XIV
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mit en marche rfans l'ordre accoutume, à travers le"s flots d'un peuple innombrable accouru à ce spectacle. Andrès priait a haute voix et édifiait tous ceux qui le voyaient. Denner avait la mine du coquin le plus insouciant et le plus déterminé : il regardait gaîment autoui de lui, et riait souvent en regardant le pauvre Andrès. Celui-ci devait être exécuté le premier; il monta l'échelle avec fermeté, accompagné du bourreau. Alors une femme poussa un grand cri, et tomba évanouie dans les bras d'un vieillard. Andrès jeta les yeux de ce côté: c'était Giorgina.
— Ma femme , ma pauvre femme , je meurs innocent! s'écria-t-il.
T.e magistrat fit dire au bourreau, qu'il eût à se dépêcher, car il s'élevait un murmure dans le peuple, et des pierres volaient vers Denner, qui avait paru a son tour sur l'échelle, et qui se
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moquait des spectateurs. Le bourreau attachait déjà la corde au cou d'Andrès, lorsqu'on entendit au loin une voix qui criait: Arrêtez! arrêtez! — Au nom du Christ arrêtez! — Vous exécutez un innocent!
— Arrêtez! arrêtez! s'écrièrent mille voix, et les soldats eurent peine à repousser le peuple qui se pressait déjà pour faire descendreAndrès de l'échelle.
L'homme qui avait prononcé le premier cri approchait à cheval, et Andrès reconnut en lui, au premier coup-d'œil, le marchand de Francfort qui lui avait compté l'héritage de Giorgina. Le marchand déposa devant le magistrat, qu'Andrès se trouvait à Francfort le jour de l'attaque du château, et il aj)puya son témoignage par des pièces irrécusables. Le magistrat ordonna alors que Ton reconduisît Andrès dans son cachot.
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Denner avait tout écouté avec beaucoup de calme, du haut de son échelle; mais lorsqu'il entendit les paroles du juge, ses yeux étincelèrent, il grinça des dents, et poussa des cris de désespoir.
• — Satan ! satanl s'écriait-il, tu m'as trompé! malheur à moi! Il échappe....
tout est perdu,...
On le fit descendre de l'échelle , il se laissa tomber à terre, et murmura sourdement: — Je veux tout avouer.
Je veux tout avouer!
Son exécution fut aussi retardée , et on le conduisit dans un cachot où tout espoir d'échapper lui fut ravi.
Quelques niomens après le retour d'AïuIres dans la prison, Giorgina vint tomber dans ses bras.
— Ah ! Andrès* Andrès , s'écria-telie, maintenant que je te sais innocent, je te retrouve tout entier; ca;*
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moi aussi j'ai douté de ton honneur et de ta loyauté!
Bien qu'on eût caché à Giorgina le jour de l'exécution, elle était accourue à Fulda, poussée j3ar une inquiétude inexprimable, et elle était arrivée sur la place au moment même où son mari gravissait la fatale échelle. Le marchand avait été long-temps en voyage, en France et en Italie, le hasard ou plutôt la volonté du ciel voulut qu'ii vînt à temps pour arracher le pauvre Andrès à une mort infamante. Dans l'auberge il apprit toute cette histoire, et l'idée lui vint que ce pouvait être le même garde-chasse, qui était venu recevoir chez lui , deux années auparavant, un legs venu de Naples. Denner lui-même convint de la vérité de ce fait, et prétendit qu'il fallait que le diable l'eût aveuglé; cai* il se croyait bien certain d'avoir vu Andrès combattre à
son côté, au château de Fach. Andrès fut acquitté eu faveur de la longue détention qu'il avait subie , et il alla s'établir avec sa femme au château où le généreux comte le reçut.
Le procès contre Ignace Denner j)rll alors une tout autre tournure. Ses dispositions avaient entièrement changé depuis l'élargissement d'Andrès.
•Son orgueil était tombé, et il fit à ses juges des aveux qui les firent frémir d'horreur. Denner s'accusa lui-même , avec toutes les marques d'un profond repentir, d'avoir fait un pacte avec le diable, pacte qu'il suivait depuis son enfance, et l'instruction continua avec le secours de l'autorité ecclésiastique. Les récits de Denner renfermaient tant de circonstances extraordinaires , qu'on les eût regardés comme les rêves d'un cerveau malade, si les informations qu'on prit à Naples , qu'il désigna
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ïomme sa patrie, n'en eussent fait reconnaître l'exactitude.
Un extrait des actes du tribunal ecclésiastique de Naples livra les documens suivans sur l'origine d'Ignace Denner,
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