CHAPITRE PREMIER
L'objet prfu^paï;.4fi'' cëtfe:* (Iji^iiii'tion , est de ' rectifier -^ '- * ' ' ^ ^islAl*. . ^i^m
phie de
sujet avec asselï de; ûéAeàl /.dan» l'Introduction d*un
autre ouvrage (i) \ ^Dâisr«âi£^feptps publications qui
ont paru depuis cette époque , me portent à croire
qu'il ne sera pas sans utilité de reprendre ici cette
question.
Parmi les observations qu'on va lire , il en est un petit nombre qui se rapportent directement aux matières contenues dans ce volume. Les autres sont les préliminaires d'une suite de dissertations que nous espérons pouvoir offrir un jour au public.
(i) Élém. de la Philos, de PEsp. humain.
UfôSERTATION PRÉLIlvaNÂlRB.
1. Dans le cours de Touvrage dont je viens de parler, et qui n'est pas étranger, peut-être, à ceux qui liront ces Essais , j'ai eu souvent o<^sion de faire observer que » comme les notions que nous avons de la matière et de l'esprit sont purement relatives f comme nous ne connaissons l'une que par ses qualités sensibles , telles que l'étendue , la figure et la solidité ; l'autre , que par des opérations telles que la sensation, la pensée et la volonté, nous pouvons dire avec assurance que la matière et l'esprit, considérés comme objets de notre étude j sont essentiellement différents. En effet, la science de la matière s'appuie en dernière analyse sur les phénomènes qui frappent nos sens , et celle de l'espn^ mi'X^ yhiv^bfAkiLQk que la conscience nojîj /ftôi^ie. tAu tié(ï defi% &e reprocher M au matérialisme <k^&u4s4t$*d4^s conclusions, il K serait plus juste tlô %rê trfté le lÂit aucruel il tend M n est nen moii^ qfiL^jgmR)^^)SucDie. C est pour « n'avoir pas compris* fétêndue et les limites d'une M véritable science, qu'on s'est jeté dans un telsys- « tème ; puisque la difficulté qu'il fait profession de M résoudre est évidemment inaccessible à toutes M nos facultés. Certainement , prétendre expliquer M la nature du principe qui sent , qui pense et qui « veut , en disant que c'est une substance matérielle u ou le résultat de l'organisation , c'est se payer de <( mots , c'est oublier que nous ne connnaissons la «( matière et l'esprit que par les qualités sous les-
DISSERTATION PRKLIMINAIKB. 7-
<( quelles ils se manifestent, et qae l'essence do «( l'une et de l'autre se dérobe également à nos e^ « forts (i^. »»
En développant cette même idée , j'ai tàclié de faure voir que cette branche de la philosophie devait" s'arrêter aux conclusions dont l'observation et l'expérience forment la base inébranl^le. Anssi, dans, mes recherches , me suis-je uniquemmit proposé de < déterminer, en premier lieu, toutes les Lois de notre Constitution , toutes- celles , du moins, que peut nousdecousfrir l'observation des faits attestés par la roU" science; puis , de prendre ces lois comme des principes , pour expliquer synthétiquement les phénomènes les plus.cpmpUqnic^^iS l'ei^tendement humain. Tel est: le plaÂ"45^prô/l^qttéî jx,ai-tyiufe*de l'association des idées , d^^-lfi p^énK)ir® .^ 4^ l'imagination et des autres facultés "iîïtl^6Qt^llies (2) : j'ai suivi, autant qfk'il m'a* ét^•p|^|^lj^^;fe. faire, l'exemple de ces écrivains 'qtd ^f cmtivePétude de la philosophie naturelle avec le plus éclatant succès. Si oa ne peut absolument regarder comme de pures hypothèses et de véritables rêveries les théories des physiologistes , qui , au moyen des vibrations des nerfs et des modifications du sensorium, prétendent expliquer les différentes opérations de notre esprit , du moins ne peuvent-elles paraître , même à leurs plu^s
(1) Élém. de la Philos, de TEsp. Hum.
(a) Yoyez let Éléments de U Phil. etc.
