VII
paupières devaiil Pérégrinus qui la regardait d'un œil fixe , lui réitéra sa demande : — Qu'y a-t-il, monsieur, pour votre service? Pérégrinus parvint à grand' peine à lui demander si ce n'était pas ici que demeurait le relieur Laemmerhirt. Laemmerhirt était sorti, et Pérégrinus, peu maître de son trouble, parla de reliures et de livres que celui-ci avait à lui rendre. Il finit par se remettre un peu, et se ressouvint de l'édition de luxe de l'Arioste que l'artiste avait dû relier pour lui en maroquin rouge avec de riches dorures.
A ces mots on eût dit qu'une étincelle électrique eût frappé la jeune fille ; elle s'écria les larmes aux yeux : — Ah ! Dieu, vous êtes M. Tyss! et fit un mouvement comme si elle eût voulu saisir la main de Pérégrinus , mais elle recula aussitôt, et un profond soupir s'échappa du fond de sa poitrine. Un
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sourire gracieux brilla sur les lèvres de la jeune fille, elle se répandit en bénédictions sur Pérégrinus, le bienfaiteur de son père et de sa mère. Elle lui rappela avec quelle bonté il avait fait aux enfans de la maison les présens de Noël. Elle débarrassa vivement le fauteuil de son père des livres, des manuscrits et des papiers imprimés qui le surchargeaient, le poussa en avant, et, du ton de l'hospitalité la plus gracieuse, invita Pérégrinus à s'y asseoir. Elle alla ensuite chercher les volumes de l'Arioste, et remit à Pérégrinus ce chefd'œuvre de l'art de la reliure , souriant avec fierté , car elle savait bien que Pérégrinus ne refuserait pas son approbation au beau travail de son père.
Pérégrinus tira de sa poche qtselques pièces d'or, mais l'aimable personne se hâla d'assurer qu'elle ne savait pas le prix de ce travail, et qu'elle ne pouvait
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en recevoir le paiement; eiie priît M. Pérégrinns d'avoir la bonté d'attendre quelques instans, disant que son père serait bientôt de retour. Il semblait à Pérégrinns que l'indigne métal se fondît dans sa main en un lingot brûlant, il se hâta de remettre les pièces d'or dans sa poche. Dès qu'elle le vit assis dans le large fauteuil de son père, la jeune personne prit une chaise, et Pérégrinns, par un mouvement instinctif de politesse, se leva aussitôt pour la lui offrir; mais il arriva qu'au lieu de prendre le dossier de cette chaise, il saisit la main de la jeune personne et crut, en essayant de presser doucement cette main, sentir une pression à peine sensible.
Elle prit avec un laisser-aller enfantin le bras de Pérégrinns plongé dans une mer de délices, le reconduisit à son fauteuil et le pria de nouveau de
s'asseoir, en s'asseyant elle-même en face de lui, et prenant en main , je ne sais quel travail de femme.
Pérégrinus se trouvait comme un liomnie battu de l'orage sur une mer houleuse. O princesse! Ce mot lui échappa sans qu'il sût comment. La jeune fille le regarda d'un air effrayé, rougit, et dit, avec une modestie virginale : — Mes parens me nomment Rosine, donnez-moi aussi ce nom, cher M. Tyss, car je suis un de ces enfans à qui vous avez témoigné tant de bonté et qui vous honorent si sincèrement.
— Rosine! s'écria Pérégrinus hors de lui , et pouvant à peine s'empêcher de se précipiter aux genoux de la charmante fille.
Rosine se mit alors à lui raconter en continuant tranquillement son travail, que depuis l'époque où ses parens avaient été réduits par la guerre, à la
plus cruelle indigence elle avait été recueillie par une tante dans une petite ville voisine; cette tante étant morte depuis quelques semaines, elle était revenue chez ses parens.
Pérégrinus n'écoutait que la douce voix de Rosine sans s'occuper du sens de ses paroles , et il n'acquit la conviction qu'il ne faisait pas un rêve délicieux qu'au moment où Laemmerhirt entra dans la chambre et le salua de la manière la plus affectueuse. Peu de temps après, arriva la mère avec les enfans, et comme, dans l'esprit inconstant de l'homme , les pensées , les mouvemens, les sensations, se croisent, se combinent, s'entre - mêlent sans ordre apparent et de mille manières, il arriva, qu'au milieu même de son extase qui le transportait dans un monde nouveau pour lui, il vint toutà-coup à penser que le grave Pépusch
avait blâmé les présens qu'il avait faits aux enfans de Laemmerhirt. Il fut très- satisfait d'apprendre qu'aucun de ces enfans ne s'était fait mai à l'estomac avec les friandises qu'il avait reçues de lui; et la manière joyeuse et amicale , orgueilleuse même , qu'ils mettaient à admirer le grand buffet où était en réserve le reste de ses présens, lui prouva que ces enfans regardaient le dernier acte de sa munificence comme quelque chose d'extraordinaire qui pourrait ne se renouveler jamais.
