‹ Œuvres de F.-B. HoffmanChapitre 106 sur 263 · SCÈNE XIII · texte numérisé non relu

SCÈNE XIII

CORADIN, seul.

Où suis-je? qu'ai-je fait? quel sang ai-je versé? Quels yeux se sont éteints? quel cœur ai-je percé? Celui que j adorais, qui m'eût aimé peut-être ! Ah ! que ne suls-je mort avant de te connaître ! Alalheureuse Euphrosine! ô regrets superflus ! O remords* impuissans ! Kuphrosine n'est plus! Euphrosine n est plus ! Ses sœurs désespérées Sur son coi'ps sans chaleur se penchent éplorées; Peut-être en ce moment l'on creuse son tombeau: Ciel ! écai'tez de moi cet horrible tableau !

O douleur insupporîable , Cesse de me tourmenter.

Mon cœur ne peut résister Au désespoir qui l'accable.

Oui , j'ai méi'ité la mort ; Juste ciel, punis mon crime, Double l'horreur de mon sort, Mais épargne la victime.

Moi seul j'ai commis le crime, Seul je mérite la mort.

Peut-être est-elle innocente :

Et c'est ma barbare main Dont la rage impatiente Porte la mort clans son sein !

De cette image effrayante Mon œil se détourne en vain j Oui, je la vois expirante,. Et j'entends sa voix mourante Me nommer son assassin.

O douleur insupportable, Cesse de me tourmenter.

Mon cœur ne peut résister Au désespoir qui l'accable.

Oui, j'ai mérité la mort; Juste ciel, punis mon crime 5 Double l'horreur de mon sort.

Mais épargne la victime.

Moi seul j'ai commis le crime , Seul je mérite la mort.

( Tandis que Coradîn est accablé et plongé dans la plus profonde douleur, Euphrosine , ses sœurs et Alibour sortent du cabinet, F examinent avec intérêt et restent en silence derrière lui. )

l3o EUPHROSINE,

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