‹ Œuvres de F.-B. HoffmanChapitre 2 sur 263 · VIII NOTICE · texte numérisé non relu

VIII NOTICE

capitale de Pancienne Lorraine et lui valurent l'accueil le plus flatteur de la marquise de Boufflers , l'une des femmes les plus aimables de son temps , qui , ellemême , faisait de très- jolis vers 5 car sa faille intitulée : la Vérité à La Sorhonne ^ est un modèle de concision et de malice. La marquise habitait Nancy, et c'est chez elle que se réunissait une société choisie , dans laquelle l'illustration de la naissance ne l'emportait jamais sur les agrémens de l'esprit : à ce dernier titre, Hoffman ne tarda pas à devenir l'un des membres de cette petite académie qui subsista jusqu'à la mort de madame de Boufflers.

Il vint à Paris en 1/85, et y publia le recueil de ses poésies. Plusieurs journaux en firent l'éloge ; l'un des rédacteurs de l'Année littéraire le compare à un parteiTe agréable que l'oîi parcourt avec plaisir^ et où Voji peut voltiger de fleurs erijleurs *. On voit que l'Aristarque était dans un de ses jours de bienveillance. Il termine en disant d'une manière moins fleurie , mais

* Année litléraire , Ï786, t. II, pj^ge iSS.

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plus juste : Tous ces morceaux sont écrits as^ec grâce et une facilité élégante , et l'on peut mettre M. Hoffnian au rang de nos poètes les plus agréables *. Le succès de cette publication lia Hoffman avec plusieurs jeunes littérateurs, parmi lesquels on distinguait MM. de Fontanes , A. T. Arnault et Masson de Morvilliers. La politique n'ayant pas encore envahi le domaine de la littérature , ces jeunes poètes ne s'occupaient dans leurs réunions journalières que de prose et de vers ; tout événement survenu au Parnasse excitait leur admiration ou leur colère poétique , et chacun d'eux était obligé de rimer impromptu un éloge ou une épigramme : afin de mieux exalter la verve des initiés , on ne se mettait à table que lorsque l'inspiration était arrivée , et jamais Comus n'y obtenait le pas sur Apollon. La nomination de Sedaine à l'Académie française porta à son comble l'indignation de nos jeunes écrivains : un vers satirique n'attendait pas l'autre ; ce fut dans cette circonstance qu'Hoffman improvisa l'épigramme

* Ann^e lUténiire, 1786, t. II, page î6o.

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