SCÈNE IL
Les Précédentes, CRÉON , JASON, suite.
CREON à Jason , en entrant.
Prince, rassurez-vous; son entreprise est vaine. Mon palais, mes soldats protégeront vos fils : Innocens des forfaits que leur mère a commis. Je ne souffrirai point qu'ils en portent la peine.
DIRCÉ, à Créon.
Eh! quel trouble, seigneur, alarme vos esprits?
CRÉON
Le fds de Pélias, prompt à venger son père, De Médée en ce jour poursuit les attentats : Ignorant en quels lieux elle a porté ses pas, Il voudrait sur ses fds étendre sa colère. Il les fait demander, et d'un ton menaçant Il prétend me forcer à répandre leur sang.
l82 MÉDÉE,
JASON
Ah ! leur sort ne doit plus alarmer ma tendresse, Si Créon et les dieux protègent leur faiblesse.
CRÉON
Oui, je les défendrai, j'en ai donné ma foi; Ces murs seront pour eux un temple tutélaiie. Punir dans les enfans les forfaits de leur mère, Est digne d'un tyran , mais indigne d un roi.
JASON
Tandis que de l'hymen on prépare la fête, Belle Dircé, souffrez que nos guerriers Vous offrent le tribut de leurs plus beaux lauriers, Et portent à vos pieds le prix de leur conquête.