‹ Œuvres de F.-B. Hoffman (volume 5)Chapitre 106 sur 117 · L'AMOUR ET LA JEUNE FILLE · texte numérisé non relu

L'AMOUR ET LA JEUNE FILLE

Un jour sous la coudrette,

L'Amour S'en vint dire à Lisette

Bonjour ï La jeune bergerette

Le vit, Et sitôt la pauvrette

Rougit.

Le dieu qui voit son trouble

Subit , D'empressement redouble ,

Et dit :

Vous savez bien , bergère ,

Charmer 5 Il faut encor, ma chère ,

Aimer.

Avec un doux sourire ,

Un mot, Rend un cœur qui soupire

Bien sot; La jeune bachelette

Se tut, Mais son âme jeunette

S'émut.

MES SOUVENIRS. 5c>7

Tandis qu'elle palpite

De peur, L'Amour saisit bien vite

Son cœur :

Dès qu'il en fut le maître ,

Il rit, Et puis le petit traître

Partit.

Tandis que la victime

Gémit , L'ingrat , fier de son crime ,

S'enfuit.

Plaignez, jeune fillette,

Lison $ Et profitez de cette

Leçon.

A CELLE QUI S'Y RECONNAITRA.

Il ne faut plus songer à moi , Me dit hier dame Lucrèce :

A l'hymen j'ai donné ma foi, Je lui dois toute ma tendresse.

Recevez ce baiser bien doux, Pour prix de votre amour sincère; Mais par respect pour mon époux, Oubliez que je vous fus chère.

Baisez encor, baisez ces yeux

Qui vous causent tant de souffrance 5

5o8 MES SOUVENIRS.

Mais que ce soit pour nos adieux, Et que ce soit sans espérance.

Ah ! si jamais je m'enflammais, 1/amour me tournerait la tête, Et j'aimerais trop si j'aimais :

Mais, grâce au ciel ! je suis honnête.

Comme elle pérorait ainsi, J'entends du bruit à la fenêtre; Aroilà mon pauvre cœur transi :

Fuyons , c'est le mari , peut-être.

Non, messieurs, c'était un amant

Qui venait vous devez m'entendre,

Et qui toussait impoliment, Parce qu'il s'ennuyait d'attendre.

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