8 DISSERTATION PnÉLlMINAIRE.
ardents défenseurs, environnées de la même éridence que ces conclusions dont Texamen est si facile à tout homme qui peut exercer sa faculté de réfléchir ; et dès-lors il devient indispensable , pour la clarté de la science, de ne point ranger sous un même nom deux classes si différentes de procédés. Pour moi , je déclare , sans hésiter, que je regarde le problème physiologique dont il s'agit, comme un de ceux dont la nature s'est réservé l'étemel secret; et, quoi que l'on puisse attendre des découvertes futures , je ne serai contredit par aucun juge compétent et de bonne foi, en affirmant que ce problème a trompé jusqu'à nos jours tous les efforts tentés pour le résoudre. Je ne trouvp essais çQi^ j*pn3ans métaphysiques ni hamlâiirMâ TjieslJÛTintëtfC d'exécution, malgré tout lappu} que Jeur •% -frété le talent de Hartley , de Priesyc;yjejt^fQ^|)^çwîo. On n'y rencontre ni ce charmQ ^▼èr^.dç!*lar}^itd, ni cette grâce séduisante dont llnifti|;uiati6Â n!inîe*au goût sait embellir la fiction. Les éloges excessifs que j'avais entendu prodiguer à ces ouvrages , m'engagèrent à en reconmiencer l'étude à plusieurs reprises ; je pouvais être sous l'influence d'un injuste préjugé contre la nouvelle méthode philosophique si répandue aujourd'hui en Angleterre ; mais , quoique ce genre de méditations ait pour moi le plus grand attrait, je n'ai jamais recueilli de ma persévérance que le regret d'avoir perdu mes efforts et mon temps sur un travail aussi infructueux qu'aride.
DISSERTATION PRÉUMINAIRB. 9
Et Locke lui-même , bien qu^il se livre quelcpie-fois à des conjectures presque semblables à celles de* Hartley et de Darwin, Locke semble avoir parfaitement senti combien de pareilles spéculations sont' étrangères à la véritable Philosophie de Tj^sprit Humain. Voici comme il s'exprime dans le second paragraphe de rinjtroduction de son Essai : <( Comme. « je me propose de faire des recherches sur Fori- (( gine , la certitude et Fétendue des connaissances «c humaines , ainsi que sur les bases et les degrés dite vers de la croyance , de Fopinion et de Fassenti-- <( ment, je ne veux pas me jeter en ce moment. « dans des considérations ontologiques sur FEsprit,. « ni me fatiguer à chercher-en quoi consiste son este sence; par. quels mouvements de nos esprits ou (( par quelle modification de notre corps nous obte- « nous, au moyen de nos organes, une sensation H ou^ une idée de notre entendement; et si toutes <( ces idées, ou quelques-unes seulement d'entre ^ «c elles , tirent leur origine de la matière. Ces ques.-^. u tioas peuvent être curieuses , intéressantes ; mais «( j'éviterai de les aborder, parce qu'elles m'écarte teraient de la route que je me suis proposé de te parcourir. « On ne saurait trop regretter que Locke ne soit pas toujours resté fidèle à un plan aussi sage.
Je me flatte que la manière dont je m'exprime ici relativement aux théories communes des physiologistes sur les causes des phénomènes intellectuds ,
10 DISSERTATION FRÉLnnNAIRE.
ne fera point conclure qne j'aie ëlevë le moindre doute sur la liaison intime de ces phénomènes avec ceux de l'organisation. Le grand principe que j'ai i cœur d'établir, c'est qae tous les systèmes «{u'on a jxuajginés jusqu'à ce jour sur cette question , sont entièrement dénués de preuves ; et , ce qu'il y a de plus fâcheux, qu'ils sont de nature à ne pouvoir être confirmés ni réfutés par les documents de l'expérience. Ge qui prouve encore que jamais je n'ai perdu de vue cette dépendance naturelle des opéra-' tiens de l'esprit par rapport à l'éta*^^ normal de l'organisation physique , c'est qu'ayant eu occasion de pitrier, il y a plusieurs années, de cette union de l'ame et du corps , je la signalai comme un des pmnts les plus intéressants à examiner dans la théorie de la nature humaine (i).
Ge qui m'engage à prévenir le lecteur contre toute méprise sur ma pensée à cet égard, c'est le passage suivant que j.e lis dans un ouvrage imprimé depuis peu : u Nous ne pouvons pas absolument détermiu ner, dit M. Belsham, quelle est cette modifica- « tion du cerveau, qui, dans la constitution de « l'homme, produit la mémoire : l'hypothèse des « vibrations demeure encore la plus probable. G'est «' en vain qu'on objecte que lors même qu'on pouru rait démontrer l'existence des impressions dans le « cerveau, le fait de la mémoire n'en serait pas
{%) tiém^ àê la PhU. , etc. T. I .
DISSERTATION PIIÉLIMINAIRB. 11
<t moins inexplicable ; car I\iniqne but de cette hf- M potbèse est de faire un pas de plus dans Finvesti- <c gation du lien tpii unit les objets extérieurs aux « sentiments de l'esprit. — Il est curieux d'obser- <( Ter, continue le même écriyain , ({ue le D' Reid , « après avoir fait (quelques objections contre les hy- « pothèses communes, est forcé d'admettre ({ue u plusieurs faits palpables nous portent à conclure K ({ue la mémoire dépend d'un état particulier du « cerveau. »
Je ne ferai que deux remarques sur ce qu'on vient de lire. D'abord M. Belsham , malgré toute sa prédilection pour la théorie des Vibrations de Hartley, confesse nettement « que nous ne pouvons point u absolument déterminer quelle est cette modifica- K tion du cerveau, qui, dans la constitution de u l'homme , produit la mémoire , » et encore « que <( la théorie des Vibrations , bien cpie préférable à K beaucoup d'autres , n'est pourtant qu'une hypo- « thèse. )» Secondement , après cet aveu si formel , il se plait à faire entendre que les adversaires de cette hypothèse sont conduits par leurs propres principes à nier que la mémoire dépende en aucune fa-çon de l'état du cerveau. Pour moi, je cherche inutilement encore à concevoir comment on peut accuser le D' Reid d'inconséquence, parce qu'après avoir élevé des objections contre les théories vulgaires , il admet que la mémoire est soumise à une disposition (Mirticulière du cerveau. Assurément, je voudrais