Ainsi le grondeur Aloès avait eu complètement tort.
— O Pépusch, se dit à lui-même Pérégrinus, ton cœur déchiré et troublé n'est accessible à aucun des purs rayons du véritablje amours! cette pensée ramena Pérégrinus à songer à autre chose qu'à des bonbons et des jou-
jotix donnés pour étrennes à des cnfahs.' Laemmerhirt, homme doux, traniquïlle et bon , regardait avec une joie calme et modeste sa Kosiue allant et venant en s'occupant toujours. Elle était en ce moment dans l'angle le plus éloigné de la chambre , auprès d'une petite table, entourée de ses jeunes frères et sœurs, à qui elle préparait de copieuses tartines de pain et de beiirre, les enfans se j^ressaient autour d'elle, et ce petit tableau avait tout le charme d'une idylle domestique.
Pérésriniis s'extasiait à cette vue, sans qu'il lui vînt à l'esprit de songer à la Charlotte de Werther et à ses tartines.
Laemmerhirt se rapprocha de Pérégrinus et se mit à lui parler à demivoix de Rosine. Il dit combien cette chère enfant était bonne et sage, avoua (jiie le ciel lui avait aussi accordé le
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(Ion d'une beauté peu couimune et qu'il osait espérer de n'avoir jamais à attendre d'elle que de la joie; ce qui, ajouta-t-il en la montrant, lui plaisait surtout en elle, c'était que Rosine avait du goût pour le noble art de la reliure, et que, depuis le peu de semaines qu'elle était revenue auprès de lui, elle avait fait des progrès si rapides et si peu ordinaires, dans la partie la plus délicate de cet art, qu'elle était déjà beaucoup plus habile que tel idiot d'apprenti qui, depuis des années, gaspillait l'or et le maroquin , et ne savait encore placer les lettres que de travers et de telle sorte qu'elles ressemblaient à des paysans ivres qui sortent, en trébuchant, du cabaret.
Le père enchanté de sa fille glissa en grande confidence dans Toreille de Pé-
réojrinusles mots suivans : — Ce secret
m'échappe, M. Tyss, il m'étouffe, je
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ne puis le garder. — Savez-vous bien que c'est ma Rosette qui a doré la tranche de votre Arioste!!!
Dès que Perégrinus eut reçu cette confidence, il saisit à la hâte les précieux volumes maroquinés, comme s'il eût voulu s'emparer de ces objets sacrés avant qu'un événement fâcheux les lui dérobât. Laemmerhirt crut que ce mouvement indiquait de la part de Perégrinus l'intention de s'en aller, et le pria de vouloir bien demeurer encore quelques instans au milieu de sa famille. Cette invitation même rappela à Perégrinus qu'il était temps enfin qu'il s'éloignât , il régla promptement son compte avec Laemmerhirt qui, comme d'habitude , lui tendit la main en signe d'adieu , sa femme en fit autant , et Rosine aussi. — Les enfans s'étaient placé dans l'embrasure de la porte, et pour que la folie de l'amour
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ne perdît pas son droit, Pérégrinus en sortant arracha de la main du plus jeune le reste de sa tartine, y donna de suite un coup de dents et descendit l'escalier comme un ensorcelé.
— Là, là, dit le petit tout ébahi, qu'est-ce que cela veut dire ? Si M. Tyss avait faim, il pouvait bien me le dire, je lui aurais de bon cœur donné ma tartine tout entière.
M. Pérégrinus Tyss regagna pas à pas sa maison, portant avec peine sous son bras les lourds in-quarto, et mangeant l'une après l'autre, les miettes du reste de la tartine, comme s'il eût savouré la manne du désert.
Lorsqu'il arriva chez lui, la vieille Aline vint à sa rencontre, et par des signes qui exprimaient l'inquiétude et une vive émotion , l'invita à entrer dans la chambre de M. Swammerdamnj. La porte était ouverte, et Pé-
régriniis aperçut Doertje Elverdin qui était assise, immobile, dans un fauteuil, et dont le visage contracté, semblait être celui d'iui cadavre qui a déjà babité le tombeau. Sur d'autres fauteuils étaient pareillement étendus et faisant aussi laide mine , Pépusch , Swammerdamm et Leuwenhoeck. — Voyez un peu, dit la vieille, la belle «compagnie de spectres, les voilà tous les quatre dans cette position depuis le matin; ils ne boivent, ne mangent, ne parlent , ni ne respirent !
