SUJET ET DISPOSITION DE CE TRAITÉ
1. La philosophie morale a pour objet do déterminer les règles générales d'une conduite sage et vertueuse, autant qu'elles peuvent l'être par les simples lumières de la raison , c'est-à-dire par l'examen des principes de la constitution humaine et des circonstances dans lesquelles nous sommes placés.
2. En L'nvisajfwint sous ce point de vue les principes de notre constitution, nos recherches se distribuent sous trois chefs principaux , selon qu'elles se rapportent :
1" Aux facultés intellectuelles de l'homme ;
2° A ses facultés actives et morales ;
8° A l'homme considéré comme membre d'une association politique. '
Qr, de ces trois articles, les deux premiers reproduisent la division vulgaire do la .nature humaine en
facultés de l'entendement et facultés de la volonté, division qui remonte à la plus liante antiquité, et qui embrasserait tout l'objet de ln philosophie morale, si l'homme ne devait pas être envisagé aussi dans sus rappurls avec 1rs institutions po| iliipies. Mais connue, excepte dans l'étal sauvage, l'homme a toujours fuit pai'lio d"idin.' ai h.-Li.-!l- . les principes sur lesquels reposent ces associations peuvent être regardés comme tics luis essentielles cl universelles do notre eonstitulion : et tant qu'on ne les aura pas examinés, ou ne pourra se faire une juste idée de notre situation eu ce monde, ni si 1 rendre compte do nosdevoirs les plus importants envers nos semblables. Celle partie de la question a d'ailleurs avec les doux antres une linison plus intime qu'il oc parait au premier coup d'ceil : d'une part, c'est dans l'union politique et dans les prrfectioTinouieols graduels dont elle est susceptible que la nature s'est menace les moyens les plus efficaces d'opérer notre développement intellectuel et moral, et par-là d'augmenter notre bonheur ; de l'autre . c'est aux formes particulières des institutions' sociales que se rattachent, comme à leur cause principale, ces opinions, ces habitudes qui constituent les niecars d'une nation. Or, nous verrons par ln suite combien toutes ces choses tiennent de près a l'avancement et à la félicité de l'espèce humaine.
3. L'homme étant nn être sensible, on peut aussi rechercher quels sont les plaisirs et les peines dont
il est susceptible. Ce point de vue aurait pu nous fournir la matière d'uni' quatrième division. Mais, au lieu de pousser si loin les distinctions et l'analyse, il nous a paru plus convenable de fondre celte parlio de la philosophie de l'esprit humain dans les trois autres, et de rattactier les remarques que pourront nous inspirer les différentes espèces de plaisirs et de peines à l'examen des principes moraux et intellectuels dont le développement les lait naître.
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