‹ Œuvres de F.-B. Hoffman (volume 5)Chapitre 104 sur 117 · NOUVEAUX ADIEUX · texte numérisé non relu

NOUVEAUX ADIEUX

Le sort commande, il veut que je te quitte; Il faut céder à son injuste loi :

Console- moi, dis-moi que dans ma fuite Ton cœur s'échappe et s'éloigne avec moi.

Songeons, Eglé, dans les maux de l'absence, Au seul moyen qui peut les adoucir; De nos beaux jours gardons la souvenance , Et que nos pleurs soient encore un plaisir.

Moins malheureux, je verrai ton image Dans un climat qui ne te vit jamais ;

MES SOUVENIRS. 5o3

Puisse des vents le rapide message

Te rapporter les vœux que j'aurai faits?

Quand les oiseaux annonceront l'aurore, Levons au ciel nos regards inquiets; Et nos regards se confondront encore En se fixant sur les mêmes objets.

Quand de Phébé la lumière tremblante D'un voile pur aura blanchi les cieux, Regardons-la, sa clarté bienfaisante Me renverra tout l'éclat de tes yeux.

Belle Phébé, si jamais l'inconstance De mon Eglé vient m'enlever le cœur, Ne m'ôte pas la douce confiance; Ah! par pitié laisse-moi mon erreur.

Que chaque nuit ta clarté lui rappelle Tous les plaisirs que nous avons perdus : Ces doux momens où tu me vis près d'elle , Dis à son cœur qu'ils nous seront rendus.

Daigne sourire, indulgente déesse, A tous les vœux que nous t'adresserons: Tu recevras, tu nous rendras sans cesse Tous les baisers que nous nous enverrons.

5o4 MES SOUVENIRS.

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