‹ Œuvres de F.-B. HoffmanChapitre 152 sur 263 · SCENE VI ET DERNIÈRE · texte numérisé non relu

SCENE VI ET DERNIÈRE

JASON, Peuple, NÉRIS, MÉDÉE, les Eumémdes.

{A peine Jason a prononcé le dernier vers, le temple s'ouvre ; on en voit sortir Medee qui tient encore le poignard, et entourée des trois Euménides qui se groupent avec elle sur l'escalier du temple; Jason s'arrête consterné, et le peuple recule d' effroi.)

MEDEE, au milieu des Euméuides.

Arrête , et reconnais ton épouse outragée.

JASON

Qu'ai-je vu, justes dieux?

PEUPLE

O spectacle d'effroi !

JASON, àMédce.

Barbare, où sont mes fils?

MÉDÉE

Tout leur sang m'a vengée.

JASON , avec désespoir.

Que t'ont fait mes enfans?

MÉDÉE

Ils étaient nés de toi,

JASON tombe à genoux.

Dieux !

MÉDÉE

Va, fidèle époux, tendre et sensible père. Cherche une jeune épouse , abandonne une mère.

JASON, le'.aiit les mains au ciel.

Malheureuse ! ah ! du moins dans ces affreux momeîîs , Laisse-moi la douceur de revoir mes enfans. Que je puisse embrasser leurs dépouilles sanglantes , Que je puisse apaiser leurs ombres gémissantes; Que les derniers devoirs enfm leur soient rendus ,

Et que dans le tombeau

MÉDÉE

Tu ne les verras plus.

JASON

Mes fds ! rends-moi mes ûh !

MÉDÉE

Ils ont suivi mon frère.

Adieu ! Dans lolcos va traîner ta misère; De rivage en rivage, errant, désespéré, En tous lieux fugitif, en tous lieux abhorré. Va cacher les remords de ton âme éperdue, Et que les mers partout frémissent à ta vue ! Plus heureuse que toi , je vais dans les enfers Par des chemins connus, pour moi toujours ouverts : Après mille tourmens je t'y verrai descendre, Et sur les bords du Styx mon ombre va t'attendre. {A ces mots elle senjonce avec les trois Eurnénides gui la saisissent. Des flammes sortent du goufjre oit elle est descendue ; le feu se communique au temple et au palais ; le tonnerre éclate ; enfin le temple , la montagne même s'écroule et s'abîme; le peuple saisit Jason et l'entraîne. )

2 24 MÉDÉE

CHŒUR

Juste ciel ! tout l'enfer se découvre à nos yeux! Fuyons, fuyons de ces funestes lieux.

Quand le chœur et Jason sojii sortis de la scène , le palais achève de s'écrouler ; tout le théâtre est enjeu, et nofjre plus que ruines et incendie.

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