en lumière, qui sert de second tome au livre intitulé Cogitatq physico - maihetnatica , parle fort sobrement en faveur de cet auteur , ne le nommant pas une seule fois, encore qu’il parle assez apertement- et amplement de son 'livre. La plus grande louange qu’il lui donne est qu’il ait composé un grand livre, et qu’il a cherché 'celte quadrature par des chemins fort longs et qui déjà sont' Connus. Ce que je prends pour le jugement * de iVI. de Roberval , leqtiel je sais s être employé
à l’examiner. Mais parceque Vincentius lui-mèmc déclare que la chose principale dont il s’est servi pour en venir à bout est per proporlionalilates , dont il a fait un traité, et qu’il traite aussi de ductu plani in platium , qui sans doute sont des choses nouvelles et qui méritent de la louange, dont pourtant le père Mersenne ne dit mot , je doute fort que ce sentiment soit assez équitable. Si vous voulez lire ce que le révérend père Mersenne en a écrit , je vous enverrai son livre , lequel je puis facilement obtenir ici d’un de mes amis, qui m’a appris ce que je vous en viens d’écrire. Au reste j’ai écrit à M. Zuitlichem le jeune que les vers qu’il avoit composés pour mettre sous votre effigie ne sont pas encore gravés. Vous les verrez dans cette feuille ci-jointe, où j’ai ajouté ceux que M. Bartholinus a composés sur le même sujet , et je l’ai fait en faveur de ceux qui in tui laudem se profitenlur poetas vel piclores etc. Sed his omissis , il faut que je vous propose une petite difficulté qui m’est survenue en voulant résoudre une équation de quatre dimensions , dont la racine est cubique en deux autres, selon la règle de la page 585, à savoir, de diviser 12 par 5 — y/e 5 — y/e 2 , ce que je ne puis autrement faire
qu’en mettant * mais jR ne me satisfais
pas ainsi. De plus je serois bien aise que vous voulussiez prendre la peine d’examiner si ces deux
5ifr '
questions paradoxes sont bien résolues. Persoru c duos A et B , socielatem ineuntes , lucrali sunt 12 nureos, quorum A expendit nureos 5 ; B autcm reliquatùr aureos 2, lioc est habit — 2 aureos. Quœritur quantuijt cuilibet ex hac summa debealur ? Respondetur. Sotvendos esse a B ipsi A 8 aureos, quamcis lucrum esse manifestum mt. Aliud exanplum de damno. Personœ duæ A et B jacturnm fàciunt 12 aureo- ~ rum . hoc est, luibent — 12 aureos. Cum igitur A contrifnicrit 5 aureos', et B — 2 aureos: manifestum fit , ipsi A ex natura quccslionis deberi — 20 aureos, et ipsi B -j- 8 aureos, hoc est, B habebit 8 aureos : etiamsi jacluratn factam esse constet. En finissant je vous remercie très humblement de l’ftfnneur que j’ai nouvellement • reçu en votre logis, vous assurant qu’il n’y a chose au monde que je désire avec plus de passion que de pouvoir être capable de vous rendre quelque service , et dont je fasse plus d’état que d’avoir acquis la gloire tïe votre connoissànce , laquelle je tâcherai de me conserver, en vous assurant que je
suis , etc. » . . # m
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(Lettre 1*7 du touie III.)
v Monsieur, * - ...
