‹ Œuvres de F.-B. Hoffman (volume 5)Chapitre 82 sur 117 · LE RUISSEAU · texte numérisé non relu

LE RUISSEAU

Dans la plus belle des prairies , Le plus beau des ruisseaux coulait paisiblement}

Sur ses rives toujours fleuries Les zéphyrs amoureux se berçaient mollement.

Dans le miroir de son onde argentée, On admirait des cieux l'image répétée 5

Enfin son cristal toujours pur

Lui fit donner le nom d'Azur.

Il eût en vain couru jusqu'au bout de la terre , Qu'il n'eût jamais trouvé de séjour plus charmant § Aussi demeura-t-il dans ce lieu solitaire,

Qu'il ne quitta pas d'un moment.

Notre gentil Azur, toujours pur et tranquille, Caressant tour à tour l'œil, l'oreille et le goût, Circulait, serpentait dans ce charmant asile $ Et seul en ce séjour il s'y trouvait partout. Or il apprit qu'une grande rivière, Non loin de lui roulait son onde altière. Ciel ! le voilà jaloux ! adieu tout son repos. Funeste ambition! crédules que nous sommes,,

Que tu nous a causé de maux !

Tu viens de corrompre les hommes,

Tu vas corrompre les ruisseaux.

Flatteuse et terrible nouvelle !

De notre ambitieux déjà Tonde étincelle 5 Il s'agite, il se gonfle, il veut franchir ses bords Pour braver un rival qui rit de ses efforts,

Qui ne le connaît pas peut-être.

Azur, mon cher Azur, ton sort était si beau?

Pourquoi vas tu chercher un maître?

Il foule sans pitié les fleurs qu'il a fait naître

Pour arriver à son tombeau.

Il se presse, il l'atteint, il y mêle son eau,

Qui s\ perd bientôt tout entière.

Qu'arriva -t-il? chacun parla de la rivière,

Mais on oublia le ruisseau.

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