12 DISSERTATION FRÉUMINAIRE.
savoir quel philosophe ancien oU moderne a jamai» soutenu que la m^oire n'avait rien à craindre des effets produits sur cet organe par Tintempérance, une maladie , la vieillesse et tous les accidents qui trouhlent le mécanisme du corps. Mais la conséquence philosophique de cet aveu n'est pas que l'hypothèse de Hartley ou celle de M. Belsham soient nécessairement vraies ; il en résulte seulement que nous devons laisser de côté les conjectures , pour noiis borner à enregistrer tous les faits qui peuvent nous conduire, en temps convenable, aux seules conclusions satisfaisantes qu'il nftus sera jamab donné d'établir sur la liaison de l'esprit et du corps, c'est-à-dire , à la découverte de quelques-unes des lois générales qui président à cette union»
£n présentant ces aperçus rapides sur la metaphysique physiologique du jour, je dois faire- observer en même temps que , si je la combats , c'est uniquement parce qu'elle entraine une dépense^ stérile de travail et d'esprit sur des questions que* l'homme est inhabile à résoudre; et non pas que je considère les théories auxcpielles elle a donné naissance, comme redoutables pour les doctrines queje professe. Les faits que je veux constater reposent sur leur propre évidence ; et quand on arriverait à démontrer l'existence des esprits animaux de Descartes , ou des Vibrations de Hartley , cette évidence n'en recevrait pas la plus légère atteinte ; comme elle ne tirerait pas le plus léger accroissement de-
forces du discrédit où ces deux hypothèses pourraient tomber un jour. Le cara{|tère distinctif de la science inductii^e de V Esprit est de s'abstenir de toute spéculation sur la nature et Tessence de ce même esprit , et de borner son attention aux phénomènes dont tout homme , qui veut exercer les facultés de son entendement , peut se donner le spectacle. À cet égard , elle s'éloigne donc également de ces discussions pneumatologiques sur le siège de Famé , et sur l'impossibilité de ses rapports avec FËspace ou le Temps , de ces discussions , dis-je , qui ont exercé si long-temps la subtilité des scolastiques; et des hypothèses physiologiques sur les conditions nécessaires aux opérations intellectuelles , dont on a fait tant de bruit dans le siècle dernier. Elle diffère des unes , comme les recherches de Galilée sur les lois du mouvement différaient des disputes des anciens sophistes sur l'existence et la nature de ce phénomène ; elle est aux autres , ce qu'étaient les conclusions de Newton sur la loi de la gravitation, à la question qu'il élevait sur Véther invisible dont cette loi pouvait n'être qu'un résultat. Nous remarquerons en passant que si les disciples de Newton s'accordent unanimement sur les conclusions physiques de leur maitre , la divergence de leurs sentiments sur la vraisemblance de la ques^ tion dont nous venons de parler , montre évidemment combien la science inductive est en sûreté contre les écarts de l'imagination dans ces régions
inaccessibles à la raison humaine. Quelle que soit donc notre opinion ^ur la cause inconnue, physique ou immatérielle , de la gravitation , nos raisonnements n'en seront pas moins justes , si nous admettons seulement ce fait général , qu*en vertu d'une certaine loi, les corps tendent a s'approcher les uns des autres avec une force qui varie selon leurs distances mutuelles. Il en est précisément de même de ces conclusions sur l'esprit humain , auxquelles nous conduit natureUement la méthode d'induction. Elles sont à elles-mêmes leur base solide et inébranlable; et, comme je l'ai remarqué ailleurs (i) , elles s'arrangent également des systèmes métaphysiques, des matérialistes et de ceux des partisans de B^rke-^ ley (2).
(i) Élém. de la Phil. dcPEsp. Hum. T. I.