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Je vous remercie des livres et de tous les autres biens quil vous a plu m envoyer'; je n’avois jamais ‘ été si bien fourni de plumes que je suis, maintenant, et pourvu que je ne les perde point, j’en^i plus qu’il ne m'en faut pour 'écrire cent ans liti-
rant. Cela nie donnera sujet de penser à vous toutes les fois que j’aurai la plume en main , et il m’a été beaucoup plus aisé de faire la division de ta par 5 — \/e 3 — [/e 2 que vous m’avez demaudée , qu’il né m’eût 'été si je n’eusse point eu de si bonnes plumes; car le calcul &n est pins long que l’invention n’en est difficile. Il vient poulie. quotietat - ...... -v . ’
t'-frff y'eG f |4t -7ye 1 8 f Ve 1 a + ffff t/ç56. Comme Vous pourrez aisément vérifier en multipliant ces neuf termes pjr 3 — \/e 5 — l/e 2; car le produit sera 12.4
LETTRES. 3l n
Les deux, questions quë vous nommez para» • doxes sont bien résolues, et encore qu’il ne soit ‘ pa$ ordinaire qu’un homme qui a quelque bien se mette en compagnie avec un autre qui a moins que rien, il peut toutefois arriver des cas auxquels cela se pratique. Par exemple, deux marchands d’Amsterdam ont chacun leur commis en Alep , et pourcequ’ils^ ne se fient pas trop en ces deux commis et qu’ils savent qu’ils sont ennemis l’un de l’autre, ils leur écrivent que du jour qu’ils auront re£u leurs lettres ils se rendent compte
l’un à l’autre de tout ce qu’ils ont entre leurs
mains du bien de leur maître, et que s’il se **
trouve que l’un d’eux doive plus qu’il n’a, que
cela soit payé de l’argent de l’autre , et que le
surplus soit mis en commun pour être employé
en marchandise , sans que l’un des commis puisse • ,
rien vendre ni acheter sans le su de l’autre, et
ils s accordent entre eux qu ils partageront ensenr-
ble le gain ou la perte, 3 raison de, l’argent quçs 4
leurs commis. auront eu entre leurs mains lors- ' ’
, v * V et • * 't .
qu’ils recevront leurs lettres. Ensuite de quoi, s’il arrive qu’un de ces commis ait cinq mille livres, et que l’autre doive deux mille livres, ayant payé -' ces deux mille livres de l’argent du premier, il restera trois mille livres qu’ils, emploieront en marchandise, et si lie ces trois mille livras jlâ gagnent* ; '■ douze mille livres , c’est fe quadruple de leur
argent.' C’est pourquoi celui qui avoit au com- «* mencement cinq mille livres en doit gagner vingt mille , et par conséquent l’autre qui éloit reliquataire de deux mille livres en doit perdre huit mille. Au contraire, s’il y a douze mille livres de perte, celui qui avoit cinq mille livres en doit perdre vingt mille, et l’autre par conséquent en gagner huit mille, pourcequ’ayant, payé ses deux mille " livres de l’argent du premier , il l’a empêché de les employer en la marchandise où il y avoit le quadruple à perdre. Pour le portrait en tailledouce vous m’obligez plus que je ne mérite d’avoir pris la peine de le graver, et je le trouve fort bien fait, mais la barbe et les habits ne ressemblent aucunement. Les vers sont aussi fort bons
* et fort obligeants; mais puisqu’ils ne satisfont pas assez leur auteur, j’approuve extrêmement le dessein que vous m’avez dit que vous aviez de ne vous point servir du tout de ce portrait , et. de ne le point mettre au-devant de votre livre. Mais en cas que vous l’y voulussiez mettre, je vous prierois d’en ôter, ces mots , Perronii toparcha , jiatus die ulfitno martis i5q6. Les premiers , pource* que j’ai aversion pour toutes sortes de titres; et
* jes derniers, pource que j’ai aussi de l’aversion pour les faiseurs d’horoscope , à l’erreur desquels on semble contribuer quand on publie le jour de la naissance de quelqu’un. Je ne vous renvoie pas
LÉTTHES. 5ig
encor*' vos livres, pourceque je n’ai pas eu le temps de les lire ; mais j’en ai assez vu pour remarquer un paralogisme dans la quadrature du cercle prétendue , et je n’ai encore rien rencontré daus tout ce gros livre , sinon des propositions si simples et si faciles , que l’auteur me semble avoir mérité plus de blâme d’avoij: employé son temps à les écrire que de gloire de les avoir inventées. Pour trouver son paralogisme, j’ai commencé par la ii 34* page , où il dite Nota autem est proporlio segmenti LMNK, ad segmentum ÊGIIF. Ce qui est faux : et pour en chercher la preuve, j’ai examiné les propositions qui précèdent jusqu’à la trente-neuvièmexlu meme livre, page, 1 1 21, où j’ai vu que sa faute consiste en ce qu’il veut appliquer à plusieurs quantités conjointes ce qu’il a prouvé en la proposition trente-septième des mêmes quantités étant divisées , où sa conséquence est très fausse ; car 1 ayant, par exemple, les quantités 2 , 4, 8, etc., bien qu’il soit vrai que 8 est à' 32 en raison doublée de 4 â 8 , et 1 8 à 5o , aussi en raison doublée de 6 à 10, ce 11’est pas à dire que 8f 18, c’est-à-dire 26, soit à 32-{-5o, c’est-à-dire 82 , en raison doublée de celle qui est entre 4rJ*6 , c’est-à-dire 10, et 8-j- 10, c’est-à-dire 18. Tout cê qu’il décrit de proportionalitatibus et de duclitnis 11e me semble aussi d’aucun usage, et ne lui a
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servi que pour s’embrouiller, et se tromper soi-
même plus aisément. Je suis, etfc.
