‹ Œuvres de DescartesChapitre 64 sur 106 · M. DR CAR G AVI · texte numérisé non relu

M. DR CAR G AVI

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(Lettre 77 <lu tome III.) •

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A La Haye, le 17 «nul tG4q.

.Je vous suis très obligé de la' peine que vous avez prisé de m’écrire le succès de l’expérience de.

M. Pascal , touchant le vif-argent , qui monte moins haut dans un tuyau qui est sur une montagne que , « dans celui qui est dans un lieu plus bas; j’avois

• quelque intérêt de la savoir , à cause que c’es^ moi qui Pavois prié, il y a deux ans , de la vouloir faire , et je l’avois assuré du succès , comme étant entièrement conforme à mes principes, sans quoi ** il. n’eût eu garde d’y penser, à cause qu’il étoiù d’opinic^i contraire. Et poureequ’il m’a ci-devant

• envoyé ufl^etit imprimé; où il décrivoit ses premières expériences touchant le vide, et promettait» de réfuter ma matière subtile, si vous le voyez , je

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serois bien aise qu’il sût que j’attends encore cette 'J'

lui être dédié. Mais pourceque ce traité est trop petit pour mériter de porter le nom d’une si grande princesse , à laquelle je pourrai offrir quelque jour un ouvrage plus important, sicette sorte d’honunage nu lui déplaît point , j’ai pensé que peut-etrc el e n’aura point désagréable que j’accorde à cet ami ce qu’il m’a demandé; et c’est ce que je vous supplie très humblement de m’apprendre, carie principal de tous mes soins est de tâcher de lui obéir et de lui plaire. Au reste , afin que vous sachiez^ comment je me gouverne avec ceux auxquels je

me donne, je vous dirai ici' que je PretentMEî? vous m’avez de l’obligation de èe que je soutire que vos offices préviendront les miens , et que je

suis , etc.

à M. CLERSELIER *

* (Lettre 1x9 du tome I.)

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Monsieur', •'

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Je ne m’étendrai poinfici à vous’ remerCiei ^ tous les soins et des précautions dont il vous a P

, „ .Aptes « résolution prise d'aller en Suède; je date doue du i5 avril «649.» .

lettres, ‘ 05 g

user afin que les lettres que j’ai eu l'honneur de recevoir du pays du Nôrd ne manquassent pas de tomber entre iqe§ mains; car je vous suis d’ailleurs si acquis , et j ai tant d autres preuves de votre ami— tié, que cela ne inest pas nouveau. Je vous dirai seulement qu il ne s’en est égaré aucune, et que je me résous au voyage auquel j’ai été convié par les dernières’; bien que j’y aie eu d’abord plus de répugnance que vous ne pourriez peut-être imaginer. Celui que j ai fait à Parisl’été passé m’avoit rebuté; et je vous puis assurer que l’estime extraordinaire que je fais de M. Chanut, et l’assurance que j’ai de son amitié, ne sont pas les moins principales raisons qui m’ont fait résoudre..

Pour le Traité des passions, je n’espère pas qu’il soit imprimé qu’après que je serai en Suède, car j’ai été négligent à le revoir, et y ajouter les choses que vous avez jugé y manquer, lesquels l’augmen- * terout d’un tiers; car if contiendra trois parties , dont la première sera des passions en général , et par occasion de la nature de lame, etc., la seconde des six passions primitives, et la troisième de toutes les autres.

Pour ce qui est des difficultés qu’il vous a plu me proposer, je réponds à la première, qu’ayant dessein de tirer une preuve de l’existence de Dieu de l’idée ou de la pensée que nous avons de lui , j’ai cru être obligé de distinguer, preniièêément, tou-

tes nos pensées en certains genres , pour remarquer lesquelles ce sont, qui peuvent tromper; et en montrant que les chimères mêmes n ont point en elles xle faussèté, prévenir l’opiuion (le ceux qui pourroient rejeter mon raisonnement, sur ce qu ils mettent l’idée qu’on a de Dieu au nombre des chimères. J’ai dû aussi distinguer entre les idées qui sont nées avec nous et celles qui viennent d’ailleurs, ou sdut faites par nous, pour prévenir l’opinion de ceux qui pourroient dire que l’idée de Dieu est faite par nous, ou acquise par ce que nous en avons ouï dire. De plus j’ai insisté sur le peu de certitude que nous avons de ce que nous persuadent toutes ^ les idées que nous pensons venir d’ailleurs, pour montrer qu’il n’y en a aucune qui fasse rien connoître de si certain que celle que nous avons de Dieu. Enfin je n’avois pu dire qu’il se présente encore une autre voie, etc., si je n’avois auparavant rejeté toutes les autres, et par ce moyen préparé les lecteurs à mieux concevoir ce que j’avois à écrire.

2. Je réponds à la seconde, qu’il me semble voir très clairement qu’il ne peut y avoir de progrès à l’infini au regard des idées qui sont en moi , h cause que je me sens fini , et qu’au lieu où j’ai écrit cela , je n’admets en moi rien dé plus que ce que je connois y être; mais quand je n’ose par après nier le progrès à l’infini , c’est au regard des œuvres de Dieu ,,

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lequel je sais être infini, et par conséquent que ce n est pas a moi à prescrire aucune fin à ses ouvrages. * 5. A ces mots substantiam , durationem , numerum, etc., j’aurois pu ajouter v eritatem, parfectionem, ordinem,.e t plusieurs autres dont le nombre * n’est pas aisé à définir; et on peut disputer de tou- „ tes, si elles doivent être distinguées ou non des premières que j’ai nommées, car veritas non distinguitur a re vera, sive substantia, nec pcrfectio a re perfecta, etc. ; c’est pourqiioi je me suis contenté # de mettre, et si quæalia sint ejusmodi.