, (a) ^hypothèse qui admet Texistence à^un fluide contena dân» let nerCs qui servent à le conduire du cerveau ju8<itt^attx extrémités du corps, est extrêmement ancienne et présente plus d^analogie avec notre constitution que la théorie qui lui a succédé. Nous pouvons juger combien elle était généralement répandue , par cette expression , les esprits cmimaux , employée si ordinairement dans la conversation pour désigner la cause inconnue qui donne à Fesprit de 1* vigueur et de la gaîté. Aucun terme nouveau n''a pu enoore la remplacer convenablement. Le H^ Alexandre Monro , médecin observateur plein de réserve et de jugement, parle de ces esprits , comme d'un fait presque incontestable : « L'existence d'un « fluide contenu dans les cavités des ner£s est démontrée, pour « ainsi dire, jusqu'à l'évidence. » (^oy. quelques-unes de ses « obsfrvatioos publiées dans l'Anatomie de Cbeselden. )
DIfiSERTATION PRÉLIMINAIRE. 16
II. A rhypothèse physiologique de l'école de Hartley se rattache intimement la théorie de rAssoeiation des idées; principe fécond, à l'aide duquel ils prétendent expliquer synthétiquement tous les phénomènes de l'esprit. Dans les remarques que Priestley a faites sur les recherches de Reid , on aperçoit l'intention de jeter du ridicule , au moyen de ce qu'il appelle le catalogue des Principes Instinctifs de Reid, sur l'appUcation de la Logique inductive à ces phénomènes. Je ne veux point examiner pour l'instant si cette Tahle est fidèlement extraite de l'ouvrage de Reid (i) ; mais en supposant que les douze Principes énumérés par Priestley aient été donnés efiectiyement par son adversaire comme des principes instinctifs ou des lois générales de notre nature y on ne voit là aucune raison de juger absurde cette énumération , quand Reid lui-même a spécifié le sens dans lequel il voulait qu'on entendit ses conclusions.
«t Nous appelons Lois de la nature les phénomènes « les plus généraux que nous puissions saisir. Ainsi K les lois de la nature ne sont autre chose que les
L*lijpothèse des Tibrations fut déyel^pée pour U première fois dans les écrits du Dr W. Briggs. C^est-là que Newton ayait puisé ses connaissances anatomiques) et Ton voit clairement dans ses Questions, qn^il se pénétra aussi de «{uelques-unes des théories physiologiques de son maître.
(i) Le lecteur pourra en juger par la note (**) que j'ai placée à U fin du Tolume.
« faits les plus généraux sous lesquels sont compris u une quantité considérable de faits particuliers. Ç il « nous arrive quelcpiefois de donner le nom de loi à u un phénomène général que Tobseryation rapporte tera plus tard à une loi plus générale encore, le K mal ne sera pas grand. Ce qu'il y a de plus gé- « néral reçoit le nom de loi quand on le découvre, « et renferme dans sa compréhension ce qui est (( moins général que lui (i). »
Dans un autre endroit de son ouvrage on retrouve la même remarque : « Qui pourrait, à l'aide d'un u fil si délicat , se flatter de parcourir les détours <( GompUqués de ce labyrinthe? mais en nous arrèi( tant lorsque nous ne pourrons plus avancer, en « nous mettant bien en possession du terrain que u nous aurons parcouru , nous n'aurons pas lieu de u nous plaindre ; un esprit plus vigoureux reculera «( plus tard les limites de nos recherches (2). » jg
Pour répondre à ces réflexions , Priestley prétend que <( la persuasion d'avoir atteint les premiers prin- « cipes est manifestement un obstacle à toute re- « cherche ultérieure , et rend par cela même un H fort mauvais service à la philosophie. Ne seraitte ce pas, continue-t-il, un sujet de mortification « pour le D"" Reid, et j'en appelle à sa conscience, « fii , après tout ce qu'il a écrit , on pouvait démon-
(1) Reid^s Inquiry , p. aa3 , 3« éd.
DISSERTATION PREUMINAIKË. 17
i( trer, à la grande satisfaction de tout le monde ^ « que tous les principes instinctifs de la table précé^ « dente sont réellement acquis , et ne doivent être u regardés que comme différentes modifications de « ce principe de Y association des idées y connu de^ « puis si long-temps ? »
Quant à la vraisemblance de cette supposition , je n'ajouterai rien à ce que j'ai dit sur le même sujet dans la Philosophie de FËsprit Humain. « Dans toute tes les sciences , les découvertes ont procédé suc- «( cessivement des lois de la nature les moins généra- « les à celles qui le sont davantage; et il serait M véritablement singulier qu'on pût ramener tout « d'un coup à un principe universel les faits psychou logiques , lorsque , il y a peu d'années encore , u cette science était au berceau , et que sans cesse <t elle est entravée dans sa marche par des obstacles <( qui lui sont particuUers (i). »
Gomme les lois du monde intellectuel semblent parfaitement analogues à celles que nous présentent les phénomènes de la nature physique ; comme aussi, dans toutes nos recherches philosophiques, les progrès de l'esprit peuvent être contrariés par une disposition à généraliser trop promptement, le passage suivant que j'emprunte à un chimiste du premier mérite , répandra quelques lumières sur le but que nous nous proposons d'atteindre, et con-
(i) Élém. de la Phil. elc.
Dugald Stewart. — Tome II, 2
finnera la justesse de plusieurs observations précédentes.