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^ A M. CHANUT
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; Monsieur,
La dernière que vous avez pris Ja peine de m’adresser à Paris n’est point parveifue jusques à moi ,
■ - M. Chanut ayant envie cjnc M. Descartes allât en Suède , le sollicita d’y aller, par des lettres qu’il adressa à M. Picot à Paris, croyant que M. Descartes yétoit encore. M. Picot envoya ces lettres à M. Descartes, qni les reçut vers la mi-février, puisque, dans nue lettre adressée à Picot, du ai février 1649, il le remercie de lui avoir envoSré des lettres. Cependant M. Chanut ayant appris par M. Clerselier que M. Desco te» étoit de retour en Hollande, lui récrivit de secondes lettres , datées du a y fév rier. M. Descartes, qui avoit négligé ’de répondre aux premières lettres suédoises que Picot lui avpit renvoyées. de Paris, ayant reçu, .sur la fin de mars , ces secondes lettres qni loi étoieut adressées par la voie d’Alctnaer , répondit promptenient à M. Chauut, et ne témoigna pas, dans sa réponse, avoir reçu ces secondes ; cependant il les avoit reçues quand il répondit A Clianut le 3 f mars ; car dans la 44e lettre du t*1 volume , adressée à la princesse Palatine , et écrite le icr avril 1649 , M. Descartes dit à cette princesse qn’il lui avoit écrit il y avoit un mois , qu’il avoit reçu des lettres de Sacdc (et cela vouloit dire les premières, qui av oient été le chercher A Paris), et qn’il en avôit reçu depuis peu de secondes , comme de la part de la reine de Suède, auxquelles il avoit fait la réponse qui est eufermée dans les 4a et 43e lettres du a’’1 volume. Tout cela me persuade que les 4a et
mais je viens d’en recevoir la copie par le soin de M. Brasset, et je tiens à une très insigne faveur d’apprendre par elle qu’il plaît à la reine de Suède que j’aie l’honneur de lui aller faire la révérence. J’ai tant de vénération pour les hautes et rares qualités de cette prinéesse, que les moindres de ses volontés sont des commandements très absolus à mon regard : c’est pourquoi je ne mets point ce voyage en délibération, je me résous seulement ^ obéir. Mais pourceque vous ne me prescrivez aucun temps , et que , vous ne le proposez que comme une promenade dont je pourrois être de retour dans cet été, j’ai pensé' qu’il seroit malaisé que je puisse donner grande satisfaction à sa ma-* jesté en si peu de temps, et qu'elle aura peutêtre plus agréable que je prenne mes mesures plus
43e (le ce volume, qui ont etc envoyées à M. Chanut , sont Lien datées du 3( mars 164g; premiéremeut , elles sont ainsi datées dans l'imprimé; et dans le catalogue des lettres reçues par M. Chanut il est marqué deux lettres de M. Descartes, reçues le 3t mars 1649. Ainsi , ces deux lettres sont du 3i mars 164g. — .«La 4a” du tcr volume, page t-35, est de
M. Descartes à M. Chanut ; il répond dans cette lettre à uue que M. Chanut lui avoit écrite à Paris, l’y croyant encore , et que M. Descartes ne reçut que vers la mi-février, parlt^soin de M. Picdt, qui lui en avoit en- 4 voyé la copie. Cette lettre et la suivante étoient datées d’Kgmond, du 3i mars i(>48. Cependant il y a grande apparence que toute, celte date est fautive, et je inê persuade que celle lettre et la suivante 43e sont écrites en même temps, le i3 mars 1649. Il est toujours constant que cette lettre de M. Descartes et la suivante J qui n’en font qu’une, sont du mois de mars 1649..» ; M #
