L'ABSENCE
J'y songerai toute ma vie;
Voila le lieu Où ma tant belle et douce amie
Me dit adieu :
Chaque jour au même bocage
Je viens exprès, Et ne trouve sous le feuillage
Que des regrets.
Pourtant, moi qui suis tant à plaindie,
Je fus heureux 5 Trop heureux , j'étais loin de craindre
Ce coup affreux.
Toujours auprès de ce que j'aime
Sous ce berceau , Mon plaisir fut toujours le même,
Toujours nouveau.
En vain , touchante souvenance ,
Vous me flattez :
Au lieu d'adoucir ma souffrance,
Vous l'augmentez.
Quand on est loin de ce qu'on aime ,
Plus de plaisir!
Le souvenir du plaisir même
Coûte un soupir.