‹ Œuvres de DescartesChapitre 69 sur 106 · Ô4G R ES · texte numérisé non relu

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taire plutôt réponse à la lettre que vous avez pris la peine de m’écrire du onzième du mois passé , et vous remercier de la faveur que vous me faites de me donner de vos nouvelles, et d’agréer que .* je vous écrive de temps en temps celles que je croirai vous apporter davantage de satisfaction. Si j’avois les memes habitudes et la même pratique pour les expériences que le feu bon père Mersenne, vous en recevriez le même contentement; mais je tacherai de suppléer à cela par la curiosité de ceux que je saurai qui les font avec plus de soin et de diligence. Celle que vous me demandez de M. Pascal le jeune est imprimée il y a déjà quelques mois , et a été faite fort exactement sur une haute montagne d’Auvergne, appelée le Puys-de- * Dôme; sa hauteur est d’environ cinq cents toises: on fit premièrement l’expérience au couvent des révérends pères minimes de la ville de Clermont, qui est presque le plus bas lieu de la ville. L’on prit deux tuyaux de verre, longs chacun de quatre pieds, le vif-argent qui resta à chacun d’eux, joints l’un contre l’autre, se trouva à même niveau, et il y en avoit au-dessus de la superficie du vaisseau • • çlans lequel ou les vida la hauteur de vingt-six pouces trois ligues et demie; apres cela on monta 4 au haut de la mqntagne,' qui est- tout proche dé la ville, plus haute, ainsi que j’ai dit, d’environ cinq cents toises, où l’on trouva qu’il nehestoit plus

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de vif-argent dans le tuyau que la hauteur de vingt-trois pouces deux lignes; et ainsi entre les hauteurs de vif-argent de ces deux expériences il y eut trois pouces une ligne et demie de différence, ce cpii étant réitéré diverses fois se trouva toujours de même. Et encore en descendant de la montagne l’on fit l’expérience en un lieu appelé la Fon de l’arbre, bien plus haut que les minimes, mais aussi plus bas que le sommet de la montagne, et la hauteur du vif-argent se trouva de vingt-cinq « pouces.

Voilà, monsieur, en substance ce que vous m’avez demandé, à quoi je n’ajouterai pas graud chose pour maintenant, à cause du peu de temps qu’il y a que je suis arrivé, qui ne m’a pas même • donné le loisir de lire deux petits livres qu’on m’a envoyés de Rome, et que je fais porter chez M. Picot, parcequ’il y en a un qui parle avec estime des principes que vous avez fait imprimer, mais qui ne les a pas, ce me semble, bien entendus; et M. Picot s’est chargé de m’en écrire sou avis, pour le lui faire tenir à Rome, où il y a un minime, nommé le père Magnan, plus intelligent, que le feu père Mersenue, qui m’a fait espérer quelques objections contre vos mêmes principes, ce que je souhaiterois être fait avec jugement, et qui méritât une réponse de votre main. Nous attendons bientôt votre 'traité des passions, et ce

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avec sa démonstration, ainsi que je vous en ai supplié par ma précédente.

Ledit sieur m’a encore dit, sur ce que vous l’appelez votre ennemi, qu’il n’a jamais eu d’autre pensée que de vous honorer , et m’a prié de vous l’écrire formellement, comme je ferai ci-après, pourvu que vous me fassiez la grâce de le trouver bon, et de croire que je ne le fais pas pour lui plaire, mais par un désir que j’ai de rétablir, si je pouvois, la paix entre vous, qui a peut-être été troublée innocemment par lesbon père Mersenne, qui p rendit parfois les choses un peu trop crûment, et les écrivoit souvent plutôt selon son génie que counneelles étoient en effet. Ledit sieur de Roberval m’a donc dit que si vous l’appelez votre ennemi parcequ’il vous a recherché en particulier pour 4 vous dire quelque chose qui ne lui sembloit pas bien dans votre Géométrie, dont il a été obligé de donner des démonstrations à ceux qui l’en pressoient, suivant l’obligation de sa charge, il ne peut éviter d’être votre ennemi de cette sorte; mais % que cette inimitié ne sera pas réciproque, car elle ne sera que dans la créance que vous en aurez, étant disposé partout ailleurs à rendre ce qu’il doit à votre mérite et à votre condition, ainsi qu’il vous a protesté de vive voix. Or ce qu’il trouve n’étre pas bien dans votre Géométrie est :

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gamment, il ne faut pas se servir <le l’axe. Excusez, s’il vous plaît, ina liberté, qui ne part que d’un cœur sincère et de, etc.

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Monsieur,

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