CHAPITRE VIII
Toutes les recherches furent inutiles, il fut impossible de découvrir la trace des bandits, et Andrès se convainquit bientôt que Denner avait tenu parole , et qu'il avait quitté le pays avec sa
bande. L'argent qu'il avait reçu de Donner ainsi que l'épingle d'or, furent déposés dans la cassette où se trouvaient les autres bijoux, car Andres ne voulait pas se souiller en touchant à des présens dont la source était si impure. Il arriva ainsi qu'il ne tarda pas à retomber dans sa première misère ; mais peu à peu son âme devint plus calme et plus tranquille. Après deux ans, sa femme mit au monde un second fils, sans toutefois devenir malade comme la première fois. Un soir, Andrès était assis auprès de sa femme, qui tenait sur son sein le nouveau né, tandis que l'aîné jouait avec un gros chien qui , en sa qualité de favori du maître, avait le privilège de rester dans sa chambre , lorsque le valet entra et annonça qu'nn homme qui lui semblait fort suspect, roJait depuis une heure autour de l.i
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maison. Andrès se disposait à sortir avec son fusil, lorsqu'il entendit prononcer son nom. Il ouvrit la fenêtre et reconnut au premier coup-d'œil, l'odieux Ignace Denner qui avait repris son habit de marchand , et qui portait une valise sous son bras.
— Andrès, s'écria Denner! il faut que tu me donnes un asile pour cette
nuit Demain, je continuerai ma
route.
— Quoi , scélérat ! s'écria Andrès hors de lui, tu oses te montrer ici?.... Ne t'ai-je pas tenu parole ? Mais toi, remplis-tu la promesse que tu as faite de ne jamais reparaître en ce pays? Je ne souffrirai pas que tu franchisses le seuil de ma porte. Eloignetoi bien vite, ou je te tue! — ^Slais non, attends, je vais te jeter ton or et tes bijoux avec lesquels tu voulais séduire ma femme; puis, tu te reli-
reras. Je t'accorde un délai de trois jours , après lequel si je retrouve la moindre trace de ion passage ou de celui de ta bande, je cours à Fulda et je découvre à l'autorité tout ce que je sais. Exécute les menaces que tu m'as faites, si tu l'oses; moijemefieen l'assistance de Dieu , et je saurai me défendre !
A ces mots, Andrès chercha la c;issette pour la jeter, mais lorsqu'il revint près de la fenêtre, Denner avait disparu. Andrès vit bien que le retour de Denner le mettait en danger; il passa plusieurs nuits à veiller; mais le calme de la maison ne fut pas troublé, et il pensa que Denner n'avait fait que passer par la forêt. Pour mettre fin à son inquiétude et pour apaiser sa conscience, qui lui faisait d'amers reproches , il résolut de ne pas garder le silence et d'aller remettre la cassette
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entre les mains des magistrats de Fulde. Andrès n'ignorait pas qu'il n'échapperait pas à un châtiment, i!
comptait toutefois en le mérite d'un aveu sincère ainsi qu'en la protection de son maître le comte de Fach , qui avait toujours eu à se louer de lui.
Mais le matin, au moment où il se disposait à partir , il lui vint un message du comte qui lui recommandait de se rendre à l'heure même au château.
A.U lieu de prendre le chemin de Fulde, il suivit donc le messager, non sans que le cœur lui battît d'inquiétude.
En entrant au château, on l'introduisit aussitôt chez le comte.
— Réjouis-toi, Andrès, hiiditceluici , il vient de t'arriver un bonheur inespéré. Tu te souviens sans doute de notre vieil hôte grondeur de Naples, le père adoptif de ta Giorgina.