« Depuis quinze ou vingt ans on a découvert de u nouveaux métaux et de nouvelles terres. A ces <( découvertes s'attachent des noms recommanda- K blés ; les expériences sont décisives ; et refuser de u les admettre , c'est renverser à l'instant l'édifice u entier de la chimie. Cependant les auteurs eux- « mêmes de ces découvertes sont dans l'impuissance (( de décider si les substances qu'ils nous présentent u sont des corps simples, ou bien des composés ^ qu'on n'a pu ramener encore aux éléments qui les u constituent ; et le mérite de leurs observations se- (( rait toujours incontestable , (piand des expériences <( ultérieures prouveraient qu'ils se sont trompés sur <( la simplicité de ces substances. Cette remarque « ne doit pas s'applicper seulement aux découverte tes les plus récentes , mais encore aux terres et 4t aux métaux qui nous sont depuis long-temps fa- « mitiers. Dans les âges obscurs de la chimie , on (c voulait rivahscr avec la nature , et l'on regardait «( généralement comme un corps simple, la subie J$iâ(!ice que les adeptes de cette époque travaillaient <( à produire. Dans un siècle plus éclairé , nous <t avons étendu nos recherches , et multiphé le nom- <( bre des éléments. Les derniers efforts seront em- « ployés à simplifier ; on reconnaîtra par une obseru vation plus sévère de la nature le petit nombre u de matériaux primitifs qui ont servi à la création
u de toutes les merveilles qui frappent nos regards u et nous remplissent d'admiration (i). »
En comparant les opinions des alchimistes avec celles de Lavoisier et de ses disciples , j'avais souvent été frappé de l'analogie qui existe entre l'histoire de la chimie et celle de la philosophie de l'esprit humain ; mais cette observation m'a paru plus importante encore depuis la lecture d'un ouvrage de M. de Gérando.Ge philosophe judicieux a remarqué cette même ressend)lance , et s'en est également servi pour combattre les fausses prétentions et les généralisations prématurées de quelques métaphysiciens modernes.
« Il a fallu toutes les nouvelles découvertes de la (( chimie, et l'éclat dont elles ont été accompagnées, <( pour arracher les esprits à la recherche d'un élé- « ment unique et primitif des corps , recherche re- »t nouvelée dans tous les siècles avec une persévé- ({ rance infatigable, quoique toujours sans aucun « fruit. Combien nos chimistes actuels avec leurs <( honorables travaux , eussent paru de petits esprits «( aux premiers physiciens , par cela seul qu'ils adu mettent près de quarante principes indivisés des «: corps ! Quelle pitié l'alchimiste ne concevrait-il u pas pour leur nomenclature !
<( Or , la philosophie a aussi ses alchimistes ; elle
(i) Rechercliet sur la nature d^one substance métallisé , yendue dernièrement à Londres comme un nouveau métal sons le nom de Palladium. Par Rich. GheneTix , £sq<'.
<( en a eu dans tous les temps , et même parmi les <( meilleurs esprits. Ce sont ceux qui veulent à tout « prix trouver le principe unique de toute science. <( Ce sont ceux qui veulent recomposer de toutes « pièces Tor pur de la vérité (i). »
Entre les alchimistes de la science de l'esprit humain, la première place appartient sans contredit •au Docteur Hartley. Non content de vouloir expliquer tous les phénomènes de notre nature par le seul principe de V Association combiné avec l'hypothèse d'un fluide invisible qui exprime des vibrations à la substance méduUaire du cerveau et aux nerfs, il s'abandonne à son imagination qui lui découvre dans les âges futurs une époque <t où tous les genres d'évi- « dence et de recherche seront revêtus des formes mate thématiques ; où les dix catégories d'Aristote et les '« quarante genres primitifs de l'évêque Wilkins se- K ront ramenés à la seule notion de Quantité ; telle- (( ment que les mathématiques et la logique, l'histoire i( naturelle et politique , la philosophie naturelle et « toutes les philosophies du monde se rencontreront « sur tous leurs points. » Quand je ne connaîtrais que ce seul passage de Hartley , ce serait pour moi une preuve suffisante du peu de sagesse de son jugement.
£t c'est pourtant sur des assertions aussi légères et aussi hasardées , sur la hauteur prétendue de ses vues métaphysiques , que les admirateurs les plus
(i) Histoire comparée , etc. T. II.
distingués de Hartley font reposer son mérite distinctif. La plupart d*entre eux , ceux du moins avec les^ quels il m*est arrivé de m'entretenir, mettent sa doctrine physiologique beaucoup au-dessous des merveilles qu'il a su tirer du principe d'Association. Je ferai à ce sujet quelques remarques pour lesquelles je réclame l'attention du lecteur.
