‹ Œuvres de F.-B. Hoffman (volume 5)Chapitre 57 sur 117 · DES CABALES LITTERAIRES · texte numérisé non relu

DES CABALES LITTERAIRES

plus ultra de l'ambition littéraire , n'est point à l'abri des sarcasmes de ceux même qui le convoitent ; en déchirant les académiciens , on leur demande humblement une petite place à l'Académie.

Le mal ne serait pas grand si les chefs de parti se bornaient à faire chanter leurs louanges ; les lois n'empêchent pas un homme de respirer autant d'encens qu'il lui plaît ; on ne doit pas disputer des goûts ; on peut même imiter ce fou dont Voltaire parle dans Zadig, qui avait autour de lui une foule de génies -valets qui lui criaient sans cesse : // aura raison; et lui répétaient cent fois par jour cet aimable refrain : Ah ! combien monseigneur doit être content de lui-même ! Mais les suppôts /les coteries ne se bornent point à encenser leur idole ; ils déchirent impitoyablement les concurrens , les rivaux, et même ceux qui n'ont point exalté en vers ou en prose le génie du président ou les grâces de la présidente : malheur à tout ce qui brille sans leur permission ! Ils savent mieux nuire encore qu'ils ne savent flatter, et ils semblent avoir pris pour devise : Aimer est bon , mais haïr vaut bien mieux.

4p8 des comités de lecture.

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