CORADIN, LEONORE, ALIBOUR
ALIBOUR
J'ai rempli mon devoir, le vôtre est de pleurer.
CORADIN
Juste ciel!
LÉONORE
Je me meurs.
{Elle tombe à terre.)
CORADIN
Funeste obéissance !
Qu'as-tu fait?
ALIBOUR
J'ai servi votre injuste courroux, iVIon bras y fut forcé , le crime est tout pour vous. Savourez maintenant le fruit de la vengeance.
CORADIN , en pleurant.
Qu'as-tu fait , malheureux! et que m'annonces<-tu ! Quand j'allais pardonner tu frappes la victime. Traître ! tu n'obéis que pour commettre un crime.
ALIBOUR, froidement.
Gomment nommerez-vous celui qui l'a voulu? CORADIN.
Un amant furieux sait-il ce qu'il ordonne? Va, ne me parle plus de ton zèle odieux; Fuis, perfide , fuis, fais.... ôte-toi de mes yeux. Ta vue accroît encor l'horreur qui m'environne. ( // tombe accablé dans unjaidcuil. )
LEONORE, d'une voix faible.
Ma sœur !
ALIBOUR, regardant Coradin.
L'accablement succède à son courroux.
Laissons-lui dans le cœur le trait qui le déchire , Mais calmons Léonore. {Bas.) Ecoutez , levez-vous.
LÉONORE
Non.
ALIBOUR, plus bas.
Venez , levez-vous; Euphrosine respire.
I 28 ELPHROSINE ,
LÉONORE
Que dites- VOUS?
ALIBOUR lui met la main sur la bouche.
Paix donc ! vous nous perdriez tous.
Venez voir votre sœur.
LEONORE soupire, puis elle sourit.
Ah ! Dieu !
De la prudence !
Il n'est pas temps encor de rompre le silence. (// la conduit par la rnain en marchant tous deux sur la pointe du pied et ils entrent dans le cabinet. )