4- Per infinilam substantiam, intclligo subslan -» tiam perfectiones veras et renies actu infinitas et immensas habentem. Quod non est accidens notioni substantiœ superaddilum , sed ipsa essentia substantiœ absoluté sumptœ, nullisque defectibus tcrminatæ, qui defeclus ratione substantiœ accidentia sunt, non autem infinitas, vel infinitudo. Et il faut remarquer que je 11e me sers jamais du mot d’infini pour signifier seulement n’avoir point de fin, ce qui est négatif, et à quoi j’ai appliqué le mot d’indéfini; mais pour « signifier une chose réelle, qui est incomparablement plus grande que toutes celles qui ont quelque fin.

5. Or, je dis que la notion que j’ai de l 'infini est en moi avant celle du fini ; pourceque de cela seul que je conçois l’être ou ce qui est, sàns penser s’il est fini ’ou infini, c’est letre infini que je conçois ; mais afin que je puisse concevoir un être fini, il faut que je

retranche quelque chose de cette notion générale de l’être, laquelle par conséquent doit précéder.

6. Est inquainliœc idca summe vcra, etc. La vérité ‘consiste en l’être , et la fausseté au non-être seulement;" en sorte que l’idée de l’infini comprenant tout L’être i comprend tout ce qu’il y a de vrai dans les choses, et ne peut avoir eu soi rien de faux, encore que d’ailleurs on veuille supposer qu’il n’est pas vrai que cet ctre infini existe.

7. Et sufficit me hoc ipsum intelligere. Nernpe sufficit me intelligere hoc ipsum quod Deus a me non comprehendalur utDcum juxta rei veritateinet qualis est intelligam , modo præterea judicem omues in eo esse perfectiones quas clare intelligo, et iusuper multo plures, quas comprehendece non possum.

8. Quantum ad parentes , utomniavera sint , etc. C’est-à-dire, encore que tout ce quenous avons coutume de croire d’eux soit peut-être vrai ; à savoir, qu’ils ont engendré nos corps , je ne puis pas toutefois imaginer qu’ils m’aient fait , en tant que je ne me considère que comme une chose qui pense, à cause que je ne vois aucun rapport entre l’action corporelle, par laquelle j’ai coutume de croire qu'ils m’ont engendré, et la production d’une substance qui pense.

Omnem fraudem a defectu pendere , tnihi est lamine nalurali manifestum ; quia ens in quo nutla est

i mperfectio non potest tendere in non ens , lioc est , pro fine et instituto suo kabere non em, sive non bonum sive non verum , hœc enim tria idem sunt. In omni aulem fraude esse falsilalem manifestum est falsitatemquc esse aliquid non verum, et ex conseqUenti non ens , et non bonum. Excusez si j’ai entrelardé cette lettre de latin ; le peu de loisir que j’ai eu l’écrivant ne nie permet pas de penser aux paroles, et j’ai seulement désir de vous assurer que je suis, etc.

A M. DE CARCAV1.

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* ^ (Lettre i5 du tome III.) • t •

Le 1 1 juin 164g.

Monsieur,,

’Jéüv. ~ * *9 * -,+BK . ,

Jë vous suis très obligé de l’offre qu’il vous a plu

me faire de l’honneur de votre correspondance, touchant ce qui concerne les bonnes lettres, et je la reçois comme une faveur que je tâcherai de mériter par tous les services que je serai capable de vous rendre.' J’avois cet avantage pendant la vie du. bon P. Mçr serine, que, bien que je ne in’enquisse jamais d’aucune chose, je ne laissois pas d’être averti

soigneusement de tout ce qui se.passoit entre les

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doctesj en sorte que s’il me faisoit quelquefois des questions, il m’en payoit fort libéralement les ré- . ponses,en me donnant avis de toutes les expériences que lui ou d’autres avoient faites, de toutes les rares inventions qu’on avoit trouvées ou cherchées, de tous les livres nouveaux qui étoient en quelque estime, et enfin de toutes les controverses qui étoient entre les savants. Je craindrois de me rendre importun si je vous demandois toutes ces choses ensemble , mais je me promets que Vous n aurez pas desagréable que je vous prie de m’apprendre le succès d’uné expérionce qu’on m’a dit ,

* que M. Pascal avoit faite ou fait faire sur les montagnes d’Auvergne, pour savoir si le vif-argent monte plus haut dans le tuyau étant au pied de la montagne, et de combien il monte plus haut qu’au dessus. J’aurois droit d’attendre cela de lui plutôt que de vous,’ pareeque c’est moi qui l’ai avisé il y a deux ans de faire cette expérience, et qui l’ai assuré que, bien que je 11e l’eusse pas faite, je ne doutois point du succès. Mais pareequil est ami de M. R***, qui but profession de netre pas le mien, et que j’ai déjà vu qu’il a tâché d’attaquer ma matière subtile dans un certain imprimé de

# deux ou trois pages, j’ai sujet de croire qu’il suit les passions de son ami , lequel nqfait aucunement paroître, pareeque vous m’avezenvoyé de sa part,

, qu’il sache la solution de la difficulté de M. de

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