III. Depuis Bacon , presque tous les théoristes les plus renommés ont voulu s'illustrer en mettant tout leur esprit à déduire une grande variété de phénomènes particuhers de quelque principe ou loi générale déjà connue des philosophes. Pour y parvenir , ils se sont trouvés fréquemment dans la nécessité de donner aux faits une interprétation fausse , quelquefois même de les dénaturer entièrement. Cette méthode a mis le plus grand obstacle aux progrès des connaissances expérimentales; quoique nous devions eon venir aussi , du moins pour la physique , qu'elle a donné lieu quelquefois à des conclusions plus justes. Le plan qu'a suivi Hartley s'en écarte beaucoup, et présente une exécution bien plus. facile. Les généralisations qu'il tente sont purement dans les mots y et la forme spécieuse qu'il leur donne, vient de ce qu'il prête au sens des termes les plus ordinaires une latitude incroyable. C'est ainsi qu'après nous avoir dit que tous nos sentiments intérieurs , excepté nos sensations, peuvent s'appeler idées; après avoir attaché au mot association une signification à-peu-près aussi vague, il parait s'être flatté
d*aYoir ramené à une loi unique tous les phëno^ mènes intellectuels et moraux de Fesprit humain. Quel avantage devons-nous attendre d'une décoaverte prétendue , qui se renferme dans les définitions arbitraires qui servent à Fauteur de point de départ? Je n'en aperçois aucun , il faut le dire ; maïs je vois clairement, d'un autre côté, que le résultat d'une telle marche est de bouleverser le langage ordinaire, et de retarder ainsi l'avancement d'une science doni les progrès dépendent éminemment d'une précision rigoureuse dans l'expression (i).
Je ferai remarquer ici combien ces mots associtp-' don des idées, qui figurent si souvent et dans les ouvrages de Hartley , et dans ceux de tous les meta, physicien^ de l'Angleterre, se sont éloigné? de l'ae-
(i) Sous le titre à^Assodaiûm, Hartley comprend tonte conaezioii possible entre nos pensées , soit que cette connexion rienne de notre constitution naturelle ou de circonstances fortuites , soit qu^elle dérive de nos facultés rationnelles. Il Ta jusqu^à rapporter à la même loi générale Tassentiment que nous donnons à cette proposition j deus fois deux font quatre, a Ce qui fait , dit-il , qu'un Komme affirme la vérité de cette proposition y deux fois deux font quatre^ c'est la coïncidence exacte de l'idée palpable de deux fois deuK avec celle de quatre , conformément à Pimpression que di£B6rents objets ont laissée dans son esprit. Nou» voyons à. chaque instant que deux fois deux et quatre sont deux noms différents qui expriment une même impression. C'est une simple association qui nous fait appliquer le nom de vérité , la définition de vérité , ou le sentiment intérieur de vérité, à cette coïncidence, n Hahtley , On MaRjVol. I, p. 3a5.
ception que Locke leur avait donnée constamnient dans son Essai, Dans le chapitre fort court , mais ex* cellent qu'il a écrit sur cette tiaatière , les observations qu'il présente n'ont rapport qu'à u ces liaisons^ <( d'idées formées par le hasard , de telle sorte que « celles qui n'ont aucune coi^etion naturelle vien^ u nent à s'unir si intimement dans l'esprit de cer- (t taines personnes , qu'il est fort difficile de leâ <t séparer. Aussitôt que l'une se présente à l'enteôde» « ment , celle qui lui est associée y paraît avec elle. » U insiste comme il le dit hn-mémé , sur ce sDi^', K afin que ceux qui ont des enfants où qui sont char- « gés de leur éducation, voient par-là que c'èsf^ i( une chose bien digne de leurs soins que d'obser- « ver avec attention et de pi^venir soigneusement «t cette irrégulière liaison d'idées dans l'esprit dea' « jeunes gens. C'est, ajoute-t-U', le temps lé plûil u susceptible des impressions^ din*ables ; et e[a<À<fiè^ (t les personnes raisonnables fassent réflexion à^ i( celles qui lé rapporteiit à la santé et' au corps, « pour les combattre , je suis pourtant fort tienté de^ »t croire qu'il s'en faut bien qu'on ait pris un soii* <( convenable de celles qui se rapportent ^lùs pardcu «« lièremieiit à l'atote , et qui se terminent à Fetttendiè* « mentôU aui^ passions ; oiit plutôt, ces sortes d'iiti- « pressions qui se rapportent purement à l'entende^ «c ment , on* été , je pense , entièrement négligéeét u par la plus grande partie des hommes (i). »
(i) Essai surPEnt. Hum. L. U.
