‹ Œuvres de F.-B. HoffmanChapitre 105 sur 263 · CORADIN, LEONORE, ALIBOUR · texte numérisé non relu

CORADIN, LEONORE, ALIBOUR

ALIBOUR

J'ai rempli mon devoir, le vôtre est de pleurer.

CORADIN

Juste ciel!

LÉONORE

Je me meurs.

{Elle tombe à terre.)

CORADIN

Funeste obéissance !

Qu'as-tu fait?

ALIBOUR

J'ai servi votre injuste courroux, iVIon bras y fut forcé , le crime est tout pour vous. Savourez maintenant le fruit de la vengeance.

CORADIN , en pleurant.

Qu'as-tu fait , malheureux! et que m'annonces<-tu ! Quand j'allais pardonner tu frappes la victime. Traître ! tu n'obéis que pour commettre un crime.

ALIBOUR, froidement.

Gomment nommerez-vous celui qui l'a voulu? CORADIN.

Un amant furieux sait-il ce qu'il ordonne? Va, ne me parle plus de ton zèle odieux; Fuis, perfide , fuis, fais.... ôte-toi de mes yeux. Ta vue accroît encor l'horreur qui m'environne. ( // tombe accablé dans unjaidcuil. )

LEONORE, d'une voix faible.

Ma sœur !

ALIBOUR, regardant Coradin.

L'accablement succède à son courroux.

Laissons-lui dans le cœur le trait qui le déchire , Mais calmons Léonore. {Bas.) Ecoutez , levez-vous.

LÉONORE

Non.

ALIBOUR, plus bas.

Venez , levez-vous; Euphrosine respire.

I 28 ELPHROSINE ,

LÉONORE

Que dites- VOUS?

ALIBOUR lui met la main sur la bouche.

Paix donc ! vous nous perdriez tous.

Venez voir votre sœur.

LEONORE soupire, puis elle sourit.

Ah ! Dieu !

De la prudence !

Il n'est pas temps encor de rompre le silence. (// la conduit par la rnain en marchant tous deux sur la pointe du pied et ils entrent dans le cabinet. )

Page 1