VI NOTICE
térateurs distingués , que naquit François- Benoit Hoffnian, le 1 1 juillet 1760 , d'Elisabeth Roësler et de François Hoffman , ancien officier dans les armées de l'Empire. Son aïeul se nommait Ebrard ; il était attaché au service personnel de l'empereur Léopold. Ce souverain ne trouvant pas le nom d'Ebrard assez sonore pour une oreille impériale , y substitua celui de HofT-man , homme de cour : ceux qui ont connu particulièrement le plus spirituel des descendans du serviteur de Léopold conviendront qu'un pareil nom n'avait aucune analogie avec son caractère, et que jamais homme ne fut moins propre au rôle de courtisan.
Dès Tàge le plus tendre , HofFman sentit naître en lui le goût de l'étude, et c'est avec une ardeur extraordinaire qu'il se livra à son penchant studieux. Externe à l'un des collèges des environs de Nancy, il quittait tous les matins la maison paternelle bien avant l'heure indiquée , et c'était toujours lui qui entrait le premier en classe et qui en sortait le dernier. L'hiver, malgré la pluie et la neige, il partait avant le jour 5 une petite lanterne l'aidait à reconnaître son chemin j souvent
SUR F.-B. HOFFMATS. Vil
il lui est arrivé d'attendre une heure entière l'ouverture des portes et de récliauffer ses mains glacées à la faible lumière qui avait guidé ses pas. Diogène adolescent, ce n'était pas un homme qu'il cherchait , mais la science qui pouvait le conduire à la connaissance du cœur humain. Animé d'un zèle aussi ardent, ses progrès durent être rapides. Bientôt de nombreuses palmes classiques ombragèrent son jeune front. Encouragé par ses premiers succès , il ambitionna de nouveaux lauriers , et dès -lors chaque fois qu'il entra dans la lice, il en sortit vainqueur de tous ses rivaux. Malheureusement le laborieux athlète était d'une complexion délicate j l'excès du travail iinit par altérer sa santé , et pendant plus de quinze mois sa famille eut à craindre pour ses jours j déjà même il était abandonné des médecins lorsque la nature fit ce que l'art n'avait pu opérer : une crise favorable le ravit à la tombe qui s'était entr'ouverte pour lui. Dans la dernière moitié du dix-huitième siècle de petits vers étant encore des titres à la célébrité , ceux qu'Hoffman composa répandirent sa jeune renommée dans la