longues , et fasse mon compte de passer l’hiver à Stockholm. De quoi je tirerai un avantage que j’avoue être considérable à un homme qui n’est plus jeune, et qu’une retraite de vingtans a entièrement désaccoutumé de la fatigue; c’est qu’il ne sera point nécessaire que je me mette en chemin au commencement du printemps, ni à la fin de l’automne , et que je pourrai prendre la saison la plus sûre et la plus commode , qui sera je crois, vers le milieu de l’été , outre que j’espère avoir cependant le loisir de mettre ordre à quelques affaires qui m’importent. Ainsi je me propose d’attendre l'honneur de recevoir encore une fois de vos lettres avant que je parte d’ici, et je ne manquerai pas d’obéir très exactement à tout ce qui me sera commandé de la part de sa majesté, ou bien à ce qu’il vous plaira.me faire savoir lui être agréable; car je ne sais s’il est à propos quelle sache que J a> demandé ce délai, et je n’oserois prendre la liberté de lui écrire, pourceque le respect et le zèle que j’ai me font juger que mon devoir seroit de rendre au lieu où elle est, avant que les courriers y pussent porter des lettres ; mais je me fie en votre amitié et en votre adresse pour ménager mes excuses. Au reste, je ne sais en quels termes je vous puis remercier de toutes les offres qu’il vous plaît me faire, jusques à me vouloir même l°gel chez voi\s. Je n’ose les accepter ni les refuser. Jp
vous puis seulement assurer que je ferai tout mon possible pour n’en user qu’en telle, sorte que ni vous ni aucun des vôtres n’en serez incommodés, et que je serai toute ma vie, etc. - •
A iVi. C HA NUT.
^Lettre 4^ du tome I. ^
Mojtsif.ür,
Je vous donnerai, s’il vous plaît, la peine' tle I ire -cette fois deux de mes lettres, car jugeant que • vous en voudrez pcut:être faire voir une à la reine de Suède, j’ài péserve pour celle-ci ce que je ponsois n’ètre pas besoin quelle vit, à savoir que j’ai beaucoup plus de difficulté à me résoudre à ce voyage que je ne me serois înoi-iqème imaginé. Ce n’est pas que je n’aie un très grand désir de rendre servicp à cette princesse. J’ai tant de créance à vos paroles, et vous me l’avez représentée avec des moeurs et un esprit <fue j’admire et estime si fort, qu’encore qu’elle ne-seroit point en la haute fortune où elle est, et ji’auroit qu’une naissance commune , si seulement j’osois espérer#
5a4 ^F.TTRP^
que îuon voyage lui fut utile, j en voudrois entreprendre un plus long et plus difficile que celui de Suède, pour avoir l’honneur de lui offrir tout ce que je puis contribuer pour satisfaire à son désir. Mais l’expérience mVenseigné que meme* entre les personnes de très bon esprit, èt qui ont un grand désir de savoir, il n’y en a que fort peu' qui se puissent donner le loisir d’entrer en mes pensees', en sorte que Je n’ai pas sujet de l’espérer d’une reine qui a une infinité d autres occupations. Lcx péri en ce m’a aussi enseigné que, bien que mes opinions surprennent d’abord, à cause quelles sont fort différentes des vulgaires , toutefois , après
* qu’on les a comprises* on les trouve si simples et si conformes au sens commun , qu’on cesse
• entièrement de les admirer, et par même' moyen d’en faire cas, à cause que le naturel des hommes est tel, qu’ils n’estiment que les choses qui Leur laissent de l’admiration, et qu’ils ne possèdent pas tout-à-fait. Ainsi, encore que la santé soit le plus grând de.tous ceux de nos biens qui concernent le corps f c’est toutefois celui auquel npus faisons le moins de réflexion, et que, nous goûtons