Pérégrinus éprouva un grand efiroi à cet aspect. Cependant ces images sinistres disparurent au milieu des rêves célestes où il nageait depuis le moment où il avait vu Rosine. Les souhaits, les rêves , les douces espérances aiment à s'épancher dans im cœur ami ; en estil d'autre alors pour le pauvre Pérégri-
nus, que le cœur loyal du bon Maître Floh! C'était à lui qu'il voulait ouvrir son cœur , c'était à lui qu'il voulait parler de Rosine. Mais il eut beau l'appeler, le prier de se montrer, maître Floh resta invisible, il avait disparu.
Dans le pli de sa cravate où maître Floh avait coutume de se nicher, Pérégrinus trouva , après une recherche soigneuse, une petite boite sur laquelle étaient écrits les mots suivans.
» Ici se trouve le verre microsco- )) pique. Si vous regardez attentive- » ment avec l'œil gauche, à l'intérieur » de cette boîte , le verre se placera à » l'instant même dans votre pupille ; » pour l'en retirer, il vous suffira de » tenir votre œil au-dessus de l'anté- }) rieur de la boîte , et de vous presser » doucement la pupille, et le verre » tombera au fond de cette boîte. — Je w travaille pour vous, et en cela, je
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» risque beaucoup : mais, pour son di- » g ne protecteur, que ne ferait son ser- » viteur Le maître Floh. »
Le lecteur a dès long-temps deviné que M. Tyss s'était fortement épris de la petite Doertj e; mais qu'il n'avait connu le véritable amour céleste qu'en voyant la cliarmante Rose Laemmerhirt
Mais le démon étend toujours sa main noire sur les niomens les plus brillaiis de notre vie. Pérégrinus fut tenté de s'assurer des pensées de Rose ; il porta la main sur le présent de maître Floh; et se disposa à se servir du microscope ; mais Rose le regardait d'un air si pur et si touchant, qu'il se reprocha cette tentation comme un crime. Il se précipita aux pieds de la jeune fille fort effrayée , et s'écria en pleurant qu'il ne
méritait pas l'amour d'un être aussi parfait et aussi angélique.
— Mon Dieu , mon cher Pérégrinus, tlit Rose en le serrant dans ses bras , que vous est-il donc arrivé? Quel démon ennemi est donc venu se placer entre nous? O! soyez calme et venez vous placer près de moi.
Pérégrinus se laissa relever sans prononcer une parole. Heureusement le vieux canapé vermoulu se trouvait, comme d'ordinaire, chargé de livres, de brochures et d'instrumens de relieur, et tandis que Rose s'occupait à les repousser pour se faire une place , Pérégrinus eut le temps de se remettre de son trouble.
— Je sais, dit-elle enfin en baissant les yeux , lorsqu'ils se trouvèrent assis l'un près de Tautre, je sais, mon ami , ce qui t'a troublé tout-à-coup. Je conviens cju'on m'a conté des choses
niei*veillei]ses sur les habitans de ta maison, les voisines, — les voisines jasent beaucoup, tu le sais, — les voisins prétendent qu'il se trouve une femme singulière, une princesse même, que tu as apportée, toi, dans tes bras, pendant la nuit de Noël; et que cette personne, que le vieux Swammer donne pour sa nièce, exerce sur toi une singulière séduction. Mais ce n'est pas tout, mon cher Pérégrinus, on a voulu m'inspirer de fâcheux soupçons contre toi... On dit que cette femme est le diable en personne, qui a pris cette figure pour te perdre, et puis... Mais, regarde-moi, mon ami, tu verras qu'il ue s'est glissé nulle défiance dans mon âme , et que ma confiance en toi est restée bien entière, ainsi que mon amour !
— Loin, loin de moi cet abominable présent ! s'écria Pérégrinus, et il prit
le microscope pour le jeter loin de lui; tout-à-coup, ses sens l'abandonnèrent, il tomba dans un profond sommeil, et en se réveillant subitement, il se trouva dans sa maison. Une vive clarté passa devant ses yeux. Il les ouvrit à demi, et aperçât maître Floh sous sa forme microscropique, mais couvert d'un riche manteau , et une torche flamboyante dans sa patte antérieure.
Pérégrinus voulut se lever; au même instant une épaisse vapeur aromatique se répandit dans la chambre, et lorsqu'elle fut dissipée, Pérégrinus se trouva sur un trône magnifique , vêtu comme un prince de l'Orient, une couronne de diamans sur la tête, et au Heu de sceptre, la mystérieuse fleur du lotus, à la main. Le trône était élevé dans une salle immense, soutenue par des milliers de colonnes de cèdre. Au fond de la salle , le génie Thétel s'efforvn. 22
çait, mais inutilement, de s'élever dans les airs, et le sale prince des sangsues se débattait pour se gonfler, en murmurant : Gamahehl Gamaheh! Au milieu de la salle , sur des microscopes immenses, se trouvaient Leuwenhoeck et Svvammerdamm poussant des cris plaintifs; et près du trône on voyait Georges et Doertje, plongés dans un évanouissement orofond.
