‹ Œuvres de F.-B. HoffmanChapitre 113 sur 263 · SCÈNE IL · texte numérisé non relu

SCÈNE IL

ANTIOCHUS, seul.

J'échappe enfin à leur foule importune ; Je puis à mes soupirs donner un libre cours. Ah! que de Familié le stérile secours

Soulagée mal mon infortune !

Je voudrais être seul, seul au fond des forêts; Je voudrais m'y cacher à la nature entière , Du joiu', même du jour, je fuirais la lumière; Je voudrais. Insensé! je forme des souhaits,

La mort va fermer ma paupière.

Je brûle, je languis, je me vois consumer, Je meurs pour un objet que je n'ose nommer.

AIR

Oui,... c'en est fait;... oui,... je succombe...

Je meurs sans frayeur, sans regret;

Je veux mourir, c'est à !a tombe

Que je confierai mon secret.

Pour moi la vie est odieuse,

Du jour la lumière est affreuse;

Mes yeux sont lassés de s'ouvrir,

Mon cœur est lassé de souffrir:

O mort! c'est toi que j'appelle;

Viens, dans la nuit éternelle,

Viens pour jamais ju'engloutir.

Et toi pour qui je vais descendre Dans lei roid séjour des tombeaux,

1^2 STRATONICE

Puisse-tu ne jamais apprendre Combien tu m'as causé de maux :

Ou si l'amour, découvrant ce mystère, Vient à mon sort intéresser ton cœur.

Tu diras : je lui fus trop chère; Il aima mieux mourir que manquer à son père. Il aima mieux mourir que causer mon malheur.

Mais non , je veux , je dois me taire ; Fidèle au serment que j'ai fliit.

Je mourrai ; c* n'est qu'à la terre Que je confierai mon secret.

Pour moi la vie est odieuse.

Du jour la lumière est affreuse; Mes yeux sont lassés de s'ouvrir, Mon cœur est lassé de souffrir:

O mort! c'est toi (jue j'appelle,

Yiens, dans la nuit éternelle.

Viens pour jamais m'engloutir.

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