le moins. La connoissance.de la vérité est comme la santé dé lime : lorsqu’on la possède on n’y pense plus. ,Et , bien que je ne désire rien tant que de communiquer ouvertement *èt gratuitement à «pn chacun tout le peu que je pense savoir , je ne
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LETTRES. .Sa5
renœntra presque personne 'qui le daigne apprendre. Mai/ je”vois que ceux qui se vantent d’avoir des secrets, -par exemple en la chimie .ou en.l’astrologie judiciaire , ne manquent jamais, tant ignorants et impertinents qu’ils puissent être, de trouver des curieux qui achètent bien cher leurs impostures. Au reste^, il semble que la fortune est jalouse de ce que je n’ai jamais rien voulu attendre d’elle ; et que j’ai tâché de conduire ma vie en telle sorfp qu’elle n’eût Sur ‘moi aucun: pouvoir; carpelle ,ne manque jamais de me désobliger, sitôt quelle en peôt avoir quelque occasion. Je l’ai • éprouvé *en tous Ips trois voyages que j’ai faits en France, depuis que je suis retiré en ce pays; mais; particulièrement au dernier, qui m’avoit été Côm* mandé comme de fa part du roi. Et pour me convier à le faire', ou m’avoit envoyé des lettres en'parchèmin , et fort bien scellées , qui çontenoient des éloges plus grands qjie ie-ii’en mérilois, et le don d’une pension assez honnête; et deqilus, j>arv des lettres^particulières de qeux qui m’envoyoient celles, du roi, on, me promelloit bffiTrtcaùp plus que, cda, sitôt que je se roi s arrivé. Mais lorsqïm j’ai^été Ê, le/ troublés inopinément survenus ont fait' qu’au lieu de voir quelques effets de ce qu’on
rgir qùelqi
m’avoit promi|, j’ai trouvé qu’on iüVoit fait payer par l’un de mes proches les expéditions dé/lettres qu’on rn’avoit envoyées, et que je lui en devoit. ‘
5a6t LETTRES.
rendre J’argent; en sbrte qu’il semble que je n’étois allé à Paris que pour acheter un parchemin, le plus cher et le plus inutile qui ait jamais été entre mes mains. Je me soucie néanmoins fort peu de cela: je ne l’aurois attribué qu’à la fâcheuse rencontre des affaires publiques, et n’eusse pas laissé d’être satisfait si j’eusse Vu que mon voyage eût pu, servir de quelque chose à ceux qui m’avoient appelé. Mais ce qui m’a le plus dégoûté, c’est qu’aucun d’eux n’a témoigné vouloir connoître autre chose de moi que mon visage; t en sorte ' que j’ai sujet de croire qu’ils me vouloient sètilernent avoir en France comme un éléphant ou une panthère, à cause de la rareté, et non point pour ^'être utile à quelque chose. Je n’imagine rien de pareil du lieu où vous êtes ; mais les mauvais succès de tous les voyages que j’ai faits depuis vingt ans me font craindre qu’il ne me reste plus pour celui-ci que de trouver en chemin des voleurs qui me dépouillent, ou un naufrage qui m’ôte la vie. Toutefois cela ne me*retiendra pas, si vous jugez que cette incomparable reine continue dans le désir d’examiner mes opinions, et quelle éû puisse prendre le loisir; je serois ravi d’être si heureux, pue de lui pouvoir rendre f^rvice. Mais si cela n’est pas^et qu’elle ait seulement eu quelqife cu- , riosité qui lui soit maintenant passée, je. vous • supplie et vous conjure de faire en sorte que sans
Iby
. ' lett ues. . 3ay
lai déplaire je puisse être dispensé de ce voyage ; et je serai toute ma vie; etc.
D’Egmi
ond , le 3i mars 1648 *.
