‹ Œuvres de F.-B. Hoffman (volume 5)Chapitre 70 sur 117 · LA ROSE ET L'IMMORTELLE · texte numérisé non relu

LA ROSE ET L'IMMORTELLE

Dans un bosquet, la rose et l'immortelle Prirent dispute un beau matin.

Vous qui de ces deux fleurs ornez votre jardin, Ecoutez leurs raisons, et jugez la querelle.

La rose disait : je suis belle.

Fille de Flore et du Zéphyr, Je m'ouvre en saluant l'aurore 5 Je vois à mon aspect tout le ciel s'embellir, Et les rayons du jour me recherchent encore

Lorsque" dans l'onde ils vont s'ensevelir. Des doux pleurs du matin, mes feuilles imbibées , Et vers mon sein vermeil mollement recourbées,

Forment une grotte d'amour D'où s'exhale une odeur qui parfume le jour. J'accompagne Vénus, je flotte à son corsage 5 Etlorsque dans Paphos on lui vient rendre hommage, Les amours ont souvent douté Laquelle plaisait davantage Ou de la fleur ou de la déité. • Enfin, mon doux parfum, mon éclat, ma verdure, Fixent autour de moi les amours du canton , Et j'orne du plus beau fleuron La couronne de la nature.

Ma sœur, vous vous vantez toujours , Reprit l'humble immortelle, et vous n'êtes pas sage. Plus que moi, je le sais, vous plaisez aux amours, Mais j'ai sur vous un bien grand avantage : Vous mourrez avec les beaux jours, On me voit briller à tout âge.

O vous î en qui la vanité Fait préférer à tout la gloire d'être belle, Retenez bien cette moralité 5 Sexe charmant , la rose est la beauté , Mais le talent est l'immortelle.

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