A L'ESPERANCE
En quoi! vous me trompez, séduisante Espérance, Qui faisiez luire au loin les éclairs du plaisir! Hélas! je n'ai que vous pour calmer ma souffrance: Vous montrez le bonheur, laissez-moi le saisir.
Bonheur tant désiré, n'êtes -vous qu'un mensonge? Ne charmerez-vous pas le printemps de mes jours?
49 2 MES SOUVENIBS.
Bonheur trop peu connu , si vous n'êtes qu'un songe , Heureuse illusion, fais-moi dormir toujours.
Vous ressemblez, hélas! à l'heure fugitive 5 L'instant qu'elle promet de loin nous réjouit: Mais dès qu'elle a frappé mon oreille attentive, C'en est fait pour jamais elle s'évanouit.
Ainsi vous nous bercez dans l'aurore de l'âge; Ainsi vous nous bercez au déclin de nos ans : Vous promettez toujours, Espérance volage, Et vos appas trompeurs sont toujours séduisans.
Le jeune ambitieux, heureux à son aurore, Dans le cours de cent ans ne voit aucun écueil ; Et l'infirme vieillard croit voir errer encore Le fantôme d'un siècle autour de son cercueil.
Espoir consolateur, tout ressent ta puissance! Veillant dans les palais, veillant dans les hameaux; Apaisant la douleur, doublant la jouissance, C'est ton bras qui soutient la chaîne de nos maux.
Ne m'abandonne pas; l'éclat de ta lumière Pour êïre mensonger n'en sera pas moins beau; Et quand je serai près de fermer la paupière, Que je te voie encore, assis sur mon tombeau!