A MADAME ELIZABETH
PRINCESSE PALATINE, etc. -
' . ; (Lettre \ 4 du tome I.) f “f. V*
Madame, f •« « •
IL y * environ un mois que j’ai eu l’honneur
d’écrire à votre altesse , et de lui mander que j’avçis* reçu quelques lettres de'Suède; je viens d’en recevoir derechef, par lesquelles je suis convié de la part de la reine d’y faire un voyage à ce printemps, afin de pouvoir revenir avant l’hiver : mais j’ai répondu de telle sortes que bien que je ne refuse pas d’y aller, je crois néanmoins .que je ne partirai point d’ici .que vers le milieu de l'été. J’ai demandé ce délai pour plusieurs considérations., et particu-*
« 1 Datée du 3i mars 1649. Voyez L’appendice de la lettre précé-
, * * ‘ > dente. » * * f
» Pas datée, tuais la 43e étaut du 3i mars , celle-ci cal immanquablement dit 3l avril 1649. Voyez le commencement de la lettre, et son • rapport avec les deuil précédentes. »» * • J • ^
3#8 LÏMHE'S.
fièrement afin que je puisse avoir l’honneur de recevoir les commandements de votre altesse avant que de partir. J’ai déjà si publiquement déclaré le zèle et la dévotion que j’ai à votre service, qu’on auroit plus de sujet d’avoir mauvaise opinion de moi si oh remarquoit que je fusse indifférent en ce qui vous touche, que l’on n’aura si on voit que je recherche avec soin les occasions de m’acquitter de mon devoir. Ainsi je supplie très humblement votre altessè de me faite tant de faveur que de' m instruire de tout ce en quoi' elle jugera que je lui puis rendre, service, à elle ou aux siens, et de
s’assurer qu’elle a sur moi autant de pouvoir que si j avois été toute ma' vie son domestique. Je la .supplie aussi de me faire savoir ce, qu’il lui plaira, que je réponde, s’il arrive qu’on.se souvienne des lettres de votre altesse, touchant le souverain bien , dont j’avois fait mention l’an passé dans les miennes, et qu’on ait la curiosité de les voir. Je fais mon compte de passer l’hiver en ce pays-là,' et de n’en revenir que l'année prochaine ; il est à croire que la paix sera pour lors en toute l’Allemaghe, et si mes désirs sont accomplis, je prendrai au retour mon chemin par le lieu où vous serez, afin de pouvoir plus particulièrement témoigner que je suis, etc. ’ ~
A M. CH AN U T
■t (Lettre /J5 du, tome I.)
Monsieur,
fc.
La philosophie que j’étudie ne m’enseigne point à rejeter .l’usage des. passions, et j’en ai d’aussi violentes pour souhaiter le câline et la dissipatioh . des orages de France, qu’en sauroit avoir aucun de ceux qui y sont le plus engagés ; d’où vdus ju-J gerez , s’il vous plaît, combien esLgrande l’obliga- * lion que je vous, ai d’avoir pris la peine de me* faire part dés - bonnes nouvelles que vous avez eues de Saint-Germain. Ma joie auroit été parfaite, si je n’avois point lu dans lés dernières gazettes que l’archiduc s’avance «vers P?ris , et, cju’on l’a laissé passer comme ami jttsques à Soissons. C’est porter lès choses à une grande extrémité, que d’attendre du S|cours!?de ceux dont on sait que le principal
intérêt ^fest de faire que notre mal dure. Je prie
jvi . ■ . # ;• k
•* « Par deux lettres de M. Descartes à M. Picot , datées des 7 et* 14 de
mai, M. Chanut n’étoït pas encore venu ’de Suède en HollanJe. Ainsi,. il n’arriva que sur la lin de niai, et l’aVant su , ildui écrivit cette lettre^ 5, que je date du a5 aiai 1649. » ' ■ t
Dieu qute la fortune ^cle la France surmonte les efforts de tous ceux qui ontvdessein de lui nuire. Pout la promenade à laquelle on m’a fait l’honneur dé m’inviter, si elle étoit aussi courte que celle de votre logis jusques au bois de La Haye, j’y serais bientôt résolu; la longueur du chemin mérite bien qu’on prenne quelque temps pour délibérer avant que de l’entreprendre; ainsi , encore qu’il soit malaisé que je résiste à un1 commandement qui vient de si bon lieu , je ne crois pas néanmoins que jo parte d’ici de plus de trois mois. Et je vous supplie • de croire qu’en quelque lieu du monde que j’aille, , je serai toujours avec un même zèle, etc.