Pérégrinus, ou (nous pouvons le nommer ainsi) le roi Sékakis, rejeta en arrière le manteau royal qui le couvrait, et une escarboucle qui formait son cœur, jeta des rayons éclatans dans la salle.
Le génie Thétel se dispersa aussitôt en milliers de flocons flasques et incolores, qui, chassés par le vent, allèrent se perdre dans les buissons de roses du jardin. Le prince des sangsues s'abîma dans la terre qui le reçut en frémissant
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et les deux mages, tombés clans le microscojDe, se confondirent en une seule masse qui exala de sourds gémissemens; mais Gamaheh et l'Aloès revinrent à la vie, et tombèrent à genoux devant le roi , en se cachant les yeux , car ils ne pouvaient supporter l'éclat de l'escarboucle.
Pérégrinusse leva, et dit : — " Génie » Thétel, le démon t'avait formé avec » les houppes légères qu'une pauvre » fleur avait perdues, il t'avait créé pour » tromper leshommes, sois doncanéan- » ti, vain fantôme! Mais vous, pauvres » insensés, Swammerdamm etLeuwen- » hoeck, votre vie a été une erreur éter- » nelle! Vous avez voulu pénétrer la » nature, sans soupçonner la tendance » de ses mouvemens intérieurs. Vous » avez pensé que vous pourriez porter » impunément vos regards dans ses se- » crets mystérieux. Votre cœur estres-
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« té mort et pétrifié au milieu de vos » contemplations; jamais l'enthousias- » mevéritabie n'a enflammé vos cœurs; » jamaisv les fleurs, les légers insectes » aux ailes bariolées n'ont pailé à vos » cœurs. Vous avez cru découvrir les » miracles de la nature, et vous n'avez » poursuivi qu'une chimère. Insensés, » c'est la mort éternelle que vous avez » trouvée I »
Pendant ce discours, la princesse Gamaheh et l'Aloès étaient restés agenouillés près du trône.
— Venez sur mon cœur, mes amis , leur dit Pérégrinus. Ils s'y précipitèrent; ia pâleur de leurs joues, disparut aussitôt , et une vie jeune et nouvelle anima tout leur être. Maître Floh qui était resté debout derrière le trône, reprit sa forme naturelle, et s'élança dans le sein de la belle Gamaheh. Mais, ô miracle ! au même instant, Rosine se
iviaître floh. ^6t
trouva clans les bras de l'heureux Pérégrinus
Pérégrinus acheta une jolie maison de campagne dans les environs de la ville. On y célébra ses noces avec Rosine et celles de son ami avec la petite Doertje Elverdin. J'abandonne à mes lecteurs la description des robes, des deux fiancées. J'ajouterai seulement que Pérégrinus et Rosine étaient la joie et l'innocence même, tandis que Georges et Doertje étaient renfermés en eux-n)ènies, et semblaient respirer uniquement l'un et l'autre.
11 était minuit, lorsque l'odeur balsamique de l'aloès à fleurs de géant, se répandit dans tout le jardin. Pérégrinus se réveilla , et crut entendre des sons harmonieux et plaintifs. Il lui semblait qu'on arrachait violem-
iSt. contes fantastiques.
ment un ami de son sein. I.e lendemain Georges et Doertje ne se trouvèrent pas, le lit nuptial était même intact. — Tout-à-coup , le jardinier accourut et vint annoncer qu'un grand miracle s'était opéré dans le jardin.
Pérégrinus et Rosine descendirent. Un magnifique Cactus grandiflocus s'était élevé dans le jardin , mais le soleil levant l'avait flétri, sa tête était penchée, et sur sa tige s'appuyait amoureusement une tulipe jaune et lilas, qui venait d'expirer de la mort des fleurs. — O mes pressentimens, s'écria Pérégrinus , vous ne m'aviez pas trompé ! Le mystère est dévoilé ! Le moment où tes désirs ont été remplis a été le moment de ta mort. Rosine semblait aussi deviner la signification de ce phénomène, elle se baissa sur la pauvre tulipe flétrie, et versa d'abondantes larmes.
— Vous avez raison , M. Tyss , dit maître Floh qui reparut tout-à-coup sur une des feuilles de l'aloès, il en est ainsi en toutes choses; et moi, j'ai perdu pour toujours ma bien-airaée.
Je retourne maintenant auprès de mon peuple ; mais je ne vous oublierai jamais!
En effet, maître Floh est resté le bon génie de la famille Tyss, et, chaque année, il apporte aux enfans de Pérégrinus de petits présens qui sont l'ouvrage de ses vassaux; mais on ignore entièrement quelle vie a mené depuis le sage maître Floh , et son histoire merveilleuse prend ici une heureuse et désirable
Fin.