‹ Œuvres de F.-B. Hoffman (volume 5)Chapitre 95 sur 117 · A L'ESPERANCE · texte numérisé non relu

A L'ESPERANCE

En quoi! vous me trompez, séduisante Espérance, Qui faisiez luire au loin les éclairs du plaisir! Hélas! je n'ai que vous pour calmer ma souffrance: Vous montrez le bonheur, laissez-moi le saisir.

Bonheur tant désiré, n'êtes -vous qu'un mensonge? Ne charmerez-vous pas le printemps de mes jours?

49 2 MES SOUVENIBS.

Bonheur trop peu connu , si vous n'êtes qu'un songe , Heureuse illusion, fais-moi dormir toujours.

Vous ressemblez, hélas! à l'heure fugitive 5 L'instant qu'elle promet de loin nous réjouit: Mais dès qu'elle a frappé mon oreille attentive, C'en est fait pour jamais elle s'évanouit.

Ainsi vous nous bercez dans l'aurore de l'âge; Ainsi vous nous bercez au déclin de nos ans : Vous promettez toujours, Espérance volage, Et vos appas trompeurs sont toujours séduisans.

Le jeune ambitieux, heureux à son aurore, Dans le cours de cent ans ne voit aucun écueil ; Et l'infirme vieillard croit voir errer encore Le fantôme d'un siècle autour de son cercueil.

Espoir consolateur, tout ressent ta puissance! Veillant dans les palais, veillant dans les hameaux; Apaisant la douleur, doublant la jouissance, C'est ton bras qui soutient la chaîne de nos maux.

Ne m'abandonne pas; l'éclat de ta lumière Pour êïre mensonger n'en sera pas moins beau; Et quand je serai près de fermer la paupière, Que je te voie encore, assis sur mon tombeau!

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