‹ Œuvres de Dugald StewartChapitre 12 sur 58 · ES(,H'[.SS · texte numérisé non relu

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■ ■ii. nuiu attendons avec mu: confiance parfaite le retour des mêmes résultais. Les lois que suiicui le» affaires humaines «mi certainement

moins r.icïli .. j dcmëlcr ; i-l cependant, dans cette cl.iue iiii-nif de fiiii-, il est un cK-jjrë d'ordre qu'il est puMÏUc de viïmt . et qui Miffit [tour fonder de» ri';;lr« jp'-ncrnlis d'une gruude utilité. Ajoutons que cet ordre devient pin* apparent ii mesure que nous généra lisons davantage nos observations.

3. Nuire connaissance des loi» de la nature n'a pas d'autre source que l'observation cl l'expérience. Jamais, entre deux événements, nous n'apercevons de connexion nécessaire ; jamais, par conséquent, nous ne pouvons logiquement, et àpriari, inférer L'on de l'autre. L'expérience nous apprend que certains événcnienls sont invaniibleuicul associés; et de Ift vient .que si l'un appni :iil , nous attendons l'outre;

sanec en pareil e:is ne s'étend pas au-delà du fait.

4. Reconnaître avec soin, constater avec exactitude ces h SMjriat.ii ms il événements qui ne sont autre chose que l'ordre même de l'univers; recueilli]' tes phénomènes épais que cet univers nous présente et les rapporter à leurs luis ■jéuëi'iiles , tel est l'objel suprême (le l;i pliiloMiphic. lînenn est le premier qui ail mis d ;i us (mil sou jour l'importunée de celle i érïté l'oiidmnenlalc. I,i:s aueieus considéraient bi philosophie comme !a science des nuises, cl celte fausse idée les conduisit à une foule de spéculations qui

dépassent tout-à-fail la compétence des facultés humaines.

5. Veut-on savoir quel est le véritable but do toute recherche philosophique? Celui que se propose on homme de lion sens quand il observe les événements qui se passent sous ses yeux : son intention est de mettre à profit ce qu'il voit pour sa conduite future. Plus s'étendent nos connaissances, mieux nous pouvons accommoder nos plans à l'ordre naturel des choses et tirer parti des facultés dont nous sommes pourvus, et des forces dont nous disposons pour l'accomplissement de nos desseins.

■ 6. Entre la science du philosophe et ce bon sens qui dirige le commun des hommes dans les affaires do la vie , il n'y a pas différence de nature j elle est tout entière dans le degré. Et si la science surpasse le bon sens, c'est que le philosophe a, pour apprendre, des procédés qui manquent au vulgaire. lui combinai:! arlificicllenienl les cin'Oiistnnces, c'està-dire , en expérimentant, il découvre entre les événements un grand nombre ^associations naturelles qui ne se seraient point d'elles-mêmes manifestées i\ son observation. Ko parlant îles lois générales qu'il a découvertes, le raisonnement le conduit synthélii| lien ici il à riicnn naître l'ordre là où le simple observateur ne verrait qu'irrégularité. C'est ce dernier procédé de l'esprit que l'on honore plus particulièrement du nom de philosophie, et dont les règles pour philosopher enseignent spécialement l'usage.

7. Les connaissances que la simple observation nous donne sur l'ordre de lu nature sont extrêmement bornées : elles ne dépassenl point les eus où rmiiiWmiié (k - phénomènes tombe d'elle-même sous nos sons; ce qui arrive quand une soûle loi delà nature opère séparément, nu que plusieurs se combiner]! toujours île la mènie manière. Mais très-soiivenl , dans le concours de plusieurs lois, le résultat varie d'un eas à l'autre , selnn les diverses circonstances de la combinaison : et alors celui-là seul pourra prédire le résulial , qui connaîtra bien et le nombre et la nature des luis appelées à a;pr dans In production du phénomène attendu, et qui snura déterminer a l'avance i onum-nl li s effets de l'une seront difié» par la présence île toute* tes antres.

U. Il suit de la que la philosophie doit avant tout constater les luis simples et i;éinTales d'où émanent les phénomènes compliquée qui -c man i iéslenl à ni lus dans l'univers. Ces lois obtenues , nous pouvons raisonner avec certitude sur l'effet qui devra résulter d'une quelconque de Irurs combinaisons, l.a découverte des lois s'appelle nim/ysc : l'explication des phénomènes par les lois, synthèse.

9. C'est à eetle niélhode philosophique, qu'on désigne eoininiinénieul sons le titre iV induction , que nous sommes redevables des progrès rapides que les sciences physiques i-ul l'ail- depuis l!;ieiin. i.a publication de scséeiitsa marqué le commencement d'une ère nouvelle dans l'histoire de la science. Gardons-

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nous cependant de lui attribuer tout l'honneur de la réforme opérée dès lors dans la direction des recherches philosophiques ; sans doute il y a contribué plus que personne : mais son génie et ses ouvrages ont subi la puissante influence des circonstances et du caractère de l'âge où il vivait , et l'on peut croire qu'il n'a fait que hâter un événement qu'une foule de causes concourait à produire.

SECTION II

Application des principes précédents à la philosopliie de l'esprit humain.

10. La réforme introduite dans les recherches philosophiques pendant les deux derniers siècles , tout en dépassant le cercle des sciences physiques, n'a cependant point exerce la même influence dans les autres branches de la connaissance humaine. On s'en aperçoit assez au scepticisme qui s'attache encore aux principes de la métaphysique et de la morale. A ce mal il n'y a qu'un remède : c'est d'appliquer à ces matières la méthode d'induction.

11. Comme toute notre connaissance du monde matériel repose définitivement sur des faits constatés par l'observation , de même toute notre connaissance de l'esprit humain repose , en dernière analyse , sur des faits attestés par la conscience. Que l'on soumette ces faits à un examen attentif, peu à peu les lois

générale» de In constitution humaine se dévoileront , et avec le temps nous verrons .s'élever une science de l'esprit égale en certitude à celle des corps. Les ouvrages de Reid olTrent de beaux exemples de recherches semblables

12. Les objections qu'ont opposées des écrivains de nos jours aux résullats obtenus par les métaphysiciens qui ont. appliqué lu iiii'lliiiile cl im I uc:t i> ni i\ la science de l'esprit août tout-à-fait semblables aux accusations qu'on porta d'abord contre la doctrine de Newton : ou prétendit que la gravitation tendait à faire revivre les qualités occultes d'Aristnlc : comme si , dans toutes nos recherches , soit qu'elles se rapportent à la matière . soit qu'elles touchent à l'esprit , l'oeuvre du philosophe ne se bornait pas à rattacher des faits particuliers à des faits généraux , comme si nos plus heureuses tentatives pouvaient jamais avoir d'autre terme que la découverte de quelque loi de la nature dont l'explication est impossible.

SECTION UI

Des rames i/ui relardent 1rs progrès de la connaissance humaine , et spécialement ceux de la philosophe de l'esprit humain et des sciences oui s'y rattachent.

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