‹ Œuvres de DescartesChapitre 68 sur 106 · A M. DE C ARC AV I · texte numérisé non relu

A M. DE C ARC AV I

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* \ (Lettre i5 du tome III. j ■ •

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Monsieur,

Le 1 1 juin 164g.

Je vous suis très obligé de l’offre qu’il vous a plu me faire de l’honneur de votre correspondance, touchant ce qui concerne les bonnes lettres, et je la reçois comme une faveur que je tâcherai de mériter par tous les services que je serai capable de vous rendre. J’avois cet avantage pendant la vie du bon P. Merserine, que, bien que je ne m’enquissé' jamais d’aucune chose, je 11e laissois pas d’être averti soigneusement de tout ce qui se .passoit entre les

doctes; en sorte que s’il me faisoit quelquefois des questions, il m’en payoit fort libéralement les ré- , ponses, en me donnant avis de toutes les- expériences que lui ou d’autres avoient faites, de toutes les rares inventions qu’on avoit trouvées ou cherchées, de tous les livres nouveaux qui étoient en quelque estime, et enfin de toutes les controverses qui étoient entre les savants. Je craindrois de me rendre importun si je vous demandois toutes ces choses ensemble , mais je me promets que vous n aurez pas desagréable que je vous prie de m’apprendre le succès d’une expérionce qu’on m’a dit que M. Pascal avoit faite ou fait faire sur les montagnes d’Auvergne, pour. savoir si le vif-argent monte plus haut dans le tuyau étant au pied de la montagne, et de combien il monte plus haut qu’au dessus. J’aurois droit d’attendre cela de lui plutôt que de vous, parceque c’est moi qui l’ai avisé il y a deux ans de faire cette expérience, et qui l’ai assuré que, bien que je ne l’eusse pas faite, je ne doutois point du succès. Mais parcequ'il est ami de M. R***, qui fait profession de netre pas le iriien, et que j’ai déjà vu qu’il a tâché d'attaquer ma matière subtile dans un certain imprimé de deux ou trois pages, j’ai sujet de croire qu’il suit les passions de son ami , lequel ne fait aucunement paroître, parceque vous m’avez envoyé de sa part, qu’il sache la sc^lution de la difficulté de M. de.

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Fermât touchant les équations entre cinq ou six termes incommensurables ; et afin que vous puissiez voir 1,-1 preuve, je vous dirai que lorsqu’on a i/af y /b \ \/c=i\/d-\- \/e , une partie de l’équation , après que toutes les assymétries sont ôtée£, doit être a1 b -J- ja*b -j- ÿrfbbc, -f- uz^bcdj-Q^a^bcde -{- '32aiblcd -j- 34 u?bbccd -f- 190 aabbccde , avec tous les termes des mêmes espèces que ces huit. Comme par exemple, cfc, a'd, <fe, fra, tfc, etc., sont de même espece que adb , et ainsi des autres. Faites donc s’il vous plaît- que M. R*** vous donne l’autre partie de cette équation, avant que de croire qu’il la puisse trouver. Mais si vous ne la pouvez avoir de lui , je ne manquerai pas de vous l’envoyer, et de tâcher en tout ce qui me sera possible de vous témoigner que je suis, etc.

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