II. De l'évidence du gouvernement moral de Dieu
316. Nous l'avons déjà remarqué (g. 286 ) , nos premières notions des Attributs moraux de Dieu dérivent de nos perceptions morales ; et c'est par elles que nous obtenons la démonstration la plus directe qu'il les possède réellement.
317. Notre esprit, comme nous l'avons observé (§. 200) , conçoit, entre le juste et l'injuste , une distinction tout aussi éternelle , tout aussi immuable qu'entre le vrai et le faux mathématiques. Quand donc nous nous servons de nos jugements moraux pour apprécier l'administration de Dieu , on n'a paa le droit de censurer cette induction , ni de prétendre que nous étendons illégitimement à la nature divine les principes arbitraires de notre constitution.
318. Entre les facultés qui nous élèvent au-dessus des bêtes , celle de concevoir cette distinction est une des plus remarquables ; le sentiment d'obligation qui l'accompagne s'annonce avec une prééminence qui le distingue de tous nos autres principes d'action (§. 213). Soumettre notre conduite à ses prescriptions est évidemment le plus haut degré d'excellence que notre nature puisse atteindre, et nous sommes forcés d'étendre à tous les êtres intelligents la même règle [l'appréciation inorale. .