‹ Œuvres de F.-B. HoffmanChapitre 139 sur 263 · CRÉON ET CHŒUR · texte numérisé non relu

CRÉON ET CHŒUR

Dieux ! écartez de nous sa fureur inhumaine. Détourne, ô Jupiter! ce présage effrayant.

MÉDÉE

Je tombe à vos genoux, Créon, daignez m'entendre.

CRÉON

Pai' de feintes douleurs vous croyez me smprendre?

MÉDÉE

Au nom de vos enfans , laissez-vous attendrir.

200 MEDEE

CREON

Sortez de mes états, rien ne peut me fléchir.

MÉDÉE

Eh bien! je m'y soumets , puisque tout m'abandonne; Je subirai l'exil que mon époux m'ordonne. IMais d\m jour seulement daignez le différer, Pour que mon triste cœur s y puisse préparer.

CRÉON

Vous demandez un jour pour quelque nouveau crime ?

MÉDÉE

Que puis-je contre vous, au comble du malheur? Pouvez-vous refuser un jour à ma doulem'?

CRÉON

Quoique de ma bonté je puisse être victime , Je sens qre d un tyran je n'ai pas la rigueur: Je vous donne ce jour, quolqu il coûte à mon cœur.

MÉDÉE ET NÉRIS

Que d'un si grand bienfait le ciel vous récompense !

CRÉON

Vous triomphez de ma clémence :

Mais tremblez; je vous livre au plus cruel trépas, Si le jour renaissant vous trouve en mes états.

MEDEE, avec une exirème douleur.

O mon père! ô Colchos! ô ma chère patrie!

CRÉON

ïVetourncz à Colchos que vous avez trahie.

TRAGÉniE. 201

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