Il est évident, d*aprè» cela, que Locke comprenait sous le titre d^ Association d'idées , celles que j'ai distinguées dans mon premier ouvrage par Fépitliète àe fortuites. Il appelle Conneœions Naturelles toutes les alliances qui naissent de la nature et de la constitution de Thomme , et auxquelles j'ai donné , dans ces Essais , le nom général d'Associations Unii^erselles; et il prétend que l'exercice le plus digne de la raison est de les reconnaître et de les constater dans leur union. Si les successeurs de ce philosophe avaient suivi plus fidèlement ce précepte, ils auraient évité hien des erreurs , bien des subtilités fausses dans lesquelles il sont tombés. Hume fut le premier qui s'en écarta en donnant au mot Association un sens beaucoup moins restreint. En effet, il comprenait sous ce terme toutes les différentes liaisons ou affinités , soit naturelles , soit fortuites , qui existent entre nos idées; il devançait même les conclusions de Hartley , en représentant le principe d'union entre nos idées simples comme une sorte d^attrac^ tien qui dominait aussi généralement dans le monde physique (i).
Mais comme il est trop tard aujourd'hui pour combattre cette fâcheuse innovation, tout ce que nous pouvons faire est de limiter le sens du mot association , quand il peut y avoir équivoque , en lui adjoignant quelques adjectifs qualificatifs , tels que
(i) Treatise of Haman Nature. Vol. I.
rr
ceux dont j'ai parlé ci-dessus. Ainsi, dans mes Essais, j'ai conservé à ce mot l'acception étendue que lui a donnée M. Hume, parce que l'usage établi semblait l'exiger, et que ce terme est sans doute le plus familier au plus grand nombre de mes lecteurs ; seulement j'ai fait en sorte qu'ils ne confondissent pas les deux classes si différentes de connexions , que Hume a rangées sans distinction sous le même titre. Quant à la phraséologie de Hartley , le vague qu'elle présente est absolument incompatible avec les notions précises de nos opérations intellectuelles , et avec tout ce qui tient au raisonnement logique sur l'Esprit Humain. Ces deux circonstances ont eu probablement la plus grande part au succès de son ouvrage dans une classe très-nombreuse de lecteurs (i).
Pour nous , et malgré le ridicule qu'on essaiera peut-être de jeter sur la timidité de nos recherches , nous nous ferons toujours gloire de marcher sur les traces de ces interprètes fidèles de la nature , qui , dédaignant de prétendre , par de vaines conjectures, au mérite de la sagacité, se bornent modestement à s'élever par degrés des faits particuliers aux lois générales. On me pardonnera donc, je l'espère, si , en suivant à cet égard l'exemple de l'école newtonienne, je laisse voir, d'un autre côté, quelque
(i) Voyez dans le» Élém. de la Phil. , etc. , le chapitre qui traite de r Association des Idées.
sollicitude à séparer la Philosophie de FËspnt HU" main de ces frivoles accessoires de la science scolastique avec lesquels elle se trouve confondue dans Fopittîon commune. Pour y parvenir, je me suis eflforcé ailleurs (i) d'expliquer, avec toute la clarté convenable, ce que je considérais comme Fohjet véritable delà Philosophie ; mais quelques éclaircissemeaits , présentés sous une forme historique , ser^ viront peut-être à répandre sur cette questicm plus de lumière que tous les i^aisonfnements abstrmts.
IV. Un fait digne de rémarque, c'est que la Philosophie de FËsprit , cfu'on a" considérée dans ce» derniers temps comme Tc^jet de recherches purement métaphysiques , formait une division des sciences physiques, dans Fancienne énumération des connaissances humaines. En appréciant le mérite de* ceux qui, les premiers, ont arrêté cette classification, nous pouvons accorder quelque chose au hasard ; mais ce qui montre évidièmment qu'elle est conforme en elle-mêMe auï: vues d'une logi(({tie pi'o*fonde et lumineuse , c'est que les mots Matière et Esprit représentent les deux grandes divisions qui nous frappent dans la nature ; et que nous ne pouvons* faire de progrès dans l'étude ^de l'une ou de l'autre qu'en examinant avec soin les phénomènes particuliers, pour fes rapporter rigoureusement en* suite aux lois ou règles générales dont ils dépendent.
(i) Élém. de la Phil., etc. Inlrod. part, i .
C'est ce qui a fait que plusieurs écrÎTains modernes du premier mérite ont sanctionné formellement cette classification depuis long-temps ooUiée , de prélé^ rence à celle qui domine généralement dans l'Europe moderne.
u L'ancienne philosophie grecque , dit Smith , se (( partageait en trois branches principales : )a pfcyu sique ou la philosophie naturelle ; l'éthique ou laf u philosophie morale , et la logique. » — « Cette K dÎTision générale , continue-t-il , est parfaitement K confoi^me à la nature des choses. » Il fait ensuite cette observation que <( comme l'esprit humain , «t quelle qu'en soit l'essence , fait partie du grand u système de l'univers , et que de cette partie naîs- (( sent les résultats les plus importants , tout ce qu'on «t enseignai sur sa nature dans les écoles anciennes ic de la Grèce , faisait partie du système de la Phy- «c sique (i). »
Locke , dans le dernier chapitre de son Essai , a établi aussi entre les objets de notre entendement une division parfaitement semblable , qu'il jugeai à la: fois et plus générale et plus naturdle. Il' donne à la première branche de la science le nom de ^wmn ; à la seconde celui de n^ ««mei ; et à la troisième celui de 2n/A<n»rijii ouAopixit. Mais il nous avertit que sous le nom de *w(rix« ou philosophie naturelle, il comprend la connaissance de la matière et celle
(i) Wealthof Nation». Vol. ni.
des esprits ; parce que la fia que se propose cette branche de la science est la yénté spéculative, et que par conséquent elle revendique tout ce qui est pour les facultés humaines un sujet de spéculation.
A ces autorités nous joindrons celle du Docteur Campbell, qui, après avoir dit que «l'expérience est « le principal organe de la vérité en physiologie , « déclare que «par ce terme il n'entend pas seule- « ment l'histoire naturelle , l'astronomie , la géograu phie , la mécanique , l'optique , l'hydrostatique , u la météorologie, la médecine, la chimie; mais u aussi la théologie naturelle et la psychologie que « les philosophes ont séparées , dit-il , de la physio- « logie , sans aucun motif raisonnable. )v — « L'es- « prit, ajoute-t-il, peut, aussi bien que le corps, <( être compris sous la notion d'objet naturel ; car les « philosophes ne peuvent en acquérir la connais- « sance que par la même voie , celle de l'observation il et de l'expérience. )»
Tous ceux qui ont étudié l'histoire littéraire savent comment la philosophie de l'esprit humain est devenue une branche de la métaphysique, et s'est trouvée confondue avec les sciences frivoles que l'on désigne ordinairement par ce même nom. J'ajouterai cependant , pour l'instruction du lecteur , que le mot métaphysique ne remonte pas plus haut que la publication des ouvrages d'Aristote par Andronicus de Rhodes , l'un des savants dans les mains desquels tombèrent les manuscrits de ce philosophe , lorsque
Sylla les eut emportés d* Athènes à Rome. On rapporte qu'Andronicus trouvant dans ces manuscrits cinq livres qui ne portaient aucun titre particulier , les distingua par ces mots , r» f^tTx rk pvo-txk , soit pour marquer la place que leur avait assignée Aristote lui-même , puisqu'ils venaient inmiédiatement après la physique , soit pour désigner le rang dans lequel on devait les étudier.
Quelle que soit d'ailleurs la diversité des sujets traités dans ces différents livres , les péripatéticiens semblent les avoir rapportés à une même science , dont le grand objet, suivant eux, était, premièrement, les attributs communs à la matière et à l'esprit ; secondement , les êtres distincts de la matière , Dieu spécialement et les esprits inférieurs qui pré-, sidaient aux révolutions du monde physique. Les péripatéticiens de l'église chrétienne s'étaient formé de la métaphysique une idée à-peu-près semblable. Us la divisaient en deux branches , dont l'une , appelée Ontologie, traitait de l'être en général; et l'autre , connue sous le nom de Théologie naturelle , s'occupait de Dieu et des anges. A ces deux classes les scolastiques ajoutèrent la philosophie de l'esprit, en tant qu'elle a rapport à une substance immatérielle , et ils la distinguèrent par le titre Pneumatologie.
On croira sans peine que cette division de la théologie naturelle et de la philosophie de l'esprit humain ne devait guère assurer le succès de ces
deux sciences. Bientôt on les étudia comme on faisait Fontolog^e , la plus vide et la plus absurde de toutes les spéculations qui ont jamais occupé les facultés de l'homme. Le mépris dans lecpiel les scolastiques sont tombés depuis cette époque n'a pas encore réparé tout le mal. Au contraire, comme on s'en tient généralement encore à leur division des objets de la métaphysique , il en résulte que ceux qui sont portés d'inclination vers ces sortes d'études, penchent souvent à croire que la philosophie de l'esprit se rapproche plutôt de l'ontologie que de la physique générale ; tandis que , même après les travaux importants de Bacon, de Locke et de ses successeurs sur cette matière, l'opinion publique l'enveloppe dans une proscription commune avec la plupart de ces discussions auxquelles elle donne indistinctement le nom de métaphysique.
Ce qui m'a entraîné dans ces détails , c'est moins l'intention de substituer des termes nouveaux à ceux de métaphysique et de physique dont l'usage est maintenant établi , que le désir de me défendre contre le reproche d'affectation et de singularité qu'on pourrait m'adresser, parce que je reviens fréquemment sur l'analogie qui existe entre la science iriductive de l'esprit et celle de la matière. Les efforts qui ont été faits par des écrivains de mérite pour disputer à la première une affinité si honorable , serviront d^excuse à la longueur des discussions dans lesquelles je viens d'entrer , et m'autoriseront à présenter
encore quelques remarques sur les raisonnements qu'on a opposés à Fimportanee de cette philosophie. Pour moi, je déclare que plus je réfléchis sur cette question , plus Fanalogie me semble